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Intervention au Congrès CGT-PTT de Loire-Atlantique des 24 et25 mai 2007

Camarades,

Je voudrais à la fois réagir au document d’orientation et intervenir sur l’actualité politique. Et je commencerai par l’actualité politique.

Camarades,

Notre congrès se tient 18 jours après la victoire de Sarkozy à l’élection présidentielle. D’après un sondage, il a obtenu 96 % des voix des sympathisants du MEDEF. C’est un ennemi des travailleurs qui vient de nommer son gouvernement de combat contre la classe ouvrière et sa fraction immigrée, contre la jeunesse et la population laborieuse.

On ne peut attendre que des coups de celui qui fut ministre de l’intérieur, qui a fait arrêter les grévistes de La Poste à Bègles et de la SNCM à Marseille par des commandos du GIPN et du GIGN, qui a initié la privatisation d’EDF étant ministre de l’économie, qui a fait arrêter par centaines les jeunes des banlieues pauvres révoltés par la mort de deux adolescents, qui a fait matraquer des étudiants par centaines en mars et avril 2006. Plusieurs lois dites « Sarkozy » ont été adoptées contre les libertés démocratiques, puis en 2006 contre la fraction immigrée du prolétariat.

Il a nommé Premier ministre celui qui a laissé son nom aux lois contre les retraites et l’école, aux lois contre la Sécurité sociale.

Son programme est connu et chacun a entendu Sarkozy, avant, pendant et après la campagne électorale, énoncer les chantiers auxquels il a promis de s’atteler.

Ainsi, il entend utiliser vite et fort sa victoire électorale : contre le droit de grève, pour la suppression de milliers d’emplois dans la fonction publique (pas les flics !), pour la destruction des régimes spéciaux de retraite, pour plus de flexibilité et donc de précarisation, pour l’allongement de la durée du temps de travail, pour de nouvelles attaques contre les chômeurs, les immigrés, le droit aux études, le remboursement des soins… la liste n’est pas close.

Pendant que Sarkozy parti en jet privé prenait des vacances sur un yacht de milliardaire, son représentant Xavier Bertrand annonçait 4 conférences « sur l'égalité salariale, sur la sécurité sociale professionnelle, sur l'amélioration des conditions de travail et sur la rénovation de la démocratie sociale ».

Face à Sarkozy et son gouvernement qui veulent nous attaquer, notre syndicat doit se préparer à entrer en guerre, à organiser la lutte pour les contrer et les défaire. Tout d’abord en refusant de l’aider à porter des coups contre les travailleurs et la jeunesse.

Contre Sarkozy qui a donné l’été aux syndicats et au patronat, aux « partenaires sociaux » comme il dit, pour se rencontrer et se mettre d’accord sur un service minimum dans les services publics, je souhaite que ce congrès se mette d’accord pour exiger de notre fédération et de notre confédération qu’elles refusent de participer à une quelconque réunion avec le patronat sur ce sujet.

Bien sûr, de toute part on va nous présenter ces rencontres, ce « dialogue social », comme autant d’occasions d’avancer des « solutions » et des « propositions » ; depuis les sommets gouvernementaux jusqu’à l’intérieur même du mouvement syndical. Que chacun se souvienne de ce qu’ont rapporté les « concertations » des responsables syndicaux avec Fillon sur les retraites et l’assurance maladie.

La classe ouvrière et le patronat ne sont pas des partenaires mais des adversaires irréconciliables. La Confédération générale du travail s’est constituée avec comme objectif, clairement affirmé, en 1906, au Congrès d’Amiens : l’abolition du salariat, c’est à dire la fin de l’exploitation de l’immense majorité par une minorité de possédants, c’est à dire l’appropriation de l’ensemble des richesses par l’immense majorité et corrélativement la dépossession des exploiteurs. Ce n’est pas pour qu’elle devienne aujourd’hui « partenaire » des capitalistes.

Par ailleurs, le droit de grève est un droit qu’a conquis la classe ouvrière ; c’est également un moyen, pour elle, de défendre ses droits et d’en acquérir d’autres. Il ne saurait donc être question, pour elle, d’y renoncer ou d’accepter une quelconque limitation de ce droit qui n’a d’autre objectif que de le vider de son sens.

Notre syndicat et notre fédération doivent d’ores et déjà déclarer qu’ils ne s’associeront pas aux ennemis des salariés, qu’ils ne sont ni les « partenaires » de Sarkozy, ni les « partenaires » du patronat.

Notre syndicat, notre fédération et notre confédération doivent s’adresser à toutes les confédérations syndicales ouvrières, pour qu’elles fassent de même et que s’organise un front unique contre toute participation aux conférences et autres négociations que le futur gouvernement voudra mettre en place.

Boycott par tous les syndicats de tout sommet social, de toute conférence, de toute table ronde, de toute consultation contre le droit de grève, contre les régimes de retraites, etc.

Ainsi seulement nous préparerons la lutte pour vaincre le capital, son gouvernement et son président.

Toute participation des dirigeants syndicaux, non seulement ajouterait à la désorientation des salariés mais surtout marquerait leur complicité avec ceux qui cherchent une caution pour porter des coups à la classe ouvrière.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’un syndicalisme de défense des intérêts des salariés, d’un syndicat de lutte de classe face à la bourgeoisie, son président de la République, son gouvernement et non pas d’un syndicalisme d’accompagnement des mauvais coups.

Motion 1

Le congrès CGT-PTT de Loire Atlantique, réuni les 25 et 26 mai 2007, déclare clairement qu’il faut se préparer à combattre et vaincre le futur gouvernement de Sarkozy.

Le Congrès s’adresse à la Fédération PTT et à la Confédération pour qu’elles s’adressent à toutes les confédérations syndicales ouvrières afin qu’elles s’organisent en un front unique contre toute participation aux conférences et autres négociations que le futur gouvernement voudra mettre en place.

Aux législatives qui viennent, il ne peut pas davantage y avoir collaboration ou neutralité. Le Congrès départemental a la responsabilité d’appeler à battre l’UMP, l’UDF (toutes moutures), le FN.

Motion 2

Le Congrès CGT-PTT de Loire Atlantique, réuni les 25 et 26 mai 2007, appelle à battre les candidats bourgeois aux élections législatives des 10 et 17 juin prochain et pour cela, à voter pour les candidats des partis ouvriers PS, PCF, LCR et LO.

Le Congrès demande à la Fédération PTT et à la Confédération d’en faire de même.

Concernant notre corporation, sont absents du document d’orientation : les travailleurs et leurs revendications.

Dans un contexte de recul du mouvement ouvrier, ce document entérine l’abandon des garanties que conservent encore les salariés des PTT, notamment celles contenues dans le statut de fonctionnaire et proposent en échange de revendiquer un statut qui n’a encore aucune existence, sauf dans l’esprit de Sarkozy. C’est en effet un statut d’accompagnement des suppressions d’emplois et autres licenciements qui « garantiraient », avec tous les guillemets qui s’imposent, la continuité de carrière des licenciés. C’est peu rassurant pour les fonctionnaires qui savent maintenant qu’à défaut de défendre leur statut, la CGT leur promet un réemploi à un niveau équivalent. C’est tout aussi peu rassurant pour les contractuels qui constatent ainsi l’inaptitude du syndicat à défendre leurs maigres droits actuels.

Le document qui fait grand cas de l’appropriation publique des activités postales et de télécommunications fait par contre très peu de cas du statut des travailleurs de ces différentes entreprises. Alors que dans toutes les autres branches d’activité, les travailleurs se battent avec les militants et syndiqués CGT pour défendre ou conquérir une convention collective valable pour tous les salariés du secteur, le texte qui nous est proposé se prononce pour la « défense de tous les salariés actifs et retraités… qu’ils relèvent du statut des fonctionnaires ou des règles de droit privé ». En clair, cela signifie que notre syndicat se refuserait à unifier les personnels sous un seul statut, le meilleur, ce qui ne saurait être, en la circonstance, que le statut de la fonction publique !

Absent de marque également, le chiffrage du minimum de salaire à 1 500 € nets par mois. Pour le moins il aurait fallu apostropher la Fédération sur les 1 500 € et exiger d’elle qu’elle en finisse avec la revendication d’augmenter la part variable tant il est évident qu’il s’agit du biais pour l’individualisation des salaires en fonction du profil, par l’intermédiaire de la notation.

Pour conclure, je propose de substituer les revendications suivantes à celles contenues dans le document d’orientation :

          intégration ou réintégration de toutes les filiales, de toutes les entreprises de téléphonie et de toutes les entreprises de messageries au sein du service publique des PTT

          maintien du statut de la fonction publique titre I et II et plan de titularisation pour tous les contractuels.

          salaire minimum à 1 500 € nets par mois pour le plus petit indice et répercussion sur tous les autres indices.

          transformation de la part variable en 13° mois.

Je propose également d’adresser une motion à la Fédération demandant de reprendre ces revendications.

Motion 3

Le Congrès CGT-PTT de Loire Atlantique réuni les 24 et 25 mai 2007 demande à la Fédération PTT de reprendre dans sa plate-forme revendicative, les exigences suivantes

          Intégration ou réintégration de toutes les filiales, de toutes les entreprises de téléphonie et de toutes les entreprises de messageries au sein du service publique des PTT

          Maintien du statut de la fonction publique titre I et II et plan de titularisation pour tous les contractuels.

          Salaire minimum à 1 500 € nets par mois pour le plus petit indice et répercussion sur tous les autres indices.

          Transformation de la part variable en 13° mois.

[Le bureau du congrès refusa de mettre au vote les trois motions quant aux amendements au texte d’orientation, non seulement la commission des amendements les rejeta, mais de plus, niant la souveraineté de l’assemblée, elle interdit aux délégués de les discuter et de décider de leur sort. Cette attitude entraîna la sortie du Congrès de plusieurs délégués. Le document d’orientation fut adopté majoritairement avec cependant 9 abstentions et 6 voix contre.]