Révolution Socialiste  

Accueil

CoReP

CRP en el Perú

 

 

Réponse du Groupe bolchevik
à la « cellule autonome » de Montpellier

Maintenir la balance égale entre l’aile révolutionnaire et l’aile opportuniste aboutit à protéger les liquidateurs, les falsificateurs et les voleurs

 

Si les cadavres ne valent rien pour la lutte, ils sont assez bons pour empêcher les vivants de lutter. Trotsky (Comment vaincre le fascisme, Buchet-Chastel, p.87)

Camarades,

La cellule de Montpellier, qui avait beaucoup hésité après la première scission du Comité, qui était assez vaguement rattachée au Comité depuis la deuxième scission, s’en est finalement séparée lors de la troisième, voici presque un an.

Voilà que le Groupe bolchevik en a reçu un courrier daté du 10 avril à sa boîte postale. Notre satisfaction d’avoir enfin de vos nouvelles est mitigée. Avouons notre perplexité : À quel titre écrivez-vous ? A qui exactement ? Dans quel but ? Pourquoi maintenant ?

 

Un peu de respect pour les cellules et les conférences

 

Votre lettre n’explique en rien votre long silence.

Deux cellules avaient répondu positivement en septembre 2001 à votre proposition d’une « commission présidée par Sylvia » pour examiner la question de la trésorerie dont s’était emparé Guillaume et pour tenter de réunir les conditions d’une conférence commune de toutes les cellules, y compris celles que Guillaume et Paul séparaient brutalement et hystériquement du reste du Comité. Vous n’aviez pas eu la politesse élémentaire de leur répondre.

La majorité du CN élu par la XIe Conférence a alors convoqué la XIIe Conférence, conformément à son devoir et au mandat explicite de la XIe Conférence. Elle n’excluait personne. Votre cellule n’y a pas participé, sans daigner donner la moindre explication politique.

Vous avancez dans votre lettre un certain nombre de critiques des positions que nous avons tenté d’élaborer malgré la disparition de Stéphane Just, en particulier à la suite des attentats du 11 septembre d’Al Qaida contre des cibles américaines. A priori, ce débat est légitime, mais nous avons du mal à croire que, venant huit mois après, elles ont sincèrement pour but de nous aider à les corriger dans notre intérêt commun.

Vous nous apprenez que, à ce moment là au moins, vous avez milité sur la ligne du Cercle fondé par les scissionnistes et voleurs Hannibal & Picaret. Pendant huit mois, nous n’en sûmes rien, et nous ignorons encore tout des prolongements éventuels que vous avez donnés à cette convergence…

Vous prétendez écrire « à vos camarades de la fraction Bruno-Clarence-Couthon-Mehdi ». Si tant est qu’elle a existé, il n’y a rien qui ressemble à une fraction de ce type depuis longtemps.

Sans aucune explication politique, vous vous êtes abstenus de participer à la XIIe Conférence qui était exigée rapidement par la XIe Conférence (qui convenait ne pas avoir pu discuter sérieusement de l’orientation) et qui fut convoquée unanimement par le CN (élu par cette dernière).

Néanmoins, ayez la bonté de reconnaître que la conférence s’est tenue, qu’elle a travaillé, qu’elle a pris des décisions : l’ élection d’une direction, l’élaboration d’une plateforme politique, l’adoption d’une résolution d’organisation qui, entre autres dispositions,  change les noms de l’organisation et du bulletin :

Le devoir des révolutionnaires prolétariens est non pas de renoncer au nom de bolcheviks, mais de montrer aux masses dans les faits leur bolchevisme. Trotsky (Œuvres  t.6, p.105)

En particulier, puisque vous nous faites l’honneur de vous adresser à l’ensemble de nos militants et que vous écrivez à l’adresse du Groupe bolchevik, veuillez respecter le nom que notre conférence s’est donnée. Sans un minimum de correction, nous aurons du mal à considérer comme fraternelle notre relation.

 

La « cellule autonome » réserve ses coups au Groupe bolchevik

 

A cette étape, cinq groupes (et non pas quatre, comme vous le dites) sont formellement issus du Comité. Trois ont tenté de détruire délibérément le Comité, ont menti à ses militants, les ont volés. Le quatrième, la « cellule autonome » de Montpellier, n’a pas rendu publique sa rupture, donne soudain signe de vie pour prétendre que le Groupe bolchevik, qui n’a pas scissionné, qui n’a pas truqué, qui s’est fait dépouiller, ne vaut pas mieux que les autres. Bref il rend service aux gangsters.

Que votre prétendue neutralité ne soit que poudre aux yeux est confirmé par toute votre lettre. Politiquement, la cellule autonome n’émet pas une seule critique de la ligne des scissionnistes, et se borne à leur reprocher d’être parfois lents à réagir aux grands événements. Par contre, vous critiquez sévèrement nos positions quant aux attentats du 11 septembre 2001.

Si vous aviez pris au sérieux votre organisation, vous auriez participé à sa conférence et vous auriez pu contribuer à son orientation. Si vos critiques avaient pour but de construire, pourquoi ne pas les avoir communiquées immédiatement ?

Vous jugez notre position comme « la plus mauvaise » (p.5). Nous n’aurions pas expliqué que l’impérialisme américain est responsable (p.3). Pourtant, quelles que soient les défauts de notre première déclaration du 16 septembre, elle a pour premier sous-titre :

Les plus grands terroristes du monde sont les puissances impérialistes.

Suivent notre énumération de toutes les exactions de l’impérialisme américain et français au Proche et au Moyen Orient. N’êtes-vous pas las du style malveillant à la Mélusine, à la Hannibal et à la Guillaume ?

Dans la même veine, vous nous reprochez d’avoir parfois dit « peuple afghan » au lieu de dire toujours « Afghanistan » (p.3). Nous avons employé les deux expression indifféremment. Pour nous, c’était la même chose, mais nous aurions volontiers corrigé si on nous avait expliqué -et à temps- la différence fondamentale.

Vous nous reprochez d’avoir accepté –avec des réserves- l’hypothèse que Al Qaida soit l’auteur des attentats (p.3, p.5). En 1995, le Comité, affirmait sans l’ombre d’une preuve formelle mais sur la base de la vraisemblance politique que les extrémistes islamistes organisaient les attentats à Paris. Il suffit de lire le document que vous avez vous-mêmes joint à votre lettre :

En représailles, les extrémistes islamistes organisent des attentats terroristes et aveugles en France. Comité (Attentats : le gouvernement Chirac-Juppé responsable, 1995)

Qui plus est, vous avez dû voir, fin décembre, une vidéo avec Ben Laden. Ce personnage, ingénieur de formation, y déclare que ses espérances ont été dépassées :

Je pensais que l’incendie du carburant ferait fondre la structure métallique de l’immeuble et détruirait la zone autour de l’impact et les étages au-dessus. C’est tout ce que j’espérais.

Le capitaliste saoudien, ex-agent de la CIA, manifeste la plus totale indifférence à l’égard des victimes des tours de New York, et même des auteurs des détournements. Il ne témoigne d’aucune compréhension des répercussions négatives d’un tel acte sur le prolétariat des États-Unis, ni sur le sort des Arabes, des Berbères, des Turcs, des Kurdes, etc qui vivent en Amérique du Nord ou en Europe. Deux autres vidéos avec des revendications de plus en plus claires, ponctuées de déclarations fanatiques, ont confirmé la première.

 

Lisez-vous les documents dont vous faites tant de cas ?

 

Vous affirmez que ce n’était pas le moment de dénoncer le terrorisme clérical tourné contre les populations, ni de parler de la nécessité de renverser la dictature afghane (p.3, p.4).

Nous, nous distribuons nos tracts, sur les lieux de travail ou d’études, dans les manifestations. Y compris aux jeunes Arabes. Même si les scissions et votre départ ont affaibli nos possibilités, nous avons l’intention de disputer la jeunesse immigrée aux cléricaux qui détournent leur révolte dans des voies réactionnaires et sans issue.

Le prolétariat, la jeunesse ne peuvent que rejeter la réaction noire, obscurantiste et moyenâgeuse que constitue le FIS… (Attentats : le gouvernement Chirac-Juppé responsable, 27 octobre 1995, votre annexe 3)

Le Groupe bolchevik a condamné toute persécution à l’encontre des musulmans. Mais pas question de reproduire les erreurs pablistes, healystes ou lambertistes qui consistaient à ne pas combattre le stalinisme vietnamien sous prétexte qu’il dirigeait le Vietnam (ou le peuple vietnamien ou les masses vietnamiennes) face à l’intervention française ou américaine, de ne pas combattre le cléricalisme de la direction restaurationniste de Solidarité, de ne pas combattre Khomeyni…

Comme marxistes, nous soutenions l’Afghanistan contre l’impérialisme, sans jamais confondre cette l’orientation anti-impérialiste avec un soutien politique au régime afghan, et encore moins à Al Qaida. Au contraire, en même temps, nous avons défendu la nécessité de renverser le régime (incapable de moderniser l’Afghanistan et de résister à l’impérialisme) par la révolution de l’Asie centrale. Notre orientation est la même que celle du Comité en 1995 :

Le prolétariat, la jeunesse ne peuvent que rejeter la réaction noire, obscurantiste et moyenâgeuse que constitue le FIS qui voudrait soumettre la population laborieuse et la jeunesse d’Algérie à l’Islam, à la « charia ». Mais ce n’est pas pour défendre la réaction non moins féroce de la junte militaire algérienne, et les intérêts de l’impérialisme français. Le FIS comme la junte militaire et leurs soutiens impérialistes doivent être balayés d’Algérie. Cela, seul le prolétariat algérien, la population laborieuse, la jeunesse algériennes pourront le faire en s’organisant et en combattant pour leurs propres intérêts, en prenant le pouvoir. (Attentats : le gouvernement Chirac-Juppé responsable, 27 octobre 1995, votre annexe 3)

Vous critiquez les motions adoptées à notre initiative, parfois modifiées par des sections ou commissions exécutives du SNES et de la CGT. Il ne fallait pas condamner les attentats contre les tours de New York, selon vous. Il ne fallait pas publier les motions. Quelle fermeté… en cercle fermé et sur le papier.

Il est beaucoup plus tranquille de défendre en vase clos le principe de « l’intransigeance ». Trotsky (Œuvres t.4, p.272)

Face à des attentats contre des dirigeants impérialistes ou contre des cibles militaires, nous somme en général en désaccord, car il s’agit le plus souvent d’une politique non prolétarienne, qui décourage l’action des travailleurs. Autre chose est le terrorisme dont la cible est la classe ouvrière. Nous maintenons qu’il était légitime de condamner des attentats dirigés contre les travailleurs des immeubles de New York. Lors de la vague d’attentats débutant dans le métro de Paris le 25 juillet 1995, le Comité avait pris la même position :

Les travailleurs, la jeunesse ne peuvent que condamner le terrorisme, les attentats aveugles... (votre annexe 3).

Camarades, gare à l’arrogance et plus de modestie : qui s’éloigne des positions du Comité ?

 

Des leçons à recevoir des diffuseurs d’Hannibal ?

 

Votre attitude, appliquée à la guerre d’Espagne, aurait conduit à dire : gagnons la guerre d’abord contre Franco, puis nous lutterons contre le gouvernement républicain. Le Groupe bolchevik s’efforce se s’en tenir à la ligne de la IVe Internationale :

Nous participons à la lutte contre Franco comme les meilleurs soldats, et, en même temps, dans l’intérêt de la victoire sur le fascisme, nous faisons de l’agitation pour la révolution sociale et nous préparons le renversement du gouvernement défaitiste de Negrín. Trotsky (La Révolution espagnole, Minuit, p.440)

D’ailleurs, vous n’êtes pas toujours très fermes, confronté aux manœuvres des appareils. La dernière fois que nous avons entendu le camarade Sylvia dans une réunion commune, c’était pour soutenir une journée d’action des certaines directions syndicales (la même qui avait les faveurs de l’initiateur des scissions Mélusine).

Nous nous souvenons aussi de certaines interventions à Montpellier, dont le fameux mot d’ordre « grève générale reconductible (sic) » (Combattre pour le Socialisme n°82, p.19). Vous n’avez pas alors expliqué qu’il ne fallait pas la publier à côté d’un article qui condamnait justement la grève « reconductible » comme une manœuvre des appareils contre la grève générale.

Comme souvent, « l’intransigeance » en paroles cache la capitulation en pratique. Un peu de modestie, chers camarades… et d’honnêteté :  Où sont vos motions syndicales d’après le 11 septembre ?

Vos procédés évoquent fâcheusement les façons de Lombard critiquant soudain une motion SNES-FO-CGT du lycée de Blain (alors qu’elle votait une adresse au ministre Bayrou !), de Paul et Guillaume vouant aux gémonies une motion déposée au congrès Unef (pour une phrase qui figurait dans une motion soumise dans son syndicat par Guillaume !).

Qu’avez-vous fait durant cette période, à part diffuser la déclaration d’Hannibal ? C’est la seule activité que vous mentionnez dans toute votre lettre. Une« déclaration du Cercle » a été publiée le 2 novembre 2001, après un mûre réflexion de trois semaines.

ü                Elle s’éloigne de l’essentiel. Comme souvent chez Hannibal, l’intérêt pour les sommets de la politique officielle, pour la vie des appareils, y est vif :

Mais le caractère réactionnaire de l’intervention impérialiste s’affirme aux yeux des travailleurs. Plusieurs fédérations du PCF ont pris position contre l'intervention militaire, avant que Hue ne réajuste à la dernière minute sa position lors du congrès du PCF en demandant "l'arrêt des bombardements". Au sein du PS, la presse a rendu compte des difficultés auxquelles se heurtaient sur cette question au sein du PS les chargés de mission du gouvernement.

ü                Par contre, la déclaration du Cercle ne dit pas un mot du dispositif concret des appareils pour empêcher toute manifestation durant cette période contre la guerre.

Pour notre part, nous sommes intervenus le plus tôt possible et à plusieurs reprises face à cette situation nouvelle. A chacun de nos trois tracts, nous nous sommes prononcés contre l’union nationale empêchant le prolétariat d’exprimer sa force politique. Quelles que soient nos faiblesses, nous avons agi en internationalistes et en révolutionnaires.

ü                Surtout, les mots d’ordre « Défaite de l’impérialisme », « A bas Vigipirate ! » sont absents de cette déclaration. Pour notre part, nous les avons repris.

Les guerres sont des tests : le Cercle a censuré les positions traditionnelles du Comité (annexe 3 de votre lettre). Des scissionnistes, c’est celui qui est allé à cette occasion le plus loin.

C’est cette marque d’adaptation aux appareils que vous avez jugée « la meilleure », puisque vous l’avez diffusée. Décidément, vous êtes très exigeants envers le Groupe bolchevik et très indulgents envers les scissionnistes…

 

La base a bon dos

 

A propos de l’éclatement du Comité, vous soulevez deux questions, celle de l’ampleur des divergences et de l’inexistence à chaque fois d’une fraction voulant maintenir l’unité (p.1). Contrairement à vous, nous répondons positivement à la seconde. Comme vous, nous répondons à la première par la négative.

Quant à votre remarque que les militants emportés dans ces scissions destructrices ne peuvent tous être des brutes, des voleurs et des délateurs (p.5), elle prouve que vous ne niez pas les faits que nous avons dénoncés :

Revendiquant l’héritage de Karl Marx, de Friedrich Engels, de Rosa Luxemburg, de Vladimir Lénine et de Léon Trotsky, nous ne pouvons tolérer d’être confondus avec des gens qui menacent physiquement leurs adversaires d’idées dans l’organisation révolutionnaire, qui piétinent l’organisation qui a nécessité tant d’efforts collectifs, qui falsifient leurs propres interventions syndicales, qui tronquent leurs propres textes, qui volent leurs camarades, qui soutiennent des partis bourgeois comme l’ANC d’Afrique du Sud, qui restent neutres quand une coalition impérialiste bombarde la Yougoslavie, qui dénoncent leurs camarades au procureur et à la police, ou qui défendent l’appareil contre-révolutionnaire de la confédération syndicale FO. (Révolution Socialiste n°1, p.24).

Peut-on bâtir un parti ouvrier et révolutionnaire en commun avec ceux qui procèdent ainsi ? Vous semblez penser qu’il s’agit de secrets de famille qu’il faudrait cacher en préservant les apparences.

Vous nous accusez de mélanger les militants et les dirigeants des scissions, ce qui témoigne d’une lecture peu attentive, car le Groupe bolchevik a écrit précisément :

Pour consommer leur œuvre destructive, qui a éclaté le cadre commun des militants révolutionnaires, les initiateurs de cette vague de scissions (contre qui Stéphane Just avait entrepris son dernier combat politique) ont usurpé le nom de notre organisation ; les responsables des deux premières ont ravi le titre de notre bulletin ; les promoteurs des deux dernières scissions ont accaparé notre argent (celui des abonnements et des cotisations de tous les militants). (Révolution Socialiste n°1, p.24).

Pourquoi inventez-vous que nous assimilons les militants abusés aux coupables des scissions ?

Nous convenons volontiers que Massino a œuvré tout un temps à la construction du Comité. Nous sommes sûrs qu’il y avait des bons éléments dans les deux cellules RATP, chez les jeunes de Clermont, sans parler de notre vétéran à qui nous conservons tout notre respect.

Il n’y a jamais de tendance dont la composition soit chimiquement pure. Des éléments petits-bourgeois se trouvent nécessairement dans toute tendance, dans tout parti ouvrier. La question se pose de savoir qui donne le ton. Trotsky (Défense du marxisme, EDI, p.277)

Tout à votre vaine prétention affichée d’établir l’égalité entre les bouts de la famille désunie (et ainsi votre propre supériorité sur tous !), vous oubliez l’ABC de la politique marxiste : ce qui détermine la physionomie d’une fraction, d’un courant, d’une nouvelle organisation, est d’abord sa direction, son acte de naissance, son orientation.

ü                Sinon, la IVe Internationale n’aurait pas été proclamée contre les trahisons staliniennes : les partis communistes ne regroupaient-ils pas en 1938 80% du prolétariat politiquement organisé ?

ü                Fallait-il maintenir la balance égale entre l’aile trotskystes et l’aile pabliste de la IVe Internationale en 1953, sous prétexte que plus d’un militant de valeur était dans les rangs du SI ?

ü                Pensez-vous que Stéphane Just avait engagé son dernier combat en 1997 contre 45% des militants lorsqu’il a compris quel avenir Lombard, Mélusine comptaient choisir pour le Comité, quand il voulait à tout prix leur interdire de publier Combattre pour le Socialisme  ?

Qui donnait le ton, et quel ton ? Pour qui réfléchit au lieu de pleurnicher, les désaccords au sein du Comité avaient déjà un sens lors de chacune des trois luttes internes. Rien de bon ne sort de vouloir nier les divergences :

Il convient d’élaborer des plateformes, non pour atténuer les désaccords, mais pour les approfondir. Lénine (Œuvres t. 16, p.215)

Dans les débats inévitables de son parti, pour qui défend le programme et l’organisation révolutionnaire au lieu de jouer au conciliateur au-dessus de la mêlée, il y a beaucoup à apprendre. Même si les opportunistes ne sont guère enclins à « laisser au temps la possibilité d’opérer une vérification supplémentaire » (Trotsky, votre citation p.1).

En tout cas, avec le recul, personne n’a d’excuse pour ne pas comprendre, et encore moins de raison de s’en vanter. Les divergences initiales s’éclairent de l’acte scissionniste et de l’évolution ultérieure des scissionnistes.

En défendant de manière intransigeante le programme, en combattant effectivement dans la lutte des classes, en nouant des liens internationaux, l’organisation trotskyste regagnera peut-être les meilleurs des militants que les scissionnistes en ont écartés. Cela vaut pour l’ex-cellule de Montpellier, comme pour ceux du groupe de Mélusine, le véritable initiateur de la destruction du Comité de Stéphane Just, comme pour les groupuscules de ses imitateurs Hannibal et Guillaume.

Par contre, les groupes scissionnistes du Comité, en tant que tels, sont morts pour la révolution. De même, des gens comme Mélusine, Hannibal, Picaret et Guillaume, qui mentent, qui truquent, qui menacent, qui volent, n’ont pas leur place dans une organisation révolutionnaire.

 

Encore une fois sur le pseudo-Comité de Mélusine-Lombard-Neuvial

 

Membres du CN, Jean, Mélusine et Lombard avaient tu toute divergence durant des années. Par contre, ils tentaient en permanence d’expulser la cellule de Nantes et de saboter le travail entrepris dans la jeunesse.

A la mort de Stéphane Just, et à l’ouverture de X° conférence en novembre 1997, Mélusine et Lombard ont édifié une fraction secrète et prétendu, sans le dire ouvertement, infléchir la ligne du Comité sur :

ü                l’analyse de la situation : les minoritaires du Comité avançaient, que les la grève d’UPS et surtout les élections législatives de 1997 prouvaient une montée ouvrière. Cette négation de la Nouvelle perspective adoptée par la IXe Conférence n’était pas sans parenté avec l’analyse de la direction du PCI quand elle capitulait devant le gouvernement de front populaire puis avançait la « ligne de la démocratie ».

ü                l’utilisation du mot d’ordre de gouvernement PS-PCF et de manifestation à l’assemblée : les minoritaires du Comité justifiant le premier par une majorité à l’assemblée et voulant utiliser le second indépendamment des mouvements réels dans la lutte des classes.

Cette ligne qui avait parfaitement devinée par Stéphane Just malade quand il avait découvert avec indignation l’éditorial confié à Lombard. Quand ceux-ci l’avaient défié, profitant de son état, Stéphane Just avait alors décidé un combat total contre Mélusine et Lombard, que la mort l’a empêché de mener. Il était décidé à leur arracher Combattre pour le Socialisme à n’importe quel prix. Quelle est votre opinion sur cette question ?

Il a communiqué alors ses intentions aux membres du CN en qui il avait confiance : Massino, Picaret, Elido. Après la mort de Stéphane Just, Massino, Picaret, Domange et Hannibal ont remis les rênes de Combattre pour le Socialisme à Lombard.

Massino et Picaret bloquèrent toutes les tentatives d’ouvrir le combat politique et d’en appeler aux militants. Le Comité était « trop fragile », disaient-ils. Leur couardise a-t-elle protégé le Comité ? Qui était fragile, le Comité… ou ces dirigeants ?

Malgré l’inertie des membres du CN, à l’exception de la camarade Elido, et à sa façon individualiste, d’Hannibal, la Xe Conférence mettait la fraction secrète de Mélusine en échec. En minorité dans l’instance la plus haute de leur organisation, des cadres soucieux de leur organisation et convaincus de la justesse de leur ligne auraient attendu pour convaincre.

Mais, dès la défaite de leurs positions, piétinant la conférence, la fraction Mélusine-Lombard-Jean a bel et bien organisé une scission en déposant à leur nom le titre de notre journal à l’INPI et en multipliant abusivement les déclarations signées du Comité. Dans le même temps, la direction de cette minorité a truqué son intervention dans le congrès de la FSU en novembre 1997.

Peut-on être neutre face à de tels agissements ? C’était l’attitude du camarade Sylvia, responsable de la cellule de Montpellier, qui, après avoir soutenu la ligne politique de Mélusine à la conférence, s’était mis à travailler la main dans la main à ce moment-là avec Neuvial, qui ne devait pas tarder à rejoindre ouvertement les usurpateurs et les faussaires.

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Lénine (Que faire ? Seuil, p.131)

Le camarade Sylvia en a-t-il tiré quelque leçon ? La scission conduite par Mélusine, Lombard, Jean et Neuvial leur permettait d’échapper au contrôle du Comité. C’est leur opportunisme dans le syndicat qui éclaire rétrospectivement l’invention d’une montée des luttes. Cette analyse de la situation politique avait le mérite à leurs yeux de justifier à son tour un prétendu déplacement vers la gauche des appareils FSU et SNASUB (un syndicat où les membres du PT sont dissimulés, mais actifs). Au passage, les militants de la fraction Mélusine quittaient le syndicat FO de l’enseignement dans le Puy de Dôme et enlevaient ainsi une épine du pied des lambertistes.

Ultérieurement, leur pseudo-Comité a affecté, comme les appareils syndicaux et les lambertistes, la neutralité et le pacifisme quand la coalition impérialiste, comprenant la France, a écrasé la Yougoslavie. Quelle est votre opinion sur cette politique ? Considérez-vous qu’elle est sur le terrain du programme ? La mettez-vous sur le même plan que celle du Comité (aujourd’hui Groupe bolchevik) face à l’événement ?

 

Encore une fois sur le Cercle de Hannibal-Picaret-Massino

 

Signe tragique d’affaiblissement politique du Comité, la ligne avancée plus ou moins ouvertement par Hannibal et-Picaret lors de la préparation de la XIe Conférence comportait des ruptures bien plus évidentes avec le programme :

ü                Contre le fonctionnement bolchevik du Comité, Hannibal prétendait mettre en place un « Comité de liaison » autour du rédacteur en chef du bulletin (lui-même) qui échappait donc au contrôle des militants. Ce modèle d’organisation était inspiré des pratiques lambertistes (Portugal des années 1970, France des années 1950) dénoncées par Stéphane Just en 1984.

ü                Pourquoi avoir les mains libres ? Le contenu politique était annoncé par l’opportunisme envers l’ANC d’Afrique du Sud, allant jusqu’à l’appel au vote de la part de Iouri et d’Hannibal pour ce parti bourgeois.

Et vous écrivez sans rire :

Personne n’a remis en question le programme (p.2)

Durant plusieurs semaines de débat orageux, votre cellule ne s’est guère prononcée sur ces questions, n’a pas « tapé du poing sur la table » pour défendre le modèle léniniste-trotskyste d’organisation, ni la théorie de la révolution permanente.

Qui plus est, quand, durant la conférence, un séide de Picaret, le dénommé Serge a accusé le camarade Valentina d’être un agent policier, votre délégué (le camarade Sylvia) a oublié de « taper du poing sur la table » A quel titre pouvez-vous donner à vos anciens camarades des leçons d’orientation et de comportement ?

Devant la conférence, Hannibal retirait du rapport France la formulation qui mettait en place le Comité de liaison, mais maintenait sa position sur l’Afrique du Sud. Mis en minorité avec 30% des délégués, Picaret menaçait de scission, pour exiger que la conférence tienne une seconde session « pour avoir le temps de discuter ». Le délégué de la cellule de Montpellier perdit son flegme pour appuyer énergiquement… le chantage de Picaret.

La conférence unanime l’accordait. Vous dites pourtant qu’aucune fraction voulait la préservation du Comité (p.1) ! Tous les délégués votaient que l’argent du Comité, alors dans les mains d’Hannibal en dehors de toute décision du comité national, devait passer sous le contrôle du CN.

Pendant les mois qui suivirent, la minorité a prétendu contrôler entièrement les Journées d’études jeunes de l’organisation. Elle volait dans le plus grand secret l’argent des militants tout en votant le contraire en CN. Picaret et Hannibal ont insulté ceux qui leur résistaient dans le CN, Picaret a menacé physiquement ses camarades.

Si ce n’est pas du banditisme politique, qu’est-ce ?

A une fin basse, correspondent de sales moyens. Trotsky (Leur morale et la nôtre, Pauvert, p.45)

Enfin, ils ne vinrent jamais à la deuxième session qu’ils avaient réclamée. Au contraire, à l’image de son maître en fourberies Mélusine, Hannibal a alors publié de fausses déclarations au nom du Comité. Il a publié comme lui un faux Combattre pour le Socialisme. Il est encore allé plus loin dans la dégénérescence en dénonçant à la justice bourgeoise le Comité pour avoir publié son propre organe.

Comment peut-on être neutre face à de tels agissements, comment peut-on renvoyer dos-à-dos ceux qui ont défendu le Comité et son programme avec les scissionnistes ?

Contre le Comité, Hannibal a instauré, avec la complicité de Massino - réapparu entretemps - et de Picaret- son comité de liaison sous le nom de « Cercle ». Le nom est bien choisi :

Abern manque d’attachement au parti et à la IVe Internationale : c’est un homme de cercles. Trotsky (Œuvres  t.23, p.64)

Libéré du contrôle de l’organisation trotskyste, son bulletin, presque entièrement rédigé par un individu qui n’a jamais recruté un travailleur, valorise en permanence la vie des appareils politiques et syndicaux, voyant des ruptures où il n’y en a pas. Il a adopté l’interprétation parlementaristes du mot d’ordre de gouvernement de Mélusine, qu’il avait combattue auparavant chez Mélusine et Mort-Subite. Il a valorisé comme Mélusine la direction syndicale du SNASUB-FSU. Le Cercle a proposé la rupture diplomatique de l’État impérialiste français avec Israël. Après les attentats aux États-Unis, il a édulcoré les positions traditionnelles du Comité, plus encore que Mélusine.

 

Encore une fois sur le Regroupement de Paul-Guillaume

 

La troisième offensive a été la plus grotesque, tant par son contenu politique que par les méthodes employées. Au printemps 2001, à la veille de la XIIe conférence convoquée de manière unanime, deux membres du CN ont découvert que des articles qui leur avaient été soumis -et sur lesquels ils n’avaient rien dit ou qu’ils avaient amendés- relevaient du plus entier « révisionnisme » (rien de moins).

ü                Ils ont d’abord prétendu démasquer le « gauchisme » du bulletin jeunes du Comité, L’Insurgé. Curieusement, les accusateurs n’ont jamais voulu faire connaître le texte de cette première offensive de Paul. En réalité, comme Mélusine et Lombard avant eux, Guillaume et Paul ont dévoilé leur hostilité à l’émergence d’une véritable fraction jeune, gage de l’avenir.

ü                Puis ils ont découvert « l’opportunisme » d’un article de Combattre pour le Socialisme qui aurait trop attaqué à leurs yeux l’appareil FO. L’inquisiteur Guillaume a retrouvé pour l’occasion des thèmes et des accents singulièrement lambertistes (il suffit de comparer sa défense de Belin et de Jouhaux avec Itinéraires de Gluckstein et Lambert, Rocher, p.72, p.199). Guillaume a même osé blanchir l’appareil FO de toute responsabilité dans la dégénérescence de feu le PCI.

ü                Ils ont inventé qu’ils avaient patiemment tenté de redresser le CN depuis des mois, alors qu’ils approuvaient explicitement tous deux l’orientation politique.

ü                Ils ont ensuite bâti qu’un autre article de Combattre pour le Socialisme défendait les thèses de Kondratiev, niait la lutte des classes, abandonnait les fondements économiques du marxisme et le matérialisme historique… en manifestant au passage leur ignorance crasse du Capital.

ü                Enfin, ils ont déterré un exposé de GER connu depuis deux ans. Pour Paul, dire que la section américaine en 1953 et la section britannique en 1963 avaient joué un rôle positif est une atteinte inadmissible à leur conception nationale et cocardière du « trotskysme ». Pour la même démonstration, ils ont exhumé un article du bulletin Que Faire… connu depuis plus de quatorze ans. Le plus comique étant que Paul était lui-même à cette époque… journaliste aux ordres de Seldjouk et Lambert : ses articles de l’organe du Mouvement pour un parti des travailleurs étaient-ils meilleurs que ceux de Que Faire ?

ü                Tout à leur haine et à leur délire, ils ont renié Cannon, qui était, voyez-vous, une « canaille révisionniste »… Rien à voir avec notre tradition (voir l’hommage de l’OCI le 4 septembre 1977 et la plateforme de Tendance bolchevik-léniniste de 2001 signée par Guillaume et Paul). Sans parler de la part qu’il a prise à la construction de la section américaine, le Comité international de la Quatrième internationale n’aurait pas vu le jour en 1953 sans Cannon.

Nous n’avons pas grand souvenir de vos positions politiques d’alors sur les divergences proclamées…

L’ouvrier soucieux de décider par lui-même des destinées de son parti ne se dérobera pas à la polémique, si même à première vue elle n’est pas tout à fait intelligible ; il s’attachera sérieusement à rechercher la vérité et la découvrira. Lénine (Œuvres t.19, p.151)

S’opposant de toutes leurs forces à toute perspective de conférence qui aurait permis aux militants de trancher après l’examen des orientations en présence, Paul et Guillaume ont fait signer à tous les membres de leurs cellules un texte sans contenu politique

Ils ont cessé de venir en direction, ils ont refusé de venir dans les autres cellules. Ils ont refusé de recevoir dans leurs cellules les autres membres du CN. Comme Hannibal antérieurement, Guillaume a multiplié les flagorneries répugnantes. La minorité du CN a publié son propre bulletin intérieur, alors que le bulletin interne de l’organisation était ouvert à tous.

Guillaume s’est mis à exiger le reniement de leurs positions par des militants pour les rembourser. N’est-ce pas du banditisme politique ?

Renseigner à temps l’organisation, ne jamais la prendre à l’improviste, et surtout ne pas imposer sa volonté par des pressions financières, voici les règles les plus élémentaires de la démocratie. Trotsky (Œuvres  t.10, p.112)

Le seul texte que nous avons connu de vous a été publié dans leur bulletin scissionniste. Ensuite, vous avez reçu Guillaume en cellule, sans inviter la majorité du CN. Etait-ce de la neutralité ?

Guillaume a volé l’argent de tous les militants. Ensuite, ils ont rejeté votre proposition de tenter de maintenir un cadre commun. Enfin, ils sont apparus annoncé à la mi-septembre en public comme nouvelle organisation politique avec quelques lignes impressionnistes et ridicules sur la situation mondiale d’après les attentats d’Al Qaida. Quelle est votre opinion sur tous ces actes ?

Bref, Paul et Guillaume ont commis une nouvelle scission, menée au pas de charge, « comme moyen préventif contre les divergences de vue » (votre citation de Trotsky), parce qu’ils craignaient par dessus tout la véritable discussion communiste. En septembre 2001, Guillaume et Paul rendaient publique leur scission ainsi :

Des événements d’une portée internationale majeure se sont déclenchés aux USA depuis le 11 septembre… S’agit-il d’une nouvelle phase de la lutte des classes à l’échelle internationale ? S’agit-il de la marche à une nouvelle guerre mondiale ?…  S’agit-il d’une menace directe d’écrasement de pans entiers du prolétariat ?

Quelle est votre opinion sur ces lignes ? L’impressionnisme journalistique est encore pire que chez Hannibal.

Curieux « marxistes », qui, devant la prétendues perspective d’écrasement du prolétariat et d’une guerre mondiale… décident de ne pas en dire plus sur la situation nouvelle et les tâches du prolétariat. Ces joueurs de pipeau préfèrent publier 23 pages contre leurs camarades de la veille, accusés d’être des sur les positions… de la LCR ! A cette occasion, ils ont sans le signaler coupé leur propre texte sur l’économie de ses passages les plus grotesques (ceux qui avaient été démasqués par le camarade Azel).

Depuis, une des cellules emportées dans cette opération délirante est à l’agonie. Ce qui subsiste revêt des aspects très prononcés de secte, qui peuvent être illustrés par deux traits de leur brève existence :

ü                Ceux qui accusaient la majorité de tourner le dos aux syndicats, eux qui sont respectivement secrétaire de section SNES-FSU et élu national à la CA du SNCS-FSU, ne peuvent témoigner d’aucune intervention syndicale en une année entière…

ü                Le groupe nommé par antiphrase « regroupement » a été incapable de prendre position contre les préparatifs de guerre impérialiste contre l’Afghanistan, ni sur la poussée de la lutte des classes qui a ébranlé l’Argentine, ni contre la nouvelle agression sioniste contre le peuple palestinien.

 

Les scissionnistes et l’élection présidentielle :
un point de vue national et des relents parlementaristes

 

Contre le Comité, les liquidateurs ont constitué des groupes de pression syndicaux et des cercles journalistiques. Une convergence s’est dessinée entre la plus grande partie des scissionnistes avec l’invention d’une majorité des députés PS et PCF, qui est de plus en plus en dehors de la réalité politique française. Les deux parodies de Combattre pour le socialisme en font la pierre angulaire de leur politique.

Pour Mélusine et compagnie, pas de surprise, ils avaient avancé cette ligne du vivant de Stéphane Just. Ils persistent et signent, sur cette majorité et sur le « front populaire » de 1997, qui aurait empêché la révolution de déferler. Et cela malgré le plan Juppé qui s’applique depuis l’hiver 1995 et malgré les 60% des suffrages exprimés pour les partis bourgeois lors des élections législatives de 1997.

Durant cinq ans, la politique des appareils syndicaux a interdit tout combat en direction de la majorité de députés PS et PCF pour imposer à cette majorité qu’elle satisfasse les revendications, qu’elle constitue un autre gouvernement. (Faux Combattre pour le Socialisme du faux Comité, 30 mars 2002)

A lire cet éditorial, la solution du problème du pouvoir est invariable et d’un naturel déconcertant… A croire que le parti est à peine nécessaire. La « majorité de députés » est citée à tous les paragraphes. Tant d’insistance à contretemps revient à en oublier les fondamentaux : la nécessité de la révolution mondiale, la nécessité d’une internationale pour cela.

Le Cercle d’Hannibal accompagne cet élan parlementariste :

Le débouché politique de toutes les luttes de classe engagées depuis cinq ans existait pourtant: imposer à la majorité PS-PCF qu'elle cesse de couvrir la politique du gouvernement de la "gauche plurielle", lui faire rejeter les lois qui la mettaient en œuvre, lui dicter les exigences des travailleurs sur la base de la réalisation du front unique des organisations syndicales. Au final, il s'agissait d'opposer au gouvernement de la "gauche plurielle" un gouvernement PS-PCF sans représentants des formations bourgeoises, responsable devant la majorité PS-PCF à l'Assemblée nationale, chassant Chirac et mettant à bas la 5ème République. D'un tel gouvernement, les travailleurs auraient exigé qu'il mène une politique conforme à leurs besoins et aspirations. (Supplément au faux CPS n°7)

Les déclarations pour l’élection présidentielle du faux Comité et du Rassemblement présentent un point commun : un bilan strictement national du gouvernement que Mélusine et Paul refusent de qualifier de bourgeois :

ü                rien sur les bombardements contre la Yougoslavie,

ü                rien sur ceux contre l’Afghanistan.

Quelle conclusion en tirez-vous ?

 

Les racines de la crise du Comité

 

Les trois scissions successives, aussi destructrices fussent-elles, aussi injustifiées fussent-elles, aussi prématurées fussent-elles, ont bien eu lieu. Pourquoi ? Il ne suffit pas de pleurer, il faut comprendre.

Les causes ne peuvent se réduire, pour des marxistes, à la psychologie des individus. En quatre ans, vous semblez n’avoir rien appris, à part imaginer en rêve une intervention salvatrice qui aurait évité toutes les catastrophes (p.2).

Ceux qui prennent la défense de semblables paroles creuses et bien intentionnées ne sont des conciliateurs que de nom. En fait, ils sont les complices des liquidateurs… Lénine (Œuvres t. 16, p.228)

Au lieu de saisir les scissions dans l’histoire du Comité, dans le développement de ses contradictions, avec le poids du lambertisme dans l’héritage de nombre de ses membres, avec les dangers des postes syndicaux occupés sans base militante suffisante, avec les risques de dégénérescence liés à l’isolement international, vous vous obstinez à mettre sur le même plan « toutes les fractions ». L’éclatement du Comité a été causé par la pression de la classe dominante et de ses agents dans le mouvement ouvrier.

Malgré les nuances qui les séparent encore, ces trois sectes nationales, semi-lambertistes, ne se préoccupent plus, dans la réalité, de construire un Parti ouvrier révolutionnaire et encore moins une Internationale ouvrière révolutionnaire. Elles couvrent leur régression politique et leur opportunisme de phrases formellement orthodoxes qui deviennent pour leurs dirigeants de plus en plus creuses au fil du temps :

La routine monotone s’alliait dans la théorie à la fidélité servile des épigones aux formules du maître, alors qu’ils reniaient l’esprit vivant de sa doctrine. Luxemburg (Œuvres  t.4, p.220)

Le Comité, fragilisé par la disparition de son chef, dans un contexte défavorable de reculs et de défaites du prolétariat mondial, a été victime au premier chef de son isolement international :

Bien sûr, à l’époque de l’impérialisme, il est possible pour une tendance prolétarienne révolutionnaire de surgir dans un pays donné. Mais elle ne peut progresser et se développer dans un pays isolé. Le jour d’après sa naissance, elle doit chercher et créer des liens internationaux, une plateforme internationale, une organisation internationale, parce que la garantie de la correction d’une politique nationale ne peut se trouver que dans cette voie. Une tendance qui demeure nationale durant des années se condamne irréversiblement à la dégénérescence. Trotsky (Writings 1930, p.286)

N’est-ce pas ce qui est advenu ? Une telle dégénérescence prend toujours des formes concrètes à travers certains individus et courants. Le Comité a subi de manière prolongée un isolement national. Après la disparition de Stéphane Just, les cadres éduqués dans le lambertisme ont régressé. En scissionnant, ils ont incarné cette dégénérescence sous forme d’adaptation nationale aux bureaucraties liées à la bourgeoisie française.

ü                Sinon, comment expliquez-vous la neutralité du pseudo-Comité de Mélusine lors de l’écrasement de la Yougoslavie ?

ü                Comment expliquez-vous la demande du Cercle d’Hannibal que l’État français rompe ses relations avec Israël ?

ü                 Comment expliquer « l’oubli » des interventions impérialistes à participation françaises ainsi que « l’oubli » du mot d’ordre des États-Unis socialistes d’Europe (une fois de plus) dans la déclaration du faux Comité de Mélusine entre les deux tours de la présidentielle ?

ü                Comment expliquer que la seule mention de l’impérialisme français dans le bulletin du Regroupement pour l’élection présidentielle soit pour souligner ses reculs vis-à-vis de ses rivaux en oubliant ses agressions contre les pays dominés ?

ü                Comment expliquer que le Cercle d’Hannibal ait « oublié » le plan Vigipirate ?

ü                Comment expliquez-vous -en marxistes- que tous ceux qui ont scissionné : le faux Comité, le Cercle et le Regroupement ont censuré le mot d’ordre de défaite de l’impérialisme lors de la guerre contre l’Afghanistan ?

La XIIe Conférence, à laquelle vous avez refusé de participer, en a tiré la conclusion suivante :

Le Groupe bolchevik pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire , étant une organisation internationaliste qui, à cette étape, n’appartient à un regroupement international, doit accorder la plus grande importance aux dimensions internationalistes de son activité : articles sur les pays étrangers, discussions avec les contacts immigrés, discussions avec des militants et des groupes d’autres pays… (Résolution d’organisation, 4 novembre 2001)

Le Groupe bolchevik, malgré des moyens humains et financiers très réduits, a entrepris d’appliquer sa décision collective et essaie de rompre son isolement national. Allez-vous vous continuer à vous enfermer délibérément dans un isolement local, pire encore que l’isolement national, ou participer à cet effort collectif qui est une condition de survie comme trotskystes ?

 

Votre dernière chance

 

Vous avez disparu tous les trois sans piper mot et vous réapparaissez pour critiquer nos activités huit mois après, sans rien dire des vôtres. La seule activité que vous mentionnez est sous la houlette du voleur et délateur Hannibal, pour distribuer un tract d’un groupe ne prenait pas position pour la fin immédiate du plan policier Vigipirate et ne se prononçait pas pour la défaite de l’impérialisme. Vous avez milité avec le Cercle, alors que la tardive déclaration de celui-ci est celle qui a le plus censuré les positions du Comité de Stéphane Just.

Force est de constater que vous réservez vos plus vives critiques à ceux qui sont honnêtes, à ceux qui ont résisté aux scissionnistes et qui ont combattu en défense de l’organisation et de son programme.

La question de nos relations doit être clarifiée. Il faut montrer vos papiers politiques, et les vrais.

Soit vos faiblesses politiques l’emportent :

ü                Vous maintenez votre « autonomie », un an après la scission de Guillaume. En d’autres termes, vous avez constitué en fait le quatrième groupe scissionniste, et pas le moins bizarre. Alors, cessez de ruser et avancez votre propre orientation.

ü                Vous avez décidé de rejoindre tel ou tel des voleurs. Vous aurez du mal à vous en relever. En tout cas, jouez franc jeu et assumez la genèse et l’orientation de ces opportunistes et de ces liquidateurs.

Soit, comme nous l’espérons, vous entendez revenir à votre cadre collectif, parce que vous êtes pour la révolution et pour la défaite de l’impérialisme, parce que vous condamnez tout soutien politique aux organisations bourgeoises, et parce que n’avez aucune illusion dans les appareils syndicaux.

Le Groupe bolchevik considèrera la cellule de Montpellier comme sienne à la seule condition que cette cellule et ses membres s’acquittent loyalement de leurs devoirs de militants : cotisations proportionnelles aux revenus, vente de l’organe collectif, communication des débats et interventions, participation à la direction…

Ce serait la première étape de regroupement principiel, après tant de dispersions catastrophiques. La situation peut rapidement se dénouer si vous avez la volonté de construire. Prenez vos responsabilités.

Avec notre salut communiste internationaliste,

Paris, le 1er juin 2002,

la cellule centrale du Groupe bolchevik
pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire