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Déclaration du Groupe Bolchevik
(Collectif Révolution Permanente)
Du 24 novembre au
10 décembre 2006, l’armée française est intervenue avec une escadrille de Mirages
F1 en soutien à l’armée centrafricaine. Durant la même période, elle a aidé
matériellement (carburant, renseignement, munitions) le pouvoir tchadien
confronté lui aussi à des rebellions issues de son armée nationale.
Les soldats et les
avions de l’Etat français, accompagnés de
Les dissidents centrafricains
se sont réfugiés à la frontière du Soudan, non loin du Darfour. Au Tchad, une
partie des anciens militaires a signé un accord de paix le 26 décembre en
présence du président libyen, Mouammar Kadhafi, avec la bénédiction de Chirac et de Villepin. Comme les opposants
du nord de
En visite à
N’Djamena, le premier ministre Villepin a rappelé que l’impérialisme français
ne comptait pas laisser la place à ses concurrents :
C'est toute une
région où
Le Tchad accueille
1 200 militaires français, la République centrafricaine 300 et au total le
continent près de 10 000 (Djibouti, Sénégal, RD du Congo, Gabon, Côte
d’Ivoire…). Pour garantir ses positions économiques et stratégiques, la 5e
République a noué avec les anciennes colonies de multiples « accords de
défense », de « coopération militaire » qui livrent des bases à l’armée
française. Que ce soit De Gaulle, Giscard, Mitterrand ou Chirac n’y change
rien. L’Etat français a plus d’une fois soutenu des dictateurs, quand il ne les
a pas mis en place. L’armée française a instruit et couvert les artisans du
génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. L’armée française a fait récemment une
démonstration de sa force en détruisant l’aviation ivoirienne en 2004 à cause
des prétentions du président Laurent Gbagbo.
La découverte de
pétrole et la production annuelle de 200 000 barils de brut depuis 2004 au
Tchad est source de convoitises, tout comme les réserves pétrolières du Soudan
au Darfour. Les compagnies américaines se partagent l’essentiel des puits
tchadiens, mais Total a réussi à extorquer à Exxon et Shell une participation
de 20 % dans le consortium créé pour exploiter le plus grand champ de
pétrole jamais découvert en Afrique centrale, grâce à l’intervention de Deby.
Au même moment où
l’armée de Chirac intervenait au Centre-Afrique, l’administration Bush a
soutenu ouvertement l’invasion par l’Ethiopie de son voisin la Somalie. L’Afrique
reste sous-développée, malgré ses ressources naturelles. Les pouvoirs
politiques corrompus de la région restent soumis aux pressions économiques,
politiques et militaires des impérialismes, au premier chef la France et les
Etats-Unis. Le pillage et les rivalités entre les puissances capitalistes
exacerbent la répression du mouvement ouvrier, l’oppression des femmes, l’instabilité
politique, le militarisme, les affrontements ethniques, les déplacements de
population, les génocides… La charité, les ONG et l’ingérence humanitaire sont
le complément de la domination européenne et américaine.
Tout progrès passe
par la fin des immixtions étrangères, une véritable indépendance et une
collaboration entre les peuples du monde entier. Or, les confédérations
syndicales (CGT, CFDT, FO…) et les vieux partis ouvriers (PS, PCF) couvrent de
fait les interventions militaires du président Chirac et du gouvernement de Villepin,
Alliot-Marie, Sarkozy. Contre les services secrets et l’armée française, leurs
pires ennemies, il faut que les travailleurs et la jeunesse brisent cette
complicité honteuse, qu’ils imposent aux chefs du mouvement ouvrier un front
unique aux côtés des prolétariats d’Afrique. L’avant-garde d’Afrique, d’Europe,
d’Amérique et d’ailleurs doit se rassembler dans une internationale ouvrière
révolutionnaire.
La lutte de la
classe ouvrière et de la jeunesse françaises contre les ingérences
impérialistes contribuera au renversement par les prolétaires et les paysans
pauvres d’Afrique des représentants des classes exploiteuses locales, tous
relais de la domination étrangère, au profit de gouvernements ouvriers et
paysans dans chaque pays, premier pas vers les Etats-Unis socialistes de toute
l’Afrique. La lutte de la classe ouvrière française contre sa propre
bourgeoisie aidera aussi à l’unité des travailleurs français, dont des
centaines de milliers viennent d’Afrique, pour qu’ils en finissent avec la 5e
République, imposent un gouvernement ouvrier dans ce pays et ouvrent la voie
des Etats-Unis socialistes d’Europe.
À bas l’intervention de l’armée française en
Centrafrique et au Tchad ! Dénonciation de tous les « traités de défense » !
Retrait des troupes françaises d’Afrique ! Fermeture de toutes les bases
militaires françaises ! Droit d’entrée et de séjour pour tous les
étudiants et travailleurs africains !
Paris, le 5 janvier 2007