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Intervention au Congrès CGT des activités postales et de télécommunications de Loire atlantique

28 et 29 mai 2009

 

Plus encore que lors du précédent congrès, il y a 2 ans, qui peut croire que les seuls travailleurs du postal et des télécoms puissent gagner ou imaginer qu’il est possible pour eux seuls d’arracher leurs revendications ? Or, on ne trouve pas un mot dans le document d’orientation pour caractériser la « tactique » des confédérations syndicales qui a abouti à empêcher la classe ouvrière de se défendre, de déferler et de chasser le gouvernement. Tirer un bilan des grèves et des manifestations qui ont eu lieu depuis le début de l’année constitue pourtant le minimum pour adopter une orientation pour l’avenir.

Est-ce que 2 millions, puis 3 millions de grévistes et de manifestants dans les rues les 29 janvier et 19 mars, ce n’était pas assez ? Est-ce qu’il fallait, pour soit disant « élargir », proposer d’autres « journées d’action » : le 1er mai, puis une « journée d’action décentralisée », le 26 mai, faisant voler en éclat tout caractère national au combat et renvoyant la responsabilité sur les différentes structures départementales ?

Ou est-ce que cette multiplication de « journées d’action » étalées dans le temps n’avait pas comme but de ne pas mettre en cause le gouvernement et donc de le protéger de la légitime colère des masses, le tout camouflé derrière la nécessité de maintenir « l’unité syndicale ». En fait, ce qui a manqué pour la lutte, ce ne sont pas les troupes, ce qui a manqué c’est un état-major de combat. Fatalement, sans volonté d’affronter le gouvernement de la part des dirigeants, tout s’effrite, tout s’étiole !

Puisque chaque journée n’a pas pour objectif de battre le gouvernement, la journée suivante sera, de la même façon, sans objectifs. C’est ainsi que les directions syndicales ont organisé la démoralisation et l’écœurement.

Mieux-même, les dirigeants qui ont rencontré Sarkozy après le 29 janvier ont poussé la plaisanterie jusqu’à réclamer la mise en œuvre de ce qu’il avait annoncé, comme si il y avait quelque chose de positif dans ses déclarations (dont la suppression de la taxe professionnelle, nouveau cadeau au patronat) !

Les occasions  pourtant n’ont pas manqué. La classe ouvrière a montré qu’elle était disponible : il y a eu la grève générale de la Guadeloupe sur laquelle les directions syndicales ont fait silence, il y a eu les réactions des travailleurs contre les charrettes de licenciements dans de nombreuses entreprises, travailleurs que les centrales syndicales ont laissés isolés site par site. Pourquoi une confédération si tout est local ? Les seules choses qui aient été vraiment centralisées, ce sont les rencontres avec le gouvernement et le MEDEF

Ou bien on rassemble toute la classe ouvrière et on y arrive ou bien on laisse les travailleurs isolés et alors les défaites succèdent aux défaites.

L’été ne va même pas voir s’arrêter la machine réactionnaire puisque le Parlement UMP va systématiser le travail le dimanche et que le gouvernement étudie la possibilité du travail à domicile sur congé maladie ou congé maternité, les hôpitaux sont publics toujours confrontées à la loi Bachelot qui les étrangle.

Il y a encore possibilité d’appeler à une manifestation centrale du prolétariat de ce pays contre les licenciements et pour le partage du temps de travail entre toutes les mains ouvrières ; contre la liquidation de l’enseignement, de la santé et des services publics ; pour les augmentations de salaires, le SMIC à 1 800 euros, etc.

Pour cela, il faut que les dirigeants rompent avec le gouvernement ! Qu’ils appellent l’ensemble des travailleurs, qu’ils organisent le face à face classe contre classe ! Rien ne peut être gagné avec ce gouvernement. Le slogan « la crise c’est eux, la solution c’est nous » est vide de sens si on n’explique pas qu’il faut se débarrasser de ceux qui sont les serviteurs du capital, si on ne rappelle pas que la CGT a pour finalité l’abolition du salariat c'est-à-dire d’en finir avec la société capitaliste.

C’est pourquoi je soumets au vote du Congrès, la motion suivante :

Motion soumise au congrès

Le Congrès départemental CGT des PTT de Loire-Atlantique réuni les 28 et 29 mai 2009

Désavoue l’émiettement qu’organisent les directions fédérales et confédérales CGT avec la complicité des autres centrales au travers des journées d’action échelonnées sur 6 mois ;

Réclame qu’elles rompent publiquement avec le capital et ses serviteurs : aucune discussion avec le gouvernement Sarkozy !

Revendique :

    1 800 euros comme minimum salarial

    aucun licenciement

    abrogation des contre-réformes visant l’école et l’hôpital

    suppression de toutes les exonérations de cotisation sécu pour les patrons

Exige qu’elles appellent à une manifestation centrale contre la politique de ce gouvernement pour le vaincre et le chasser

(rejetée : 12 pour, 33 abstentions, 58 contre)