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A bas la collaboration de la bureaucratie syndicale CGT avec la politique anti-immigrés de Sarkozy et avec la police !

Des papiers pour tous !

 

Matraques et gaz de la bureaucratie de la CGT contre les sans papiers de la CSP 75



Les sans-papiers réunis au sein de la Coordination des Sans-Papiers 75 (CSP 75) occupaient depuis le 2 mai 2008 l’annexe de la Bourse du travail, rue Charlot à Paris. Comme des centaines d’autres travailleurs, ils se sont heurtés aux lois du gouvernement Sarkozy-Hortefeux qui ont encore aggravé le sort des prolétaires et de leurs famillles. Depuis plus d’un an ils se battent pour leur juste droit et par conséquent, dénoncent la politique de la direction de la CGT qui a limité et divisé les grèves de travailleurs sans papiers au nom du cas par cas et les a subordonnées aux besoins du capitalisme français. La bureaucratie de la CGT, contre nombre de ses militants, mais appuyée par les dirigeants de tous les autres syndicats, a avalisé la “régularisation par le travail”, instrument de « l’immigration choisie » et distribue depuis au compte goutte des régularisations à durée déterminée, à la merci des patrons.

Les sans-papiers de la CSP 75 exigeaient par leur occupation que les directions syndicales reprennent leur revendication : des papiers pour tous, et pour cela, l’abrogation de toutes les lois anti-immigrés. C’est ce combat ouvrier contre les attaques de la bourgeoisie qu’a refusé de mener la bureaucratie collaboratrice et chauvine à la tête du syndicat CGT, et qui l’a menée à évacuer mercredi 24 juin manu militari hommes, femmes et enfants sans-papiers.

Les nervis de la CGT parisienne ont profité de l’absence de la plupart des occupants partis manifester devant la Préfecture de Paris. Des délégués de la CSP 75, parmi ceux qui depuis un an abusent des réunions de « médiation » avec l’ennemi, s’attendaient à des « pourparlers » pacifiques  et avaient maintenu la manifestation loin de la Bourse afin d’éviter « de graves affrontements » (communiqué de la CSP du 27 juin) ! C’est en réalité un commando masqué,  armé de matraques et de gaz lacrymogène, caché à l’intérieur de la Bourse qui a surgi pour expulser la minorité laissée impuissante.

Devant la résistance des occupants, rejoints par le gros de la troupe, le commando a gazé jusque dans les couloirs de la Bourse, forçant les sans papiers à se barricader. Les vigiles de l’UD parisienne ont alors fait appel à la police d’Hortefeux pour relayer leur opération. Avec la complicité bienveillante de la Mairie PS de Paris, propriétaire des lieux, qui a réquisitionné plusieurs centaines de CRS, l’expulsion a réussi, et les responsables CGT ont pu s’installer tranquillement dans leurs rangs.

Au total 8 sans papiers ont été hospitalisés, 10 évanouis, 5 blessés légers, dont 5 femmes et un enfant. Le lendemain, l’UD CGT a ajouté la calomnie à son agression : son communiqué du 25 juin vise à faire passer les blessés pour des casseurs responsables de toutes les violences.

Depuis, des centaines de sans papiers campent nuit et jour devant la Bourse du travail, encerclés par des cordons de CRS et de flics municipaux qui ont tenté de leur interdire nourriture, eau, et accès aux toilettes publiques. C’est encore une fois la base et singulièrement les femmes qui sont déterminées : « Les délégués pensent que nous sommes faibles, mais c’est le contraire. » La base refuse les « critères » proposés par la Préfecture pour diviser le mouvement, refuse une autre occupation. « Que la Préfecture ouvre un guichet ici même, sans critères ni conditions ! » (Article de la Voix des Femmes, 28 juin).

Une fois de plus, la bureaucratie de la CGT, soutenue par les autres bureaucraties et leurs apprenties, a démontré son caractère profondément anti-ouvrier, en s’attaquant à la fraction la plus fragile du prolétariat, en refusant de combattre les politiques xénophobes du gouvernement Sarkozy et des gouvernements précédents, en faisant tout pour saper l’unité du mouvement ouvrier et son internationalisme.

La Bourse du travail est gérée par une commission administrative qui inclut TOUS les syndicats ayant des bureaux, à savoir CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, UNSA, et Solidaires. Cette agression est de la responsabilité de toutes ces bureaucraties syndicales, qui ont toujours condamné l’occupation et ont exprimé un soulagement unanime dans le communiqué du CA daté du  26 juin.

La classe bourgeoise utilise tous les moyens dont elle dispose pour détruire ou à défaut contrôler les organisations dont s’est doté le prolétariat, afin de l’empêcher de s’unir et de la remettre en cause. Voilà pourquoi les syndicats refusent de défendre les ouvriers les plus exploités, s’opposent à la grève générale de tous les travailleurs ; voilà pourquoi les partis traditionnels de la classe ouvrière (PS, PCF) servent loyalement la bourgeoisie depuis des décennies ; voilà pourquoi ceux qui sont candidats à leur succession (PdG, NPA) se préparent à le faire.

Face aux capitulations et aux sabotages des directions syndicales, les travailleurs doivent s’organiser pour contrôler leurs luttes, constituer des fractions lutte de classe dans les syndicats, décider dans des assemblées générales, élire des comités, centraliser ces comités élus. Il leur faut par-dessus tout construire un nouveau parti, apte à mener à son terme la lutte des exploités et des opprimés, à affronter la bourgeoisie, à détruire son État.

C’est à ce combat que le GB invite tous les militants révoltés, attachés à la libre circulation, la libre installation de tous les pauvres, de tous les prolétaires, dans le pays de leur choix.