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De : Collectif Révolution Permanente
Pour : ITC Grande-Bretagne
Date : 20 juin 2009
Copie : GKK (Autriche), LSI (Argentine, Brésil), MpI (État espagnol)
Objet : Relations entre ITC & Collectif
Chers
camarades,
Nous
avons appris votre apparition par l’intermédiaire du Groupe Bolchevik (France).
Le
Collectif Révolution Permanente est issu d’un regroupement international
constitué à partir de rencontres au congrès de 2002 de la LOI (Argentine) et
que celle-ci a tenté de détruire en 2003, en prétendant, sans aucun changement
d’orientation de ses anciens partenaires, que les groupes péruvien, français,
bolivien et espagnol du Collectif étaient devenus soudain « polpistes »,
« aristocrates ouvriers », « partisans de la voie pacifiste au
socialisme », etc.
En se débarrassant
du Collectif, trop indépendant et trop critique, la direction de la LOI a eu
les mains libres pour revenir à son utopie, la « reconstruction de la 4e
Internationale » (qui exprime en fait son incapacité à tirer le bilan
politique la variante moréniste du pablisme et sa filiation avec le
révisionnisme de la LIT et l’opportunisme du MAS, jamais combattus du vivant de
Moreno par les actuels dirigeants du PTS et de la LOI), sa perspective de
« nouveaux Zimmerwald » (condamnée explicitement par la 4e
Internationale du vivant de Trotsky et qui correspond au plan international à la
« half way house » que vous dénoncez au plan national dans le point
10 de votre plateforme), pour camoufler son oscillation entre le spontanéisme
et l’opportunisme par une rhétorique de type « troisième période », pour
remplacer les analyses concrètes par des inventions délirantes et des slogans qu’elle
se garde le plus souvent d’appliquer en Argentine.
Un
bilan détaillé de sa pratique à l’épreuve de la poussée révolutionnaires en
2003-2004 en Bolivie a été tiré par des militants de la LOI (ER,
Clase,
partido y dirección en la revolución boliviana, 2004 ; A propósito de la revolución boliviana y el
rol del partido revolucionario ante la insurrección y la toma del poder, 2006). À cette orientation correspondent des mœurs déplorables, dont
vous avez un aperçu à travers la circulaire de Munzer à la FLT.
Actuellement,
le Collectif est limité à des militants en France (le GB, dont vous avez
rencontré des militants à l’occasion de votre présence à la Fête de LO), au
Pérou (qui publient des feuilles « Lucha Marxista » et qui
interviennent dans le groupe TC) et en Autriche (qui construisent le GKK). Il a
discuté, sans résultat, avec la TBI. La scission de la L5I n’a jamais donné
suite à notre proposition de rencontre. Le Collectif examine présentement les
possibilités de rapprochement avec la LSI composée de la LOI (Brésil) et du PRS
(Argentine).
Quoiqu’il
en soit, il a permis à des éléments venus de traditions différentes (LICR-CEMICOR
et CI-CORQI) d’élaborer et d’intervenir ensemble depuis plus de 5 ans, comme ne
témoignent les documents suivants :
•
Charte
du Collectif (2004),
•
Manifeste
pour les États-Unis socialistes d’Europe, 2005
•
Déclaration
pour la révolution socialiste en Bolivie, 2005
•
Déclaration
pour la libération de l’Irak et de l’Afghanistan, 2005
•
Déclaration
contre l’invasion du Liban, 2006
•
Lettre
au GRA (Autriche), 2006
•
Déclaration
pour la révolution socialiste au Mexique, 2007
•
Adresse
du 1er mai, 2007
•
Adresse
du 1er mai, 2008
•
Thèses
sur la Chine, 2008
•
Déclaration
de soutien au peuple palestinien, 2009
•
Adresse
du 1er mai, 2009
Le
Collectif apprécie hautement votre première apparition publique sous la forme
d’une position aussi claire que ferme contre une manifestation de chauvinisme, à
savoir les grèves contre l’embauche de travailleurs étrangers, encouragées non
seulement par la classe dominante (dont l’idéologie est ordinairement dominante,
y compris dans la classe ouvrière) et la démagogie de son aile fascisante, mais
par le rôle des bureaucraties ouvrières, flanquées depuis des décennies par les
épigones de la 4e Internationale. La direction de la confédération
syndicale et les appareils des syndicats, le parti réformiste traditionnel et
l’ancien parti stalinien ont saboté à plusieurs reprises les luttes de classe
remarquables du prolétariat britannique, ont gouverné au compte de la
bourgeoisie, ont éduqué durant des décennies les travailleurs britanniques dans
le social-impérialisme et le social-chauvinisme.
Dans un
contexte qui reste marqué par des défaites sérieuses du prolétariat mondial et
par la dégénérescence inouïe du mouvement ouvrier, emportant les organisations
significatives issues de la liquidation de la 4e Internationale, votre
plateforme apparaît prometteuse. Cependant, nous émettons des réserves dont voici
les principales :
•
Le
point 4 ne mentionne pas explicitement la nécessité de détruire l’appareil
d’État bourgeois.
•
Le
point 7 est incomplet et ne précise pas que les nationalisations des banques doivent
être sans indemnité.
•
Le
point 10 n’explique pas qu’il est nécessaire de bâtir un parti ouvrier
révolutionnaire, délimité du réformisme et du centrisme.
•
Le
point 15 omet l’exigence du retrait immédiat des troupes de votre impérialisme
d’Irak et d’Afghanistan.
•
Le
point 18, part des mœurs inadmissibles des prétendus « groupes
trotskystes », inversant la méthode communiste qui part de l’orientation
pour comprendre le fonctionnement.
•
Le
point 19 est encore moins matérialiste, puisque il fixe à l’ITC l’objectif de reconstruire
une organisation qui a été détruite voici bientôt 60 ans, sans pouvoir vous
appuyer sur une fraction internationale qui en aurait défendu la continuité, ni
même l’existence d’une section qui aurait survécu à la destruction de
l’internationale par sa propre direction.
•
Le
même point 19 explique que la majorité des forces qui se réclament du
trotskysme sont centristes, mais tendent à rester fidèles au Programme de transition. Il s’agit bien
d’un centrisme, mais d’un centrisme réactionnaire, qui va du communisme au
réformisme (et non du réformisme au communisme). En effet, ces courants sont issus
de la liquidation de la 4e Internationale et de la révision de son
programme. Ils n’utilisent telle ou telle formule orthodoxe ou radicale que pour
mieux tromper leurs militants et les travailleurs d’avant-garde, pour camoufler
leur alignement sur des forces non prolétariennes.
Nous
regrettons que vous n’ayez pas répondu à la proposition, faite par le GB avec
l’assentiment du Collectif, de l’élaboration d’une position internationale des
groupes communistes du continent à l’occasion des élections au Parlement européen.
Nous jugeons utile une discussion méthodique et sérieuse entre votre groupe et
notre courant international. Une rencontre avec les membres européens du bureau
du Collectif, à l’occasion des Journées d’études du GB début juillet, pourrait
permettre d’en définir les modalités.
Avec
notre salut internationaliste,
Le bureau politique du CoreP