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La
crise capitaliste mondiale a aggravé la situation des travailleurs à l’échelle
mondiale : licenciements, intensification du travail, hausse des prix du
carburants, de l’alimentation et du logement... En Tunisie, le 17 décembre,
Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de fruits et
légumes, âgé de 26 ans, s'est aspergé d'essence devant la préfecture de Sidi Bouzid après que la police municipale a confisqué sa
marchandise ; il a succombé à ses blessures. Des émeutes avaient
précédemment éclaté en 2010 à Ben Guerdane et une
grève avait paralysé Redeyef et tout le bassin minier
de Gafsa en 2008 durant 6 mois, malgré la direction nationale de la
confédération syndicale UGTT. Les manifestations se sont déroulées fin décembre
dans la majeure partie du pays. Les protestations se multiplient dans les
lycées et les universités. Le gouvernement Ben Ali arrête pêle-mêle lycéens,
avocats, syndicalistes, rappeurs, blogueurs, artistes, opposants… La police
aurait assassiné, à cette date, 35 personnes. Depuis les meurtres, les manifestants
n’ont pas cédé et ils mettent ouvertement en cause le président. En Algérie, la
hausse brutale des prix des produits de première nécessité (huile, sucre,
semoule…) a conduit le 5 janvier la jeunesse à se soulever, malgré les appels
au calme des autorités et de plusieurs imams. La police a assassiné 5 jeunes.
Le
11 janvier, la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie
a proposé à Ben Ali et à Bouteflika l’aide de la police française, la même qui
attaque les grévistes et persécute les travailleurs immigrés en France. Les
travailleurs, les chômeurs et les lycéens ne peuvent pas compter sur les
« démocraties » d’Europe et d’Amérique du nord qui pillent le monde
entier, qui soutiennent et qui arment les régimes policiers d’Afrique, d’Asie
et d’Amérique latine, qui occupent Haïti et l’Afghanistan. La véritable
solidarité avec les jeunes et les prolétaires arabes et berbères d’Algérie ou
de Tunisie ne peut venir que de leurs sœurs et frères, les travailleurs et les
jeunes du Maroc, de Turquie, d’Égypte, d’Irak, d’Europe (dont de nombreux sont
d’origine maghrébine), d’Amérique du nord… Mais les bureaucraties syndicales et
les partis de masse d’origine ouvrière sont corrompus par leur propre
bourgeoisie. Il faut donc s’organiser pour imposer aux partis et syndicats
ouvriers d’appeler à manifester en défense de la jeunesse de Tunisie et
d’Algérie, empêcher les exportations d’armes et mettre fin aux politiques qui
restreignent l’entrée des travailleurs et des étudiants en provenance d’Algérie
ou de Tunisie. En France, en Espagne, en Italie... le soutien le plus efficace
aux travailleurs de l’autre côté de la Méditerranée est la lutte résolue pour
renverser son propre gouvernement, son propre capitalisme, son propre
impérialisme.
Le
prolétariat et la jeunesse d’Algérie et de Tunisie n’ont rien à attendre des bourgeois
« démocrates » locaux, opposants de façade qui veulent que
l’exploitation capitaliste perdure. Le prolétariat, les femmes et la jeunesse
n’ont rien à attendre des islamistes, défenseurs acharnés de la propriété
privée, dont les amis d’Iran s’enrichissent de la même manière que la famille
Ben Ali ou l’état-major de l’armée algérienne, qui ont collaboré avec l’armée
américaine contre l’Irak, qui répriment eux aussi les étudiants, les femmes,
les travailleurs. Les travailleurs salariés, les chômeurs, les jeunes en
formation ne peuvent pas compter sur les dirigeants confédéraux de l’UGTA et de l’UGTT, mais ils
doivent obliger les syndicats à appeler à la grève générale pour chasser Ben
Ali et Bouteflika. Ils doivent s’organiser eux-mêmes en comités et les fédérer
nationalement pour se défendre, pour vaincre, pour arracher les revendications,
pour empêcher les partis bourgeois et les généraux de voler demain leur
victoire. Les travailleurs doivent constituer leur propre parti, ouvrier,
révolutionnaire et internationaliste en lien avec l’avant-garde des autres pays
car ils ont besoin d’un programme, celui de la révolution socialiste. Le
rassemblement de tous les opprimés et exploités a le potentiel de renverser les
dictatures corrompues, d’imposer la libération de tous les prisonniers
politiques, le blocage du prix des produits de première nécessité,
l’augmentation des salaires, l’emploi pour tous, le logement décent pour tous,
l’égalité juridique des femmes, le respect des droits des minorités, la liberté
sexuelle des jeunes, la dissolution des corps de répression, etc. Pour les
obtenir et les garantir, il faut le
pouvoir des travailleurs: détruire l’État bourgeois, exproprier les groupes
capitalistes privatisés et étrangers, planifier, ouvrir la voie à la fédération
socialiste du Maghreb et de la Méditerranée…
Prolétaires
d’Algérie, de Tunisie, de tous les pays, unissez-vous !