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Révolution Socialiste n°15

 

Retrait immédiat de toutes les troupes françaises de Côte d’Ivoire !

 

 

L’armée française a détruit le 6 novembre l’armée de l’air de la Côte d’Ivoire. Le même jour, elle a pris le contrôle de l’aéroport de sa capitale. Elle a réprimé les manifestations populaires contre ces actes colonialistes, déclenchant du même coup les émeutes du 7 novembre contre les beaux quartiers peuplés d’Européens.

La bourgeoisie française et son Etat, responsables du sous-développement et des violences

 

L’armée française a moins de mercenaires professionnels et d’armements que l’armée américaine, qui sévit en Irak. Mais elle n’a rien à lui envier en termes de brutalités envers les civils, de méfaits et de tortures. La bourgeoisie française est inférieure par sa taille, donc par ses moyens diplomatiques et militaires, à sa rivale américaine, mais pas en tradition de pillage, de domination et de colonialisme. En bref, l’Etat français fait partie du club des puissances impérialistes qui se disputent la planète.

Au 19e siècle, l’armée française a colonisé une bonne partie de l’Afrique, par la violence la plus ignoble, ouvrant la voie au pillage de la bourgeoisie française, qui avait, les siècles précédents, trafiqué par millions les esclaves arrachés au continent. La Côte d’Ivoire n’a toujours pas échappé à la domination française, malgré son indépendance formelle en 1960, car il aurait fallu pour cela une révolution, la prise du pouvoir par les travailleurs de la Côte d’Ivoire et des pays voisins. Les atouts de la Côte d’Ivoire (cacao, coton, café, pêche, port, voies ferrées) profitent surtout aux étrangers, spécialement aux capitalistes français. Cette région de l’Afrique de l’Ouest et du Golfe de Guinée se révèle de plus en plus riche en pétrole et en gaz, que se disputent les impérialismes français et américain.

Aujourd’hui, l’impérialisme français intervient en Côte d’Ivoire pour maintenir les conditions de l’exploitation capitaliste et pour contrer l’influence grandissante de son rival américain. Plus du quart du capital social des entreprises ivoiriennes est détenu par des entreprises françaises. Les grands groupes capitalistes français (Total, Alcatel, Bolloré, Bouygues, France Télécom, Société Générale, Saupiquet….) contrôlent largement le crédit, le bâtiment, le négoce des produits agricoles, le téléphone, le transport ferroviaire, les raffineries, l’eau, etc. Pour garantir leurs profits en Afrique, l’Etat français y entretient 10 000 militaires en permanence.

Tous les gouvernements français ont admis les emprisonnements et les exécutions, la corruption du régime de Houphouët-Boigny et de Gbagbo, incarnations politiques de la bourgeoisie compradore chrétienne du sud du pays. Ils en sont parfois les conseillers directs. La “ politique africaine ” menée par De Gaulle et Foccart, Chirac et Pasqua, Mitterrand père et fils, a provoqué un génocide contre les Tutsis au Rwanda en 1994.

Devant le déchaînement de la violence militaire et coloniale, sur ordre de Chirac en personne, les partis issus de la classe ouvrière se sont comportés comme des larbins du président et de l’armée :

Je voudrais dire l’émotion du Parti socialiste et notre totale solidarité avec les forces françaises en mission… Nous demandons à ce que les groupes parlementaires soient tenus informés… (Julien Dray, porte-parole du PS, 8 novembre).

Parce que le sang a coulé en Côte d’ivoire, provoquant des drames humains inacceptables dans nos deux pays et la mort de soldats français… permettez-moi de vous demander la réunion d’urgence de l’Assemblée nationale… et débattre des initiatives que la France doit prendre… (Marie-George Buffet, secrétaire du PCF, au Premier ministre, 7 novembre)

Les chefs réformistes refusent d’exiger le retrait des troupes. Au contraire, ils s’associent aux cérémonies d’union nationale organisées par Chirac, Raffarin et Alliot-Marie à l’occasion du retour des corps de 9 militaires. Ils approuvent l’envoi de renforts. Ils réclament d’être associés plus étroitement à la politique de Chirac. Il faut dire que le PCF s’est, depuis 1934, rallié au patriotisme auquel le PS avait succombé dès 1914. Devenus sociaux-chauvins, ces partis ont renié toute lutte anti-militariste et anti-colonialiste. Le président Gbagbo est membre de l’Internationale “ socialiste ”. De la même manière qu’ils trahissent en France, en appelant à voter Chirac en mai 2002 ou en soutenant la nécessité de “ réformes ” contre les acquis sociaux, les partis réformistes et les directions syndicales se retrouvent aux côtés des capitalistes français et de l’armée impérialiste contre les travailleurs et la jeunesse de la Côte d’Ivoire.

Assez d’union nationale ! Impérialisme français, bas les pattes devant la Côte d’ivoire !

 

Ceux qui écrasent le peuple ivoirien sont les mêmes qui nous exploitent et qui nous répriment, qui privatisent les services publics et qui étranglent le droit à la santé, à l’instruction, à une retraite décente. L’ennemi est dans notre pays. L’échec de l’intervention coloniale en Côte d’Ivoire face à la mobilisation populaire serait un encouragement pour les travailleurs du monde entier, y compris pour la classe ouvrière française.

 

Retrait immédiat de toutes les troupes françaises de Côte d’Ivoire ! Aucune intervention militaire de l’ONU ! Fermeture de toutes les bases militaires françaises d’Afrique ! Retrait immédiat des troupes françaises de Haïti et d’Afghanistan !

 

Manifestation de toutes les organisations ouvrières, partis (PCF, PS, LCR, LO) et syndicats, pour le retrait des troupes coloniales, pour l’annulation de la dette, contre le gouvernement Chirac-Barnier-Alliot-Marie ! Leur responsabilité est d’organiser des grèves et des blocages (dans les ports, les aéroports, les télécommunications…) pour empêcher l’intervention impérialiste !

Le 14 novembre 2004