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Retrait du projet Chirac-Fillon ! Dirigeants syndicaux, rompez avec le gouvernement !


 

Un gouvernement acharné contre le droit à l’Instruction et contre les travailleurs de l’éducation

 

Les directions syndicales reprochent au gouvernement Chirac-Raffarin-Fillon son « manque d’ambition » :

Je considère que l’avant-projet de loi d’orientation ne règlera aucun des défis d’avenir posés à l’École. Quel gouffre entre les ambitions affichées et les mesures disparates envisagées ! (L. Bérille, secrétaire général du SE-UNSA, 26 novembre)

Je retiens le sentiment d'une contradiction entre les objectifs affichés et les mesures proposées. Élever les qualifications et assurer la réussite de tous est une idée dont nous sommes porteurs. Mais lorsque l'on regarde le détail des propositions on peut se demander ce qui va permettre d'y arriver. (G. Aschieri, secrétaire général de la FSU, 23 novembre)

La réforme se prive d’emblée des moyens de réaliser ses propres objectifs. (SUD Education, 25 novembre)

Bref, Fillon serait plein de bonne volonté ; malheureusement, il ne dispose pas assez d’argent. C’est une mystification. Les faits montrent que le gouvernement Chirac-Raffarin et la majorité UMP ont avancé à grands pas pour faire baisser la valeur de la force de travail, pour liquider les acquis sociaux, pour privatiser, contre les fonctionnaires, contre les enseignants, contre le droit à l’instruction des enfants des ouvriers, des employés et des paysans :

·                Le gouvernement Chirac-Raffarin a porté un coup sévère aux retraites en juillet 2003 en portant à 42 le nombre d’annuités (loi Fillon), puis a attaqué la branche maladie de la Sécurité sociale en juillet 2004 (loi Douste).

·                Il a interdit aux jeunes filles issues de l’immigration de porter un foulard en mars 2004 (loi Ferry), alors qu’il laisse les soutanes entrer dans les lycées et qu’il finance les établissements de l’Église catholique (plus de 150 000 salaires versés).

·                Il a liquidé fin 2002 le statut des MI-SE qui avait protégé les étudiants-surveillants durant cinquante ans. Il a transféré les agents (ATOS) aux régions et aux départements en août 2004 (loi de décentralisation).

·                Il étrangle la recherche publique et il continue de bloquer les salaires de tous les fonctionnaires.

·                Il a déposé au parlement un projet de « loi de programmation pour la cohésion sociale » qui préconise comme solution au problème du chômage des jeunes, non la création d’emplois mais l’apprentissage patronal.

·                Il a concocté en septembre un projet de budget pour 2005 qui prévoit la suppression de 4 000 postes de professeurs du secondaire.

·                Il fait appliquer dans l’enseignement supérieur le plan LMD, qui organise des « pôles d’excellence » au détriment des autres universités et livre des milliers d’étudiants aux patrons avec les « licences professionnelles ».

·                Il a rendu public, le 18 novembre, le contenu d’un projet de loi d’orientation contre l’enseignement public.

 

Le projet Fillon, c’est la réaction

 

Après avoir déminé le terrain avec le prétendu « grand débat sur l’école » de novembre 2003 à janvier 2004 et publié sur cette base le « rapport Thélot », le gouvernement précise son offensive. Le « socle commun » de Thélot et Fillon (Projet de loi d’orientation sur l’école, 26 novembre, proposition 1) n’est rien d’autre que le refus d’instruire tous les jeunes, sur la base de programmes nationaux.

L’option « découverte professionnelle » remplace au collège des matières indispensables à la poursuite des études. La loi veut 100 000 élèves dans cette filière (Projet, proposition 11) pour diminuer la proportion de ceux qui vont au lycée (56 % actuellement). Le nouveau brevet des collèges aura lieu plus tôt pour « consolider le socle », en fait pouvoir sélectionner et orienter vers l’apprentissage (Projet, 3).

En France, grâce à la crise révolutionnaire de 1944, la formation professionnelle avait été confiée à l’enseignement public. Contre cet acquis social, Borloo et Fillon veulent mettre toujours plus d’enfants de prolétaires dans les mains des patrons. Le projet Fillon a pour objectif de doubler le nombre d’apprentis, soit 500 000 jeunes :

L’Éducation nationale participera pleinement au développement de l’apprentissage prévu par la loi de cohésion sociale : la loi d’orientation sur l’École fixera pour objectif de doubler le nombre d’apprentis en cinq ans. (Projet, 12)

Les classes de seconde elles-mêmes verront leur volume d’heures d’enseignement diminuer (Projet, 4).

Un coup décisif serait porté à l’examen national que reste le baccalauréat, avec la moitié des matières relevant du contrôle continu (Projet, 4). Un tel diplôme n’ouvrirait pas longtemps le droit à s’inscrire à l’université. Le ministre de l’Éducation nationale l’a confirmé en personne, aux étudiants de HEC, le 29 novembre :

L’autonomie des universités signifie une sélection à l'entrée et des droits d’inscription comme elles l’entendent… (Ouest-France, 30 novembre)

Une partie des travailleurs est rejetée de la production (2 millions de chômeurs officiels, en fait 4 millions) par le capitalisme pourrissant. Il alimente de ce fait des comportements asociaux et aussi une révolte légitime. Aux opprimés et aux exclus, à la jeunesse, Fillon veut inculquer la morale de la soumission, du respect de la propriété privée et de la République bourgeoise : sa « culture civique » fait partie du « socle commun » (Projet, 1).

Le gouvernement a réduit considérablement le nombre d’adultes dans les établissements (30 000 en moins). Pour maintenir le fonctionnement des établissements, il mise plutôt sur les corps de répression dont il a, par contre, chaque année renforcé les effectifs :

Le chef d’établissement assure la liaison avec un correspondant de la police nationale ou de la gendarmerie. (Document de travail soumis à consultation)

Fillon entend obliger les professeurs à remplacer leurs collègues absents, à raison, pour commencer, de deux heures par semaine :

Chaque enseignant devra pouvoir accomplir, en plus de son service actuel, jusqu’à 72 heures dans une année scolaire… (Projet, 9).

Ainsi, l’État se décharge de ses obligations en rendant responsables les enseignants. D’une pierre, il fait deux coups, en mettant aussi en cause les statuts de professeurs de collège et de lycée. En effet, le projet ne dit rien des disciplines qu’il s’agirait d’assurer et il commence à annualiser le temps de travail.

 

Le gouvernement compte sur la collaboration des directions syndicales

 

Le gouvernement a de grandes ambitions : diminuer la formation de la jeunesse, multiplier les apprentis, liquider le baccalauréat, mettre en cause le statut des professeurs, le tout en un seul projet de loi. Au même moment, il restreint le droit de grève dans les transports publics et il entame la privatisation d’EDF.

Tant d’audace vient de ses victoires précédentes, qu’il a remportées grâce à la couardise et la complicité de ceux qui ont appelé à voter Chirac en mai 2002 :

·                Les directions syndicales ont laissé isolée la lutte des MI-SE à la rentrée 2002.

·                A l’automne 2003, l’UNEF et le SNESup ont empêché la grève générale de l’université.

·                La CGT, FO, toutes les organisations syndicales ont admis la nécessité d’une « réforme » des retraites, ont participé au « Conseil d’orientation des retraites » gouvernemental. Elles ont refusé de se prononcer clairement pour le rejet du plan Fillon et ont accepté de le discuter. Elles ont obstinément refusé d’appeler à la grève générale. Les travailleurs de l’enseignement public se sont pourtant mobilisés en masse contre la loi de « décentralisation » et contre la diminution des retraites. Mais les directions syndicales, avec le renfort de la LCR, de LO et du PT, ont empêché la grève générale contre le gouvernement au printemps 2003 pour défendre les retraites. A grand renfort de « journées d’action » et de grèves reconductibles, établissement par établissement, les directions syndicales sont parvenues à épuiser les secteurs les plus combatifs, pour protéger le gouvernement et sa politique.

·                La loi Chirac-Ferry contre les élèves arabes ou turques a été demandée par LO et le PS. Le PS, le PCF, toutes les directions syndicales ont accepté de discuter de « république » et de « laïcité » avec ce gouvernement.

·                Les directions syndicales n’ont pas levé le petit doigt pour défendre la Sécurité sociale au printemps.

·                Les directions syndicales ont empêché la grève générale de la recherche publique au printemps 2004 et ont canalisé le mécontentement vers des « assises de la recherche » qui écoutent des messages de Sarkozy et reçoivent Fillon lui-même.

·                Le « grand débat sur l’école » du gouvernement s’est déroulé avec le concours de la FCPE, de l’UNL, de la FIDL, de la CFDT, de la FSU, de l’UNSA, de FO et de la CGT. Toute travailleuse, tout travailleur savait qu’il n’en résulterait que de nouvelles attaques gouvernementales.

·                Depuis septembre, les directions syndicales n’ont pas appelé à combattre le budget 2005 de Sarkozy. Elles se sont amusées à faire envoyer de ridicules « cartons rouges », par la poste, au Premier ministre, au lieu d’appeler à manifester à l’Assemblée nationale pour le retrait du projet de budget.

·                Les directions syndicales acceptent toutes de discuter le projet Chirac-Fillon contre l’école : la FSU a rencontré Fillon le 22 novembre, l’UNSA Education le 23, le SNUIPP-FSU le 23, la FERC-CGT le 24, FO le 25, le SNES-FSU le 29, la FCPE le 30, l’UNL le 1er décembre, la CGT le 2. SUD n’a pas été invité, mais réclame de l’être.

Dirigeants syndicaux, cessez de discuter du projet Fillon, exigez son retrait !

Plusieurs syndicats de la FSU appellent à une journée d’action le 7 décembre. Mais ils ne donnent pas pour objectif à la grève le retrait du projet Fillon :

Loi d’orientation : pour des objectifs ambitieux… (L’US, journal du SNES, 2 décembre)

Si les syndicats étaient au service des travailleurs de l’enseignement public et défendaient le droit à la formation de tous les jeunes, ils devraient s’opposer fermement au projet de loi réactionnaire.

Il faut leur imposer. Exigeons dans les organisations syndicales et dans les AG : Retrait du projet Fillon ! Dirigeants syndicaux, cessez les discussions du projet de loi d’orientation Fillon ! Rompez avec le gouvernement !

2 décembre 2004