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Intervention à la CE élargie du syndicat CGT du CRSF de Nantes du 25 janvier 2013

 

Camarades,

Comme l’a rappelé notre secrétaire, la CE d’aujourd’hui intervient dans un contexte, où la bourgeoisie accentue sa pression sur la classe ouvrière de ce pays et le gouvernement Hollande-Ayrault-Taubira-Duflot, pourtant peu dangereux pour elle. C’est ainsi que des pigeons ont fait reculer le gouvernement sur l’imposition des plus-values réalisées lors de cession d’entreprises selon le même taux progressif que l’impôt sur le revenu. C’est ainsi que les dépassements d’honoraires des médecins ont été officiellement entérinés. Et c’est ainsi également que toute la réaction s’est retrouvée le dimanche 13 janvier contre le projet gouvernemental de mariage pour tous, dans une manifestation qui a rassemblée les troupes de l’UMP et du FN ainsi que toutes les sectes religieuses qui ont communié, pour l’occasion, dans un œcuménisme dégoulinant d’obscurantisme et de haine du prolétariat.

Le 11 janvier, les négociations de la prétendue « flexisécurité », se sont terminées, comme c’était prévisible, par un accord qui constitue une attaque contre toute la classe ouvrière de ce pays.

Cet accord avalise le projet du MEDEF. Il va permettre aux patrons de licencier plus facilement et à moindre coût, d’imposer plus de mobilité aux salariés, d’ajuster les salaires au carnet de commande, de précariser encore davantage les salariés et notamment les temps partiels… tout en récupérant de nouvelles exonérations de charges. A l’inverse, pour les travailleurs il sera plus difficile de contester les licenciements et de se défendre devant les tribunaux.

Quant aux « contreparties », comme la complémentaire santé ou les « droits rechargeables » pour l’indemnisation chômage, elles sont renvoyées à plus tard pour l’une ou soumises aux ressources des ex-ASSEDIC pour l’autre.

L’autre grande avancée serait la cogestion : désormais des administrateurs salariés vont pouvoir siéger dans les conseils d’administration ou de surveillance des entreprises de plus de 5 000 salariés, ce qui créera toujours quelques emplois pour des bureaucrates syndicaux avec à la clé les indemnisations substantielles (jetons de présence).

Si un tel accord a pu voir le jour c’est parce que toutes les organisations syndicales -dont les représentants de la CGT- ont participé à la farce et parce qu’à aucun moment notre Confédération n’a appelé au boycott de cette pantomime. C’est là une responsabilité écrasante.

Tous les chefs syndicaux ont trouvé légitime de discuter des plans de flexibilité du MEDEF, toutes ont cautionné la négociation sur le dos des travailleurs. Qu’au final, la CGT et Force ouvrière n’aient pas signé l’accord ne diminue en rien leur responsabilité.

La CGT doit refuser de discuter de son application dans les branches. La CGT doit refuser de cogérer et proposer à tous les autres syndicats de ne pas siéger dans les CA ou les CS. On ne peut pas défendre les  travailleurs salariés quand on dirige des entreprises qui sont aux mains des capitalistes.

Après la signature de cet accord par la CFDT, la CGC et la CFTC, la direction de notre Confédération s’est fendue d’un quatre pages intitulé « vos droits sont entre vos mains ». Si seulement c’était vrai, nous ne laisserions pas discuter en notre nom de la destruction de nos droits. Elle y déclare que : « dans la République (avec un grand R), ce sont les élus qui font la loi et non le Medef ».

Si c’est vrai, alors il faut les empêcher par tous les moyens de transformer en loi l’accord de flexibilité. Cet accord a d’ores et déjà renforcé la position des patrons et il n’aura pas fallu attendre plus de quatre jours pour que la direction de Renault annonce, dès le 15 janvier, la suppression de 7 500 postes d’ici 2016.

De la même façon le COR (Conseil d’orientation des retraites), auquel participe la CGT depuis sa fondation en mai 2000, vient de rendre un second « diagnostic partagé » (Eric Aubin au micro de BFM business le 23 janvier) sur les inégalités en matière de retraite, qui complète un premier diagnostic publié en décembre 2012 annonçant que l'équilibre financier ne serait pas atteint à l'horizon 2018-2020, contrairement à ce que prévoyait la réforme Sarkozy de 2010. Comme les précédents, ces onzième et douzième rapports du COR préludent à de nouvelles attaques contre les retraites. Attaques qui sont légitimées par la présence ininterrompue de la CGT (et des autres centrales syndicales) dans cette instance.

C’est pourquoi je propose au vote des présents, la motion suivante, à l’attention de notre Confédération CGT :

La CE élargie de la section du Centre financier de Nantes réunie ce 25 janvier 2013

Constate que la participation de la Confédération aux discussions sur la flexibilité a permis que celles-ci débouchent sur une nouvelle attaque contre les salariés ;

Demande que la CGT déclare dès aujourd’hui qu’elle ne participera à aucune discussion de branche sur le sujet et appellera les autres organisations à boycotter lesdites réunions ;

Demande que la Confédération refuse de participer aux structures de direction des groupes capitalistes et se retire du Conseil d’orientation de retraites ;

Demande que la Confédération CGT s’adresse aux autres confédérations syndicales pour organiser une manifestation unitaire et centrale devant l’Assemblée nationale pour exiger le retrait pur et simple du projet de flexibilité, le jour où il serait présenté au Parlement, s’il devait l’être.

Vote pour : 16, contre : 5, abstentions : 12