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Révolution Socialiste n°7-8 (mars 2003)
Appel international
Face à la nouvelle phase de crise financière et économique du monde qui sévit aux États-Unis après avoir touché chaque continent, face aux situations politiques qui le menacent en Palestine et en Argentine, l'impérialisme américain essaye de résoudre ses problèmes aux dépens des ouvriers et des peuples opprimés du monde.
Depuis 1989, l’impérialisme est parvenu à imposer la restauration du
capitalisme dans les anciens États ouvriers, grâce à ses agents de la
bureaucratie stalinienne.
L’État américain a mené une guerre brutale dans les Balkans à la tête d’une
coalition des différentes puissances impérialistes (France, Allemagne,
Grande-Bretagne…) dont ont fait les frais les Albanais du Kosovo et la classe
ouvrière de Serbie. Les forces de l’OTAN ont détruit en 1999 sous les bombes
toutes les infrastructures.
En Indonésie, la Grande-Bretagne et l’Australie occupent le Timor après
avoir toléré des massacres. Ils commanditent aujourd'hui des guerres
fratricides entre les différents groupes ethniques et nations, dans le but de
détourner la lutte des masses et d’étrangler la révolution commencée en 1997
par les ouvriers indonésiens et les autres couches exploitées.
L’impérialisme couvre le génocide que la bourgeoisie russe et son armée
blanche contre-révolutionnaire commettent contre le peuple de Tchétchènie qui
combat pour son indépendance.
En 2002, les troupes impérialistes américaines, britanniques,
françaises… ont écrasé l'Afghanistan, pour garantir leur contrôle des circuits
du pétrole d'Asie centrale et pour transformer ce pays opprimé en protectorat.
Leur gendarme au Proche-Orient, l’État d’Israël massacre la classe ouvrière
palestinienne et les Arabes opprimés de Palestine. Sharon et l’armée sioniste
veulent écraser la révolte héroïque des masses qui a commencé il y a deux ans.
Voici un an, l’impérialisme américain avait impulsé un coup
contre-révolutionnaire de type Pinochet au Venezuela, pour prendre le contrôle
de la compagnie pétrolière vénézuélienne (PDVSA). Mais l'intervention des
masses exploitées avait déjoué la première tentative. Aujourd’hui, l’État
américain soutient une nouvelle tentative de ce genre.
Les bourgeoisies nord-américaine et européennes (Espagne, France…)
imposent une politique économique brutale en Argentine et veulent faire rentrer
dans le rang les ouvriers. En effet, en décembre 2001, les masses argentines se
sont soulevées et ont commencé une révolution. L’impérialisme veut donner une leçon à
l’Argentine, mais aussi aux autres nations exploitées et opprimées de
l'Amérique latine et du monde.
En Colombie, l’impérialisme américain envoie ses troupes meurtrières et
ses conseillers militaires, il arme jusqu’aux dents l'armée et les bandes
paramilitaires. Son but est d’établir une tête de pont pour de futures
interventions et ses activités contre-révolutionnaires dans le sous-continent,
de terroriser les paysans pauvres des campagnes et les travailleurs militants
des villes.
Aujourd'hui, les dirigeants meurtriers des États-Unis préparent une
nouvelle attaque contre l'Irak. L’armée impérialiste déploie un incroyable
dispositif de destruction massive (des milliers d'avions, de bateaux, de chars,
de missiles et de bombes) qui coûte plus de 200 000 millions de dollars
pour broyer une nation opprimée et commettre un nouveau massacre contre la
population déjà très éprouvée par la guerre de 1991 de l’ONU et l’embargo de
l’ONU.
La classe ouvrière, à l’échelle mondiale, est confrontée à une
offensive contre-révolutionnaire qui n’hésite pas à écraser dans le sang toute
tentative par la classe ouvrière et par les opprimés des nations semi-coloniales
de résister à la re-colonisation par l'impérialisme mondial sous la conduite
des États-Unis. Ainsi, comme leurs économistes l’avouent avec cynisme, une
guerre de courte durée, un nouveau massacre des Irakiens, permettront la
relance de l’économie capitaliste américaine et mondiale. Bush et la classe
dominante des États-Unis comptent rentabiliser largement leurs gigantesques
dépenses militaires en faisant main basse sur les importantes réserves du
pétrole de l’Irak, le second site du monde après l’Arabie saoudite.
Un symptôme de la décomposition historique du capitalisme est qu’il ne puisse survivre qu’en réduisant de plus en plus de travailleurs à la misère, en détruisant d'énormes forces productives, en recourant à des guerres coloniales comme celles menée envers l'Afghanistan ou préparée contre l'Irak. Pour réaliser la paix, l'humanité doit en finir avec le capitalisme. Seule la classe ouvrière peut réaliser cette tâche historique.
Toutes les puissances impérialistes se disputent le pétrole et les
routes du pétrole. L’impérialisme britannique, avec le meurtrier Tony Blair à
sa tête, a déjà donné son appui total à la guerre contre l'Irak. Les
impérialismes français et allemand avaient négocié avec Saddam Hussein de
grands investissements dans les puits irakiens et avaient pour cette raison
dénoncé le blocus de l’ONU imposé à ce pays depuis la guerre du Golfe de 1991.
Ils ont obtenu que la préparation de la nouvelle guerre s’opère sous la
couverture de l'ONU. L'ONU a décidé que c’est l’Irak qui peut constituer un
danger et d'envoyer ses « inspecteurs ». Pendant que ces espions
parcourent toutes les installations de l’Irak, les armées américaine et
britannique ont intensifié leurs bombardements de l'Irak.
Quant à l’impérialisme français, il a envoyé ses troupes pour sauver le
régime en Côte d'Ivoire, le producteur principal du monde du cacao. Il s’agit
de la dernière en date de multiples interventions militaires en Afrique. Ce
continent est la victime de la recolonisation de fait, des conflits
d'inter-impérialiste les plus féroces pour le contrôle de ses matières
premières, ce qui fait sombrer une large part de la population dans la
surexploitation, la famine, les épidémies (dont celle du SIDA), des massacres
de la classe ouvrière et des paysans de ces pays.
Une fois que les États-Unis ont montré plus de bonne volonté pour
discuter du partage du pétrole de l'Irak, la France a donné son appui à la
résolution de l'ONU et son feu vert à la préparation pour l'attaque contre
l'Irak. Chirac vient de donner l'ordre à l'armée française de se tenir prête à
attaquer l'Irak.
La couverture de l’ONU sert aux dirigeants traîtres du mouvement
ouvrier qui se congratulent dans le Forum Social Mondial à faire croire aux
travailleurs que l'ONU peut arrêter la guerre. Ainsi, les appareils du
mouvement ouvrier neutralisent les protestations contre la guerre dans les
illusions pacifistes et isolent l'aile anti-impérialiste.
Cependant, l'impérialisme américain, en tant que puissance hégémonique,
se donne le droit d’attaquer sans attendre l’autorisation finale de l'ONU et
prépare sans tarder la guerre terrible. En plus, l'impérialisme américain
menace d’autres pays de ce qu’il nomme « l’axe du mal », au premier
chef la Corée du Nord.
La guerre que les bouchers impérialistes préparent contre l'Irak
servirait à leurs yeux de leçon infligée à la révolution mondiale, et
particulièrement aux deux principales luttes de classe en cours : pour la
Palestine au Proche-Orient et pour l’Argentine en Amérique latine.
Avec l'offensive militaire contre-révolutionnaire en Palestine, les
puissances impérialistes et leur gendarme, l'État d’Israël et son armée,
essaient de transformer la défaite partielle de la lutte nationale de la classe
ouvrière et du peuple palestinien en une défaite décisive de la révolution
palestinienne. L’armée sioniste pratique le terrorisme contre les Palestiniens,
détruit leurs villes, bombarde les bâtiments de l'Autorité nationale de la
Palestine. Elles cherchent à écraser leur résistance pour imposer un véritable
apartheid, qui garantirait l'oppression et la double exploitation par la
bourgeoisie hébreu d’Israël mais également par les bourgeoisies arabes de la
Palestine, du Liban et de Jordanie.
Pourtant, des secteurs des bourgeoisies des centres impérialistes
craignent qu'une attaque sur l'Irak entraîne une riposte des masses du
Proche-Orient. En effet, celles-ci, exaspérées par la complicité de leurs gouvernements
avec les massacres d’Afghanistan et de Palestine, pourraient bien se tourner
contre leurs propres gouvernements et États bourgeois.
C'est pour cette raison que les bourgeoisies des États-Unis et de
France, alors qu'elles soutiennent leur agent sioniste, tentent malgré tout de
préserver Arafat et son équipe de l’OLP. L'impérialisme peut avoir besoin
d’eux, une fois la révolution brisée, pour maintenir l'ordre. D’autant que, si
de nouveaux soulèvements révolutionnaires et anti-impérialiste se produisent au
Proche-Orient à la suite d’une guerre contre l’Irak, elle aurait sans doute en
première ligne des millions du Palestinien de Jordanie et du Liban. Une telle
situation ranimerait alors la flamme de la révolution palestinienne qui couve
sous les cendres de Jénine, de Ramallah, de toutes les villages et villes
palestiniens dévastés.
Au delà du Proche-Orient, les bourgeoisies des pays dominants redoutent
qu'une nouvelle guerre contre l'Irak multiplie la haine et les luttes
anti-impérialiste de la classe ouvrière et des peuples exploités de tous les
pays dominés, dont ceux d'Amérique latine. Par dessus tout, ils craignent la
colère et le soulèvement de leur propre classe. En Europe, le prolétariat
montre des signes de combativité.
L’éclatement de la nouvelle guerre préparée par les puissances
impérialistes contre l'Irak aura des effets sur la confrontation en cours entre
la révolution et la contre-révolution en Palestine et tout le Proche-Orient, en
Argentine et dans toute l’Amérique latine. Si les impérialistes gagnent et si
les masses irakiennes sont défaites, ce sera un coup décisif porté à la classe
ouvrière et au peuple palestiniens, à toutes les masses du Proche-Orient. Ce
sera un affaiblissement pour la révolution argentine et le combat des masses en
Amérique latine, parce que les impérialistes en sortiront renforcés dans leur
prétention de recoloniser le continent.
Mais le destin de la classe ouvrière d’Amérique du Nord et d’Europe de
l’Ouest en sera aussi influencé. Si les bourgeoisies impérialistes écrasent la
population irakienne sans coup férir, elles seront en position d’approfondir
leur attaque contre la classe ouvrière des centres impérialistes. Les
prolétariats européens et nord-américains, n'ont pas été en mesure, ces
dernières années, d’intervenir de manière décisive en faveur leurs frères et
sœurs d’Irak, du Kosovo, d’Afghanistan, de Palestine. Ils ont été subordonnés
aux intérêts de leur bourgeoisie respective par l'aristocratie ouvrière, par
les bureaucraties de la confédération américaine AFL-CIO et des syndicats
européens, par les partis soi-disant communistes, sociaux-démocrates ou
travaillistes. Aujourd'hui, ces mêmes bureaucraties des syndicats et les partis
traîtres soutiennent l'ONU, qui camoufle la préparation de la nouvelle guerre
contre l'Irak.
D’ores et déjà, la classe ouvrière des puissances impérialistes a payé
un prix très lourd à la subordination à sa propre bourgeoisie. Aux États-Unis,
cette dernière lui a coûté plus d'un million de chômeurs, la réduction des
salaires, la précarité de l’emploi... En Espagne, en Italie, en France, en
Allemagne, etc. la politique de collaboration de classe des directions
actuelles a abouti à la mise en cause de tous les acquis, à la flexibilité
brutale du travail et à une offensive de privatisation.
Partout, sous le prétexte du terrorisme, les gouvernements bourgeois
ont rogné les libertés démocratiques. Aux États-Unis, après le 11 septembre
2001, l'AFL-CIO s’est ralliée à l’union nationale, à la « guerre contre le
terrorisme » de Bush. Elle a facilité ainsi les licenciements massifs, les
persécutions contre quiconque conteste la guerre ou fait grève, les
emprisonnements sans preuve et sans droit de se défendre de milliers de
travailleurs de religion musulmane ou d'origine arabe.
La classe ouvrière du monde entier doit se ranger aux côtés de la
nation irakienne attaquée, de la classe ouvrière et du peuple palestinien, de
la classe ouvrière d’Argentine, avec tous les pays menacés ou attaqués par
l'impérialisme : Aucune attaque contre l'Irak ! A bas la caverne de
brigands de l'ONU ! Pour la défaite militaire de l'impérialisme ! Pour la
victoire militaire de l'Irak ! Des armes pour l'Irak et pour la Palestine !
La meilleure issue pour les masses opprimées et la classe ouvrière
internationale serait de transformer l’agression contre la Palestine et l'Irak,
en une défaite infligée aux bellicistes des États-Unis et d'Europe du type de
celle de 1975 au Vietnam, qu’elle aboutisse à la disparition de Sharon et
d’Israël.
Tandis que Blair sonnait le clairon et déclenchait les préparatifs
militaires, plus de 250 000 personnes ont manifesté à Londres le 28
septembre 2002. Aux États-Unis, un certain nombre de syndicats locaux, parfois
à l’échelle nationale, ont commencé à prendre position contre la guerre malgré
la bureaucratie de l'AFL-CIO. Il y a eu 200 000 personnes dans les rues de
Washington et de San Francisco le 12 octobre. En Italie, le 9 novembre,
500 000 travailleurs et jeunes en formation ont défilé contre la guerre.
L’animosité des masses envers la nouvelle guerre impérialiste a
contraint les petit-bourgeois pacifistes et des fractions des bureaucraties du
mouvement ouvrier à essayer de canaliser la force de la classe ouvrière vers
des appels à leur propre gouvernement et vers des illusions dans l'ONU. A cette
étape, ces courants contrôlent les manifestations, avec l'aide des anarchistes
impuissants et des révisionnistes du programme de la Quatrième internationale.
Par exemple, les pseudo-trotskystes du SWP de Grande-Bretagne et de la LCR de
France ont publié une déclaration commune avec le résidu stalinien du PRC
d'Italie. Cet appel adressé aux « citoyens de l'Europe » et à
« leurs représentants » (donc Aznar, Blair, Chirac ou Berlusconi) explique :
« Les voix qui se solidarisent avec
le peuple irakien n’ont aucune chance d’être entendues par la Maison Blanche .
Mais nous avons encore la possibilité d'influencer les gouvernements européens…
" (Rouge, 19 septembre
2001).
Ces trahisons prouvent, une fois de plus, la nécessité impérieuse de
bâtir des partis ouvriers révolutionnaires, internationalistes et
léninistes-trotskystes, de construire le parti mondial de la révolution
socialiste.
Car la classe ouvrière de l'Amérique, de l'Europe et du Japon a la
capacité de paralyser la machine impérialiste de guerre, si elle brise
l’emprise de l'aristocratie ouvrière, des partis ouvriers traditionnels et des
bureaucraties des syndicats qui la soumettent à la bourgeoisie impérialiste.
Ainsi, le prolétariat pourra réaliser l'union de ses rangs, en commençant par
la solidarité avec les millions de travailleurs musulmans, ces immigrés ou
descendants d’immigrés arabes, berbères, turcs ou kurdes qui sont traités comme
des parias et sont surexploités en Amérique du Nord et en Europe. Ainsi, le
prolétariat uni se confrontera à son véritable ennemi, à sa propres
bourgeoisie, en paralysant la machine impérialiste de guerre impérialiste avec
les méthodes de la lutte de classe, par les grèves, la mobilisation de masse,
le boycott et le blocus, de sorte qu'aucun vaisseau de guerre, aucun avion ou
hélicoptère, qu’aucun soldat ne puisse attaquer l'Irak. Dans le même mouvement,
la classe ouvrière mobilisée s'assurerait que des armes, de la nourriture et
des médicaments parviennent aux ouvriers et aux peuples de l'Irak, aux ouvriers
et au peuple de la Palestine.
Les travailleurs des pays impérialistes doivent exiger de toutes les
organisations du mouvement ouvrier qu’elles se déclarent contre la guerre,
qu'elles cessent leur subordination à la bourgeoisie impérialiste et qu’elles
se mettent au service du combat anti-impérialiste aux côtés de leurs frères et
sœurs de classe, aux côtés des peuples des pays semi-menacés et attaqués. Pour
cette raison, les travailleurs d’avant-garde dénoncent le rôle de valets de
leur propre bourgeoisie et de l'ONU impérialiste que jouent les directions
travaillistes, social-démocrates ou staliniennes, dont l'expression extrême est
le va-t-en guerre Blair.
Les signataires de cette déclaration internationale appellent toutes
les organisations du mouvement ouvrier, tous ceux qui se réclament de
l’anti-impérialisme à faire leur les mots d’ordre de l’internationalisme :
L’ennemi est dans notre pays ! Boycott et paralysie des transports, des
télécommunications de la machines de guerre impérialiste ! Pour la défaite
de notre impérialisme sanglant et pour la victoire militaire de la nation
irakienne en cas d’attaque !
De la même manière, au Proche-Orient, l’expropriation par la
mobilisation révolutionnaire des ouvriers et des paysans de tous les propriétés
et intérêts des monopoles impérialistes serait l’arme la plus puissante et la
plus efficace pour infliger une défaite aux bouchers impérialistes.
En Amérique latine, deux batailles décisives sont en cours : en
Argentine et au Venezuela. Dans ce dernier pays, l'impérialisme américain tente
un nouveau coup, pour s’assurer les ressources en pétrole. La situation est
devenue extrêmement tendue, avec le lock-out qui dure depuis plusieurs semaines
et la manifestation de l'impuissance et de la poltronnerie de la bourgeoisie
nationale et de son représentant Chavez qui avait déjà accepté d’appliquer les
plans du FMI contre les masses. La seule issue favorable est que les ouvriers
et les masses exploitées créent des comités de travailleurs et de soldats pour
écraser le coup contre-révolutionnaire, les patrons et la direction
bureaucratique de la centrale syndicale CTV, pour prendre en main les puits de
pétrole et les raffineries.
En Argentine, la tâche est de sortir du statu quo dans lequel les
directions réformistes ont embourbé la révolution. Au premier chef, il faut
combattre pour ouvrir aux masses la voie du congrès national des travailleurs
salariés, des chômeurs et des assemblées populaires locales. Le congrès
national permettra de centraliser tous les organes d’auto-organisation, de
préparer et d’organiser un nouveau 20décembre qui renverse le gouvernement
Duhalde et toutes les institutions du régime détesté. La seule possibilité que
la révolution ne recule pas est d’avancer vers des organes de double pouvoir,
expression des masses armées, qui postulent au pouvoir.
Ce serait la meilleure manière pour la classe ouvrière d’Amérique
latine d’aider ses frères et sœurs de classe d'Irak, de Palestine et de tout le
Proche-Orient face à l'ennemi commun, les puissances impérialistes coalisées
par l'impérialisme des États-Unis. L’obstacle à surmonter en Amérique Latine
est la politique du stalinisme et du Forum Social Mondial. Il faut rompre la
soumission de la classe ouvrière aux alliances avec la bourgeoisie, briser les
fronts populaires contre-révolutionnaires comme celui de Lula et du patron
Alencar au Brésil. Tous les chefs « réformistes » et leurs
flancs-gardes (souvent des pseudo-trotskystes) essaient d’étrangler les luttes
révolutionnaires des masses en Amérique latine, de contenir les ondes de choc
des processus révolutionnaires de type de l'Argentine.
Par conséquent, l’avant-garde ouvrière doit se regrouper, c’est-à-dire
constituer de nouveaux partis, des partis révolutionnaires, pour se débarrasser
des laquais de l'impérialisme. De tels partis permettront d’instaurer un
gouvernement ouvrier et paysan, d’exproprier la bourgeoisie nationale et
impérialiste, d’avancer vers les États-Unis socialistes de l'Amérique du Sud.
Pour le prolétariat latino-américain, allié à ses frères et sœurs de classe des
pays impérialistes, le combat pour battre les impérialistes qui s’apprêtent à
dévaster l'Irak est une question de vie et mort.
L'attaque imminente sur l'Irak est conçue par l’impérialisme pour
parachever sa victoire en Afghanistan, pour infliger une nouvelle leçon à tous
ceux qui osent se lever contre l'impérialisme. Elle complètera les
emprisonnements massifs de travailleurs musulmans et d'origine arabe dans les
prisons des États-Unis ; la détention contraire à tous les traités des
prisonniers de guerre de la prison de Guantánamo, rescapés des massacres commis
par l'armée des États-Unis et par ses supplétif féodaux afghans ; les
tortures pratiquées par l’armée américaine, par les services secrets et par les
régimes complices (voir le Washington
Post).
L’État américain essaye de faire oublier que les réactionnaires cléricaux de toutes sortes et Ben Laden lui-même sont ses créatures. Les terroristes en chef, les meurtriers à grande échelle, les responsables des pires crimes contre les ouvriers et les peuples opprimés du monde entier sont les puissances impérialistes et, à leur tête, l'impérialisme américain.
Les travailleurs et les peuples opprimés du monde doivent infliger une
défaite aux bellicistes, du type du Vietnam en 1975. Mais aucune victoire ne
sera assurée avec Hussein, Arafat, ou les héritiers de Khomeyni. Car les
bourgeoisies nationales arabes ou iranienne marchandent généralement avec l'impérialisme
pour lui mendier une part de la rente pétrolière et de la plus-value issue de
l'exploitation de leur propre population laborieuse. Dès que la lutte des
masses menace leur hégémonie politique et leur propriété, elles passent
rapidement du côté des maîtres impérialistes. Elles préfèrent une défaite
nationale et le bombardement de leurs propres pays plutôt que voir le
soulèvement anti-impérialiste armé de la classe ouvrière et des paysans menacer
la propriété privée et les intérêts fondamentaux des groupes impérialistes.
Les marxistes, les révolutionnaires, les internationalistes ne sont pas
des pacifistes. Ils se situent clairement du côté de la nation opprimée
attaquée par l’impérialisme, pour sa victoire militaire et pour la défaite de
l'impérialisme. Une défaite militaire de l'Irak par les armées impérialistes
aboutirait à attacher ce pays opprimé à l'impérialisme, avec des chaînes
doubles ou triples. La défaite des fauteurs de guerre ne peut résulter que de
l’alliance de la classe ouvrière et des paysans pauvres de l'Irak, de l'Égypte,
de la Syrie et toutes les pays dominés du Proche-Orient, prenant en main la
conduite de la libération nationale, en alliance étroite avec leurs sœurs et
frères de classe des puissances impérialistes et de la planète entière.
Le prolétariat irakien commencera la guerre sous conduite bourgeoise
contre l'impérialisme, mais il ne doit donner aucun appui politique à Saddam
Hussein, ni à aucun autre représentant de la bourgeoisie irakienne. Grâce à son
indépendance politique, il combattra pour défaire le gouvernement bourgeois
incapable de mener la guerre contre l'impérialisme et pour la transformer en
révolution prolétarienne.
Les Kurdes et le Chiites d’Irak sont opprimés par le régime de Hussein.
Cependant, ils ne doivent pas s’aligner sur les puissances impérialistes. La
bourgeoisie américaine ne s’est jamais soucié des droits des peuples opprimés,
particulièrement ceux des Kurdes. L’avant-garde prolétarienne doit mettre à son
programme la laïcité, qui garantira l'égalité des droits des pratiquants de
toute religion ou de ceux qui n’en ont pas, et ainsi unir le prolétariat et
avancer le jour de son émancipation. Le prolétariat arabe de l'Irak doit
reconnaître les droits nationaux du peuple kurde, jusqu’au droit de se séparer,
afin d'unifier le prolétariat du pays contre l'impérialisme et contre la
bourgeoisie chauvine irakienne.
Le combat pour la défaite de l'impérialisme en Irak et dans le Proche-Orient, et pour la victoire de la révolution palestinienne, débouchera sur la Fédération des Républiques Socialistes de la région. Pour y parvenir, l'aide du prolétariat des pays impérialistes sera nécessaire.
Dans cette perspective internationaliste, les organisations
léninistes-trotskystes signataires de cette déclaration appellent invitent
toutes les organisations ouvrières et populaires, tous les partis ouvriers et
anti-impérialistes, à s’unir dans la plus large action anti-impérialiste, à
manifester, à appeler à la grève et à rassembler les organisations populaires
et ouvrières partout dans le monde pour lutter contre l'ennemi commun,
l'impérialisme, contre les régimes compradores et les gouvernements des pays
semi-coloniaux qui sont ses larbins, de telle sorte que les ouvriers et les
peuples opprimés puissent empêcher la nouvelle guerre de massacre et de
re-colonisation qui est préparée.
Les organisations léninistes-trotskystes qui ont signé cette
déclaration combattent pour cela au sein des syndicats et à l’intérieur de tous
les organismes de combat des masses. Les travailleurs sont en droit d’exiger
que toutes les organisations, qui parlent au nom de la classe ouvrière ou des
paysans pauvres, rompent avec l'impérialisme et l'État bourgeois, qu’elles se
mettent au service du combat anti-impérialiste. De cette façon, les masses
unifieront leurs rangs, de sorte qu’elles surmontent, par leur mobilisation,
les obstacles que les bureaucraties déloyales et corrompues mettent sur leur chemin.
Manifestons en soutien à nos frères et sœurs irakiens et
palestiniens ! Pour la défaite militaire de l’impérialisme américain et de
tous puissances impérialistes ! Pour la victoire militaire de la nation
irakienne en cas d’agression ! Des armes pour l'Irak et pour la
Palestine ! Pour la défaite militaire de l'armée de Sharon et de Bush !
Pour la destruction de l'État sioniste d’Israël, gendarme de l'impérialisme au
Proche-Orient ! États-Unis et impérialismes européens hors d’Afghanistan
et de toute l’Asie, hors d’Afrique, hors de Cuba, de Colombie et de toute
l’Amérique latine ! Bas les pattes devant la Corée du Nord !
A bas le FMI ! A bas Duhalde et tous les gouvernements laquais des
États-Unis et du FMI ! A bas tous les gouvernements impérialistes, les
régimes meurtriers des peuples opprimés du monde !
Pour répondre à l'agression et à la guerre impérialiste, pour en
extirper définitivement, les causes il faut la révolution socialiste, il faut
les dictatures révolutionnaires du prolétariat, il faut en finir avec le
capitalisme putréfié.
L'Irak, la Palestine et l'Argentine, avec la classe ouvrière des pays impérialistes, mèneront la révolution prolétarienne qui détruira les puissances impérialistes, car le mot d’ordre du prolétariat mondial est :
Pour que la classe ouvrière et exploités du monde puissent vivre,
l'impérialisme doit périr !
Le 17 janvier 2003
ü
Communist Workers Group (Nouvelle Zélande)
ü Groupe Bolchevik pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l'Internationale ouvrière révolutionnaire (France)
ü
Grupo Obrero Internacionalista - Cuarta Internacional (Chili)
ü
Liga Obrera Internacionalista - Democracia Obrera (Argentine)
ü
Lucha Marxista (Pérou)