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Assemblée générale du syndicat CGT PTT
de Loire atlantique, 11 juin 2010

Intervention

 

Camarades,

Depuis plus de deux siècles, la classe ouvrière se bat pour limiter l'exploitation capitaliste. Le plus haut niveau de ce combat a été atteint en 1917 en Russie avec la prise du pouvoir par le prolétariat et l'expropriation du capital.

En France, après la seconde guerre mondiale, face à un prolétariat en armes, une bourgeoisie débile et sans appareil d'Etat, à dû faire d'énormes concessions, pour ne pas risquer de tout perdre, et accepter la mise en place de la Sécurité sociale.

Il ne s'agissait pas simplement de structures nouvelles de prise en charge des travailleurs malades ou âgés et de leurs familles mais d'une augmentation considérable de la valeur de la force de travail, c'est à dire d'une augmentation du salaire global : salaire direct plus salaire différé (c'est à dire de ce que doit débourser un patron pour exploiter un salarié).

Depuis lors, la classe capitaliste française et son appareil d'Etat reconstruit n'ont eu de cesse de remettre en cause ces acquis.

Comme toutes les bourgeoisies du monde, tant qu'elle n'aura pas été renversée, la bourgeoisie de ce pays combattra pour accroître ses profits, son taux de profit face à ses concurrents internationaux et pour cela elle fera tout pour faire baisser la valeur de la force de travail.

C'est là qu'il faut chercher la raison fondamentale des attaques déclenchées en 1993, poursuivies en 1996, 2003 et 2007 et celle qui se prépare aujourd'hui contre les retraites et la Sécu en général.

De là découle que l'objectif premier d'un syndicat ouvrier ce devrait être de défendre les acquis sans lesquels il ne peut y avoir de nouvelles avancées et de combattre pour maintenir la valeur de notre force de travail à hauteur des besoins de notre classe en termes de retraite et aussi de santé afin de pouvoir l'augmenter au fil des besoins.

Et ce dont il s'agit c'est de l'augmentation des salaires globaux et non de l'instauration d'une taxe sur les machines ou autre vignette auto pour les vieux. Toutes les propositions imaginables de financement, outre le fait qu'elles ne verront jamais le jour, distraient les travailleurs de la seule exigence qui vaille : l'augmentation des salaires par l'augmentation du salaire différé et aboutissent de fait à la baisse de nos salaires.

Les patrons doivent payer !

Le seul problème des régimes de retraites c'est le refus des capitalistes de les financer !

Or au lieu de souder l'ensemble de la classe qui produit toutes les richesses pour faire payer les exploiteurs, le dernier Congrès confédéral a abandonné les 37,5 annuités et s'est rangé aux côtés de la CFDT qui souhaite aligner le public sur le privé en se prononçant pour une maison commune des retraites.

Au lieu de mobiliser la classe ouvrière contre Sarkozy et son gouvernement en défense des retraites, les dirigeants syndicaux participent depuis sa création en 2000, au COR (« Conseil d'orientation des retraites » fondé par Jospin). Cette participation a permis cette année encore la publication d'un diagnostic partagé axé sur l'allongement de la vie. Les « partenaires sociaux » étant d'accord pour dire que qu'à terme le financement des retraites n'était pas assuré, la farce des sommets sociaux avec Sarkozy et Fillon et des consultations avec Woerth a pu commencé et toutes les directions syndicales y ont participé.

C'est une aide indéniable et indispensable au gouvernement comme Sarkozy l'avait déjà souligné lors de ses voeux pour 2010 quand il déclarait je cite : « Je veux rendre un hommage particulier aux partenaires sociaux qui ont fait preuve d'un grand sens des responsabilités ».

Cette complicité avec le gouvernement est complétée par des journées d'action qui n'empêcheront jamais ce gouvernement de faire passer ses plans.

Ainsi, les journées d'action programmées les 23 mars, 20 avril, 1er et 27 mai ont fait la preuve de leur inefficacité.

Tout le monde comprend qu'on ne gagnera pas avec ces parodies d'action qui vont de pair avec la fréquentation de l'Elysée et du ministère du travail.

Cette tactique des « journées d'action », liée à la participation à toutes les convocations de Sarkozy, fait qu'aujourd'hui, le gouvernement du capital se sent en force et évoque ouvertement le passage de 60 à 61 puis 62 ans pour le départ en retraite ainsi que l'augmentation des cotisations des fonctionnaires et envisage sans doute d'autres attaques qui seront dévoilées le 16 juin.

Il n'y a qu'un seul moyen d'empêcher la liquidation de nos retraites, contre-réforme après contre-réforme : c'est que les dirigeants s'opposent au gouvernement, quittent le Conseil d'orientation des retraites, cessent de négocier et appellent l'ensemble de la classe ouvrière à la grève générale jusqu'au retrait du plan du capital.

 

Motion

L'assemblée générale annuelle du syndicat CGT PTT de Loire-Atlantique, réunie ce 11 juin 2010 à Donges, exige de sa confédération :

·    qu'elle quitte immédiatement le Conseil d'orientation des retraites qui ne sert qu'à préparer les attaques et cesse de participer à toutes les réunions avec Woerth et avec Sarkozy : participation qui ne sert qu'à légitimer les plans contre les retraites.

·    qu'elle réaffirme les revendications ouvrières en défense des retraites à savoir : 37,5 annuités de cotisations pour tous, public comme privé ; maintien du départ à 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles) ; calcul pour tous sur les 6 meilleurs mois ; prise en compte des périodes de chômage et de stage ; indexation des pensions sur les salaires et pas de retraites inférieures au SMIC.

·    qu'elle revendique l'arrêt de toute exonération de cotisation sociale pour le patronat, la restitution des sommes déjà volées et l'augmentation de ces cotisations, c'est à dire de notre salaire différé, afin de faire face aux besoins de santé et de retraite de la classe ouvrière.

·    qu'elle exige la sortie du budget et la restitution par l'Etat des sommes collectées pour la Sécu et sa gestion par les seules organisations syndicales ouvrières.

·    qu'enfin elle appelle l'ensemble de la classe ouvrière et la jeunesse de ce pays à la grève générale quand le 16 juin le gouvernement annoncera son plan contre les retraites et qu'elle s'adresse aux autres centrales syndicales pour qu'elles en fassent de même jusqu'au retrait total de ce plan.

[2 pour, 26 abstentions dont celle des militants de LO, 71 contre]