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Interventions à la réunion du Snuipp-FSU à Nanterre, le samedi 11 octobre 2008

 

1e intervention : le droit de grève menacé, les banques sauvées

 

Si nous sommes moins nombreux que d’habitude, c’est parce que notre réunion ne se tient plus sur le temps de travail. Car le gouvernement a réformé, avec l’aide et la caution des directions syndicales dont celle du Snuipp, la semaine scolaire en réduisant les heures d’enseignement pour tous les élèves par l’élimination du samedi matin. En compensation, les titulaires de classes doivent faire le soutien aux élèves en difficulté à la place des instituteurs spécialisés. Les RASED sont du coup appelé à disparaître. D’ailleurs, le budget 2009 prévoit la suppression de 3 000 postes RASED, parmi les  13 500 postes d’enseignants supprimés.

Le droit de grève est progressivement limité, à la SNCF et dans l’enseignement primaire. Et quand la grève a lieu, quelque soit le secteur ou l’entreprise, publique ou privée, elle est sous la menace de la police, de la loi. Ce fut le cas contre des élèves, des étudiants et des enseignants l’an dernier. Ce fut le cas pour les travailleurs de l’usine Renault de Sandouville qui ont récemment occupé leur usine contre la suppression de 4 000 emplois que leur direction a annoncée. Alors que Sarkozy devait visiter l’usine, il a fait envoyer les gendarmes contre les grévistes.

Ce gouvernement est au service des capitalistes, il démontre chaque jour qu’il compte faire payer la crise aux travailleurs, chez Renault, dans l’enseignement, partout. D’un côté, ce sont les licenciements dans les entreprises et l’austérité pour l’enseignement public ; de l’autre, l’argent qui manquait tant réapparaît… pour les banques. Le gouvernement Sarkozy-Fillon-Lagarde a déjà déboursé plusieurs milliards d’euros pour Dexia et Fortis ; il a promis plus d’argent, tout en garantissant qu’il ne nationaliserait pas, même partiellement. Bref, les capitalistes de la finance empochent l’argent public et continent leurs affaires à leur guise.

Il faut que notre réunion discute des moyens d’arrêter cela, des moyens d’affronter le pouvoir, de le faire reculer, de le battre.

 

2e intervention : pour sauver les postes, pour empêcher l’adoption du projet de budget 2009

 

Puisque la discussion sur le rôle des dirigeants des syndicats est apparue, je voudrais discuter avec les collègues qui l’ont mise en avant. Ils ont raison quand ils disent « Que faites-vous ? ». Au contraire de la réponse de nos délégués du personnel, il y a bien un « nous », les travailleurs syndiqués et non-syndiqués, et un « vous » les dirigeants syndicaux. Les dirigeants en question décident de tout, pour l’instant. Ils décrètent les journées d’action comme le 7 octobre ou la manifestation du dimanche, comme le 19 octobre. Pourtant, ces journées d’action n’ont rien obtenu. Pire, celle de mi-mai dernier a vu Sarkozy intervenir dans les médias, avant que la manifestation parisienne ne soit même finie, pour annoncer l’instauration du service minimum dans les écoles. Quel résultat ! Quelle « action » !

Une collègue a fait mention d’une « grève reconductible ». Je rappelle que la dite « grève reconductible » n’a jamais défait le gouvernement. En 2003, nous avons manifesté  chaque semaine, la grève était « reconductible », c’est-à-dire que chacun, dans son école ou son entreprise, reconduisait la grève sans savoir ce que les autres, à Marseille, Lille ou Strasbourg allaient faire. Il nous faut nous unir. La seule méthode pour battre le gouvernement est de démontrer notre puissance collective. Les affronter c’est être déterminé à les battre, que la grève soit générale jusqu’à l’obtention de nos revendications, que les AG décident de la conduite de la grève.

Aujourd’hui, il existe un point de la politique du gouvernement de Sarkozy qui concentre toutes les attaques que chaque secteur reçoit. Par le budget de l’Etat et de la Sécurité sociale qui sont discutés actuellement et qui seront votés cet automne, tous les travailleurs sont concernés. Contre les suppressions de postes dans l’enseignement, dans les hôpitaux, contre la privatisation de la Poste, contre le déremboursement des médicaments et les franchises médicales, contre les boucliers fiscaux pour les plus riches, contre les exonérations des charges sociales des patrons… Pour toutes ces revendications, il faut que la manifestation au moment du vote de ce budget rassemble des centaines de milliers, des millions de travailleurs à Paris, devant l’Assemblée nationale.

Et le moyen le plus immédiat pour que cette lutte pour battre le budget s’engage, c’est d’exiger que les dirigeants des syndicats et confédérations syndicales se prononcent contre le projet de budget 2009 et organisent une telle manifestation centrale à Paris pour battre le budget de Fillon et Sarkozy.