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6 mai 2010

Intervention au congrès du Snuipp-FSU 92

Camarades,

Notre congrès se tient 3 ans après l’élection de Sarkozy à la présidence de la 5e République. Pendant 3 ans, son gouvernement a attaqué les acquis des travailleurs et les travailleuses, les conquêtes arrachée par la lutte de classes. Le gouvernement Sarkozy-Fillon a, par contre, aidé les plus riches et les capitalistes et fait payer la crise du mode de production capitaliste aux salariés.

Le gouvernement Sarkozy va s’en prendre à nos retraites, tout le monde le sait. Il veut réduire le salaire différé que nous touchons par cotisations patronales versées dans les caisses de la Sécurité sociale. Pour le compte des capitalistes, il veut augmenter l’exploitation en réduisant cette part de nos salaires.

Il poursuit la politique de ses prédécesseurs :

·    En 1982, le gouvernement Mitterrand-Mauroy bloque salaires et retraites

·    En 1993, Balladur fait passer les retraites du privé à 40 annuités calculées sur les 25 dernières années (au lieu des 10)

·    En 1995, Juppé recule devant la résistance des « régimes spéciaux » et du prolétariat mais il réforme la l’ensemble du régime général de la Sécurité sociale dont le budget est voté par le parlement depuis cette date.

·    En 2000, le gouvernement dirigé par Jospin crée le COR, arme de destruction massive des retraites

·    En 2003, Chirac et Fillon attaque les retraites de tous en faisant passer les fonctionnaires à 40 annuités et tout le monde à 41 en 2010. La résistance est massive mais toutes les directions syndicales refusent d’appeler à la grève générale. Le coup passe.

·    En 2007, le gouvernement Sarkozy-Fillon-Bertrand s’en prend aux travailleurs des entreprises publiques. Pas aux « régimes spéciaux » des policiers et des militaires, bien sûr. La résistance est importante, mais les directions syndicales, avec l’aide de la LCR et de LO, refusent d’appeler à la grève générale. La direction Thibault de la CGT saborde le mouvement à la SNCF en acceptant, la veille de la grève, de discuter le plan du gouvernement entreprise par entreprise.

La cause de ces attaques permanentes n’est pas à chercher dans le « trou de la Sécu », car le total des déficits de tous les régimes reste dérisoire par rapport à celui de l’État (dette de toute la Sécu, dont la retraite n’est qu’une part : 141 milliards ; de l’État : 1 158 milliards). Le déficit de la protection sociale est organisé par le refus d’augmenter les cotisations patronales et par la multiplication des exemptions pendant que les « parachutes dorés » ou la retraite des ministres et des présidents sont maintenues.

À chaque fois, Sarkozy utilise l’association des organisations syndicales pour faire passer ses plans. C’est tellement nécessaire qu’il les a saluées pour leur « sens des responsabilités » lors des vœux de début d’année :

Notre pays ne s'est pas déchiré parce que nous avons agi vite, ensemble, avec un sens aigu des responsabilités qui sont les nôtres… Au lieu de souffler sur les braises, chacun a eu a cœur de trouver des solutions (Sarkozy, Le Monde, 17 et 18 janvier 2010)

Deux exemples pour illustrer cette citation : la formation des maîtres, les retraites.

Premièrement, la formation des maîtres que le gouvernement a fait passer malgré la grève dans les universités mais avec plusieurs mois de négociations et concertations qui ont abouti au décret de juillet dernier.

La nouvelle formation des maîtres doit permettre de ne plus les payer au niveau bac+4, de lier leur diplôme universitaire au concours, de réduire très largement les formations pédagogiques que les IUFM permettaient. Plus question d’apprendre son métier dans un collectif capable de s’approprier les acquis et l’histoire de sa profession, de  s’organiser, de revendiquer.

Les jeunes enseignants seront surtout poussés à reproduire, à obéir. Place au « compagnonnage » du stagiaire avec un enseignant et un seul : il s’agit de parer au plus pressé, d’apprendre des techniques, des gestes. C’est la « formation » sur le tas, avant la prise de responsabilité d’une classe dès novembre. Les nouveaux recrutés, comme les élèves, sont sacrifiés.

Enfin, les étudiants seront des remplaçants en puissance pour précariser notre métier tandis que les statuts de professeurs des écoles (et les salaires) ne seront pas les mêmes selon la date d’entrée dans l’enseignement. C’est d’ailleurs ce que vient de faire Chatel en augmentant les salaires des plus jeunes et de ceux qui débutent cette année.

Second exemple, les retraites, bien sûr.

Le « diagnostic » du Conseil d’orientation des retraites est arrivé en avril. Il est « partagé » car les représentants des syndicats (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, UNSA, FSU) siègent au COR aux côtés du patronat et des « experts » de la bourgeoisie (tous ces gens auront de bonnes retraites, eux). Sur cette base, Sarkozy prévoit d’obliger de travailler jusqu’à 63 ans et toutes les directions syndicales acceptent de discuter de cela avec Woerth. Le premier remède contre l’attaque est de quitter le COR, d’autant que depuis sa fondation par le gouvernement Jospin il a toujours servi les réformes contre les travailleurs.

La deuxième chose à faire est d’organiser la lutte pour battre le gouvernement. Comment faire ? D’abord en quittant le COR et en cessant de discuter avec Woerth et Sarkozy car il ne peut en sortir que des attaques contre nos retraites.

Ensuite, en menant le combat pour le battre et non des «journées d’action » qui n’avancent aucune revendication comme celles du 23 mars du 1er mai ou la prochaine.

En rompant avec le gouvernement, en l’affrontant, il est possible de battre Sarkozy d’arracher le retour aux 37,5 annuités pour tous, pour le maintien du départ à 60 ans, pour le calcul sur les 6 derniers mois de salaires pour tous. C’est pourquoi je propose au congrès de voter la motion suivante :

 

Motion pour la défense des retraites

Le congrès du Snuipp-FSU des Hauts-de-Seine, tenu le 6 mai 2010 à Nanterre, se prononce contre toute collaboration syndicale avec le gouvernement et le patronat. Pour cela, le congrès demande à la FSU et à l’ensemble des confédérations syndicales de quitter le COR, de rompre avec Sarkozy-Fillon et de former un front uni pour faire échouer l’attaque contre les retraites.

Les grèves de 24 heures à répétition sans revendication épuisent la mobilisation et protègent le gouvernement. Le congrès Snuipp-FSU des Hauts-de-Seine appelle donc la direction nationale du Snuipp ainsi qu’à toutes les directions des confédérations syndicales d’organiser la riposte, d’appeler à la grève générale pour bloquer le projet de loi contre les retraites sur les mots d’ordre suivants :

Maintien des 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles) !

Indexation des pensions sur les salaires !

Retour aux 37,5 annuités pour tous et prise en compte des périodes de chômage et de stage !

Calcul pour tous sur les 6 meilleurs mois !

Vote : 2 pour, 22 contre, 4 abstentions, 1 NPPV

(Les militants PCF, LO et NPA ont voté contre. Le militant du GPCPOR a refusé de voter pour)