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13 juillet 2007

Chers camarades du Grupo Germinal,

Vous avez décidé de rendre publique la rupture du Grupo Germinal avec le Collectif, sans indication de vote et sans avoir essayé d’en discuter préalablement avec ceux qui ont travaillé quatre ans avec vous à l’échelle internationale, dans les termes suivants.

1.  les « défauts de fonctionnement » du BP sont si « insurmontables » que le Collectif  est une « coquille vide, qui n’ajoute rien à la somme de ses composantes actuelles » ;

2. le manque de réponse à deux lettres du 27 février, dont l’une qui « expliquait que notre groupe considérait comme incompatible la position défendue alors par la majorité du BP » ;

3. ce silence de 4 mois contrasterait avec l’intérêt manifesté par le Collectif pour des « groupes de tout poil », « incluant la TBI qui se distingue par son intérêt à justifier le brutal coup anti-ouvrier de Jaruzelski en Pologne en 1981 » ;

4. le vœu pieux : « nous voulons établir de nouvelles bases organisationnelles ».

Ces quelques lignes manifestent l’irresponsabilité de la « réunion plénière », tenue sans avoir invité aucun membre du Collectif.

 

Qui a décidé de discuter avec la TBI ?

 

Le Collectif est-il en mesure de refuser la discussion avec ceux qui la demandent ?

Devant la décomposition du « mouvement trotskyste » qui a entraîné dans l’opportunisme, le révisionnisme et la liquidation toutes les sections, toutes les tendances issues de feue la 4e Internationale, le GG aura du mal à trouver un courant au passé irréprochable.

Tout effort de construction international n’est pas couronné de succès, mais est-ce différent à l’échelle nationale ? Il n’y a guère d’autre chemin pour rassembler ceux qui amorcent des ruptures avec le révisionnisme, le foquisme, etc., les aider à évoluer, nous enrichir nous-mêmes et réussirons des fusions. Au pire, la confrontation avec une organisation qui resterait prisonnière de son passé et de la pression actuelle de la bourgeoisie permet d’éclairer l’avant-garde qui est confrontée à une dispersion sans précédent du mouvement ouvrier et de préciser nos propres vues.

Dans le cas de la TBI, la décision a été prise lors de la 5e conférence du GB par le BP élargi comprenant deux membres du GG. La délégation du GG n’ignorait certainement pas l’origine de la TBI. D’une part, parce qu’elle n’était pas composée de débutants ; d’autre part, parce que la CC du GB avait envoyé au BP, en juin 2006, un rapport où l’on pouvait lire :

La TBI a défendu l’URSS et défend les Etats ouvriers qui subsistent. Elle a eu une position correcte sur l’Irak. La TBI est très marquée par l’héritage de la LCI, dont elle prétend qu’elle est la seule continuité de la 4e Internationale […]. La TBI défend le droit à un Etat juif en Palestine. Elle a approuvé la répression du syndicat Solidarité par Jaruzelski en Pologne en 1981. Elle se prononce pour la « renaissance de la 4e internationale ». Elle refuse en fait de voter pour les partis réformistes. La TBI a soutenu le Non pour les référendums sur le projet de traité constitutionnel de l’UE…

Non seulement les camarades Carolina Monfort et Ernest Blanc ont approuvé le principe d’une discussion avec la TBI, mais ils ont aussi donné leur accord aux trois thèmes que le BP élargi a proposés à la délégation de ce courant : rôle de l’ex-bureaucratie stalinienne, derniers événements importants de la lutte de classes mondiale, perspective d’internationale ouvrière. Lors de la réunion élargie du BP qui a suivi, les camarades du GG n’ont pas demandé l’annulation de cette décision commune.

Depuis, sans concession au révisionnisme robertsoniste, le GB a publié une étude approfondie de la révolution politique de 1956 contre la bureaucratie stalinienne et de la restauration du capitalisme par cette même bureaucratie en Hongrie. Par contre, le GG est la seule composante du Collectif à diffuser des positions contraires aux documents élaborés en commun par le Collectif : le dernier numéro de votre revue comportait plusieurs articles qu’on aurait cru rédigés par la LOI ou le POR (Germinal n° 7, mars 2006).

Quand il a fallu appliquer la décision du BP élargi et rencontrer la TBI sur le premier thème, Sergio Bravo (CRPP) et Elido (GB) ont contribué à la préparation, sous forme de notes envoyées au BP sur la révolution politique en Pologne. Sauf erreur, rien ni personne n’est venu de Valence.

À aucun moment, le représentant du GG au BP n’a proposé de mettre fin à une relation avec un quelconque des courants politiques qui ont demandé à un moment ou à un autre une discussion avec le Collectif : CR France, PO Bolivie, GRA Autriche, LRP Etats-Unis, LST Argentine, TBI, PRS-LCO Argentine, MI Allemagne.

 

Aucune analyse sérieuse des difficultés de fonctionnement du Collectif

 

Le GG tire un bilan du BP comme s’il était totalement extérieur aux « défauts de fonctionnement » et n’était pour rien dans leur caractère « insurmontable ».

Le Collectif a été maintenu par PO Bolivie, LM Pérou et le GB France lors de la réunion de La Paz d’avril 2004. Depuis août 2004, le BP a été l’organe de coordination du Collectif Révolution Permanente. Sa composition et son fonctionnement étaient tributaires de l’étape du regroupement international des bolcheviks-léninistes et de la taille de ses composantes. En particulier, ses membres n’avaient pas de local, ne comportaient pas de permanent/e et ne pouvaient pas se réunir fréquemment, vu leur dispersion géographique.

Le Collectif avait un fonctionnement souple et consensuel. Sur la base des deux premières années d’expérience commune, le membre de l’Etat espagnol avait même proposé davantage de centralisme démocratique. Puis il a fait volte-face en mai 2006, au moment où il adoptait une attitude systématiquement agressive envers le représentant du Pérou, d’autant plus destructive qu’elle n’avait aucune base politique. Tous les autres membres du BP ont alors fraternellement prévenu le camarade Ernest qu’il n’en sortirait rien de bon. La rupture d’aujourd’hui du GG prouve qu’ils avaient raison. Malgré ces multiples avertissements sur le danger que son attitude faisait courir au BP, au Collectif et au GG, Ernest Blanc a étendu son hostilité aux autres membres du BP dès lors qu’ils refusaient de le suivre dans cette voie irresponsable.

Lors de la dernière réunion élargie du BP, le camarade Sergio Bravo a donc proposé sa démission du BP. Les camarades Carolina Monfort et Ernest Blanc l’ont refusée. À l’époque, les camarades du GG prétendaient détenir la solution aux problèmes du BP. La camarade Carolina déclara :

La crise politique du BP vient de l’insuffisance de normes claires. Le conflit vient de là.

C’était le 30 octobre 2006 : la « crise » ne date donc pas de quatre mois… La délégation du GG fit la proposition de formaliser le fédéralisme, en insérant la règle de l’unanimité dans le règlement provisoire, ce qui lui a été accordé. Evidemment, la modification statutaire n’a rien changé. Quand Ernest Blanc est revenu au BP, il a renoué avec son attitude négative.

Tous les participants au BP ont toujours manifesté des faiblesses. Néanmoins, certains « défauts de fonctionnement » étaient parfaitement évitables. Par exemple, le représentant du GG au BP n’a jamais eu le moindre mot au moment de l’exclusion (pour incompatibilité d’humeur !) des sympathisants du Collectif du GRA Autriche. Par exemple, le GG n’a jamais répondu (que ce soit pour dire oui ou non), à la proposition répétée 3 fois de rédiger pour le Collectif une étude sur la révolution espagnole de 1936-1937. Par exemple, le GG a traduit en espagnol le projet en français de déclaration internationale du 1er mai soumis au BP, à son propre usage en Espagne, mais sans communiquer la traduction au camarade du BP qui parle espagnol et pas français.

 

Aucun bilan sérieux des années de travail politique réalisé en commun

 

Le Collectif Révolution Permanente est un regroupement qui a réussi à surmonter la tentative de destruction par sa principale composante, la LOI Argentine, après avoir calomnié et tenté de liquider LM Pérou, trop indépendant à ses yeux, et avoir dénoncé le GB qui refusait de la suivre dans cette voie.

Malgré tout, le CoReP a élaboré une série de documents sur l’invasion et l’occupation impérialiste de l’Irak, sur la crise révolutionnaire en Bolivie, sur la contre-révolution en Palestine, sur le terrorisme islamiste, sur l’Union européenne et la division de l’Europe, sur le double pouvoir à Oaxaca au Mexique… Cette élaboration, aussi insuffisante qu’elle soit, a attiré des éléments de Grèce, d’Autriche et du Canada, ainsi que l’attention d’un certain nombre d’organisations et courants. Après avoir répondu avec sérieux aux questions du GRA au Collectif, le BP a envoyé deux fois un représentant en Autriche pour rencontrer les militants du GRA et de DNK.

Quels que soient le résultat et l’avenir de ces relations, le groupe de Valence aurait-il su élaborer ces documents à lui seul ? Aurait-il attiré, à lui tout seul, autant d’intérêt international ?

Il suffit de comparer le projet de déclaration pour le premier mai 2007 envoyé au camarade Ernest Blanc au texte distribué par le Grupo Germinal le 1er mai à Valence, signé de son seul nom et sans référence aucune au Collectif, pour voir que le GG trouvait, voici quelques semaines, à se nourrir dans la « coquille » du Collectif qu’il proclame « vide » depuis longtemps…

 

Mais où est passée « la position incompatible » ?

 

Deux lettres du 17 septembre 2006 du Groupe Bolchevik sont restées sans réponse durant 5 mois. Le GB n’a pas rompu pour autant avec vous. Si le GG avait voulu vraiment discuter de l’orientation politique du Collectif, il l’aurait fait savoir au BP à plusieurs reprises depuis quatre mois.

Si les divergences politiques étaient si graves, la lettre de rupture serait centrée sur celles-ci. Le GG n’y énonce même pas ce qu’est la prétendue « position incompatible ».

La lettre du GG laisse croire que les problèmes politiques ne sont pas discutés au sein du BP. Il serait aisé de publier des documents qui prouvent que, lors de la discussion du projet de résolution Mexique rédigé par la camarade Carolina, Valentina Cohen a demandé que la révolution permanente soit explicitement mentionnée dans ce long texte et que Sergio Bravo a proposé des amendements sur 3 points :

le mot d’ordre de l’autodéfense, de l’armement,

la nécessité d’un parti y compris pour que les formes soviétiques puissent s’épanouir et postuler au pouvoir,

la formulation « gouvernement ouvrier et populaire » pour que la classe ouvrière réalise une alliance non seulement avec les paysans mais avec les travailleurs non prolétariens des villes, de plus en plus nombreux.

Les deux autres membres du BP ont approuvé toutes ces idées, sans reprendre forcément à leur compte les formulations de Sergio Bravo. Carolina Monfort a refusé les deux derniers amendements de Sergio. Fidèle à sa conception fédéraliste du travail international, Carolina a annoncé que si la majorité de trois membres sur quatre du BP ne cédait pas, le GG s’adresserait directement au GRA pour lui proposer sa version du texte Mexique. Dans des notes marginales le 4 février, la camarade a écrit la phrase suivante :

Où va Valentina en couvrant et en étendant les formules front populistes ?

Où allait Valentina ? En Autriche, pour le  congrès de fusion du GRA et de DNK. Malgré la demande du BP, le GG n’y a envoyé personne. Les 13 et 14 février, Valentina Cohen a défendu à Vienne la stratégie de révolution permanente du Collectif, et en particulier d’alliance du prolétariat avec la paysannerie pauvre et les travailleurs des villes contre le front populaire et sa variante des pays retardés, le front unique anti-impérialiste. Il a convaincu une partie des militants présents, alors qu’ils viennent de la tradition LICR/L5I qui défend, comme Pablo, Lambert, Lora et Moreno, le FUAI.

 

N’y a-t-il eu aucune réponse aux accusations de front populisme ?

 

Quant au « silence » sur les arguments du GG, il est plutôt exagéré. Sergio Bravo a envoyé une note d’une page adressé au BP, le 6 février, deux jours après l’envoi du commentaire de Carolina. Valentina Cohen a aussi a répondu, dans une note de 3 pages, envoyée au BP le même jour.

Le GB a traduit en français les deux lettres du GG du 27 février pour les publier dans son bulletin intérieur afin que tous les militants puissent en prendre connaissance. Après avoir lu les notes de Carolina, Mehdi Silt a préparé une contribution pour le bulletin intérieur du GB, dont la première mouture a été envoyée à la CC du GB le 23 février.

Le Groupe bolchevik invite systématiquement les membres du Collectif à ses conférences, où ils peuvent prendre librement la parole et faire des propositions. Le Grupo Germinal n’a jamais prévenu de ses réunions plénières.

Une discussion qui a été peu traitée est la conception du front unique du GG qu’illustrent ses amendements au projet de déclaration du 1er mai du Collectif :

Pour en sortir, les directions des organisations ouvrières-bourgeoises de tous les pays les pays doivent rompre avec leur bourgeoisie et s’orienter vers son renversement

Si les directions bureaucratiques des organisations ouvrières traditionnelles rompent avec la bourgeoisie et réalisent l’unité de lutte de classe contre classe.

La responsabilité des défaites incombe aux directions, mais les victoires viennent du mouvement du prolétariat. Le premier amendement devait, selon Ernest Blanc, devenir le titre de la déclaration du Collectif. Le rapporteur l’a refusé en expliquant :

L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. Le titre du GG voudrait dire : l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre…. des directions. À quoi bon un POR/une IOR si les directions sont capables non seulement de rompre avec la bourgeoisie, mais en plus de la renverser ?

S’il était vrai que CRP Pérou, le GB France et DNK Autriche avaient une ligne de front populaire, cela se verrait dans leurs déclarations et leurs journaux. Surtout, les cadres du GG auraient dû mener une lutte intense à l’intérieur du Collectif, alors qu’ils ont maintenu, eux-mêmes, un curieux « silence » durant quatre mois sur la prétendue « position incompatible ».

 

Pour une discussion politique méthodique, contre toute rupture internationale prématurée

 

Si le GG maintient sa décision de quitter non seulement le BP, mais le Collectif, il conviendra de régler le fonctionnement du site du CoReP (comme le GG l’a indiqué dans un courriel) et le transfert des fonds du Collectif qu’il détient.

Cependant, comment peut-on dire qu’il faut améliorer le fonctionnement d’une organisation… en la quittant ?

La solution positive est, sur la base des quatre ans de travail commun, la recherche d’un accord programmatique qui permette une conférence internationale. Celle-ci adoptera une plateforme internationale et élira une direction.

Par conséquent, nous vous proposons de suspendre votre décision et de vous intégrer avec vos camarades du Pérou, de France et d’Autriche, à la perspective décrite dans la lettre du 27 juin adressée au PRS-LCO Argentine :

Le CoReP fonctionne depuis sa constitution de manière fédérative, étant donné que ce sera notre travail de rédaction d’une plate-forme internationale et l'adoption de celle-ci qui nous permettront de couronner le processus d'unification par le centralisme démocratique.

Dans l’immédiat, nous pourrions ouvrir une discussion sur les trois points en controverse :

1.  La nature des directions traditionnelles et la tactique de front unique ouvrier pour détruire leur influence,

2. Les organes soviétiques et leur capacité à postuler au pouvoir grâce à une fraction révolutionnaire,

3. Les alliances de classe et les mots d’ordre de gouvernement qui en découlent.

Avec notre salut internationaliste,

Sergio Bravo, Valentina Cohen, Paul Mazurka