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À partir du 27 décembre 2008 jusqu’au 21 janvier 2009, un terrorisme d’État s’est déchaîné contre les habitants de la bande de Gaza qui vivaient déjà, pour la plupart, une existence précaire. Le 3 janvier, les chars et les troupes israéliennes sont entrés dans la bande de Gaza, après huit jours de bombardements intenses, terrestres, aériens et maritimes, sur un petit territoire où sont enfermé un million et demi de personnes. Pour empêcher les témoignages sur ses actes ignobles, l’armée israélienne a interdit aux journalistes et aux diplomates d’entrer à Gaza. Le 15 janvier, elle a même bombardé l’immeuble abritant les bureaux de plusieurs médias dont l'agence Reuters, les télévisions Fox, Sky, Al-Arabiya et MBC.
Sous le prétexte de tirs de roquettes artisanales, une armée suréquipée a envahi une fois de plus les « Territoires palestiniens », détruisant une grande partie des entreprises et les infrastructures : tous les locaux administratifs et aussi une université, des écoles, des routes, une clinique… Elle aurait tué 1 000 Palestiniens et en aurait blessé plus de 4 500. Parmi les victimes, 75 % étaient des civils et plus de 20 % des enfants. L’armée sioniste a bombardé plusieurs hôpitaux, ainsi que des mosquées, le bâtiment de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (15 janvier), une école de l’ONU (6 janvier) et un convoi d’aide alimentaire de l’ONU (9 janvier). Le message d’Israël est que les Palestiniens ne peuvent bénéficier d’aucune protection et n’ont aucun espoir d’échapper à la barbarie.
Le gouvernement sioniste, posant à la victime, a justifié son attaque du fait de l’action de miliciens de Gaza qui envoyaient des roquettes de fabrication artisanales (de faible portée et à pouvoir destructif réduit) vers Israël. Il dissimule que l'armée sioniste intervient tous les jours dans les villes de Cisjordanie, qu'une incursion à Gaza s'était déjà produite le 5 novembre 2008 en violation du cessez le feu qu’il avait conclu. Il cache que, le 19 décembre, le Hamas, le parti palestinien qui dirige la bande de Gaza, avait proposé de prolonger la trêve pour une durée illimitée en contrepartie de la levée du blocus criminel de la bande de Gaza, où vit entassé un million et demi de personnes, comme dans une prison à ciel ouvert. La responsabilité du lancement des roquettes repose avant tout sur la bourgeoisie israélienne, son gouvernement oppresseur et son armée barbare.
La réalité est que cette attaque brutale était la poursuite de l’offensive engagée contre le peuple palestinien de Gaza depuis le 28 février 1955 et qu'elle visait à liquider toute résistance envers l'occupation sioniste du territoire palestinien. Selon la presse israélienne, elle avait été soigneusement préparée durant plus de 6 mois :
Une longue préparation, une récolte soigneuse des
informations, des débats secrets, une fraude efficace et une information
destinée à tromper le public – c’est tout cela qu’il y a derrière l'opération
Plomb fondu menée par les forces de défense israéliennes (IDF) contre les
objectifs de Hamas dans la bande de Gaza … (Haaretz, 11 janvier 2009)
Pour préparer son nouveau massacre, Israël avait accentué son blocus avec la complicité du gouvernement Moubarak d’Égypte, qui a fermé totalement sa frontière à Rafah. Le gouvernement de coalition israélien dirigé par Olmert, un personnage convaincu de corruption, a opéré avec l'appui explicite de l'administration Bush et implicite d'Obama, selon une entrevue accordée par son conseiller tandis que le futur Président jouait au golf à Hawaï :
Eh bien, il est certain que le Président élu est conscient
qu'il existe une relation particulière entre l'Israël et les États-Unis. C’est
un lien important, une relation importante. Et il entend en tenir compte… Il
est clair que cette situation s’est compliquée ces deux derniers jours, voire
ces dernières semaines. Comme le Hamas a repris les lancements de roquettes,
Israël a répondu. (David Axelrod, CBS, 28 décembre 2008)
Depuis qu’Obama a gagné les élections, il n'a cessé de prononcer des discours en tant que « président élu » en essayant d’influencer les décisions du gouvernement sortant de Bush, mais devant le massacre sioniste du peuple palestinien, il s’est tu avec pour argument que les États-Unis devaient parler d’une seule voix, celle de leur président. Obama a immédiatement nommé Ramh Emanuel comme chef de cabinet, ce qui a été salué par les médias israéliens. Emanuel, fils d'un membre de l'organisation sioniste terroriste Irgun, a toujours été un partisan de la guerre contre l'Irak. Pendant son voyage pré-électoral en Israël, Obama avait pratiquement donné le feu vert à ces attaques en déclarant :
Si quelqu'un dirigeait des roquettes sur la maison où
dorment mes deux filles le soir, je ferais tout ce qui serait dans mon pouvoir
pour l'arrêter… (La Nación,
19 décembre 2008)
Pour le porte-parole d'Obama, l'Israël n'a fait que se défendre. C’est également la position du président français, Nicolas Sarkozy. La « communauté internationale », sous la forme de l'ONU, s’est limitée à de creux appels au cesser le feu, tandis que, dans les faits, elle tolérait que se perpétue le massacre (résolution 1860 du Conseil de Sécurité, résolution du 16 janvier de l'Assemblée Générale). La présidence tournante de l'Union européenne (UE, qui regroupe 27 États d’Europe sous la domination des impérialismes européens), qu’assumait alors la République tchèque, a commencé par des déclarations de Jiri Frantisek Potusnik, porte-parole du premier ministre Mirek Topolanek, dans lesquelles il a qualifié l'attaque israélienne de « plutôt défensive qu’offensive, il s'agit d’un franchissement de la frontière de Gaza, il n'y a pas violence, il n'y a pas de victimes, nous attendons des informations supplémentaires et y reviendrons quand nous obtiendrons des détails » (Clarin, 5 janvier 2009). La déclaration a servi à donner le change à la face du monde et a été reçue par Israël comme un signal d’encouragement.
Le 6 janvier, Hosni Mubarak (Egypte) et Nicolas Sarkozy (France) ont proposé la fin des hostilités pour négocier un plan de paix visant à garantir la sécurité aux frontières (entre Gaza et l'Egypte) et la cessation… des tirs de roquettes.
Tous les gouvernements bourgeois des pays arabes, y compris l'Autorité palestinienne minoritaire du Fatah ont réprimé les manifestations de solidarité ou ont maintenu une attitude de passivité absolue.
Après 23 jours de massacre et de destruction, le 19 janvier, l'armée israélienne a commencé à se replier des villes et s’est postée aux frontières de Gaza, pendant que le gouvernement d’Israël décrétait un cessez le feu, de manière unilatérale, coïncidant avec l’entrée en fonction présidentielle d'Obama. Ultérieurement, le Hamas a annoncé un cessez le feu pour 7 jours, conditionnant l’arrêt des envois de roquettes au retrait total de l'armée sioniste de la bande de Gaza. Ainsi s’ouvrait une trêve fragile.
Parallèlement, en Égypte, un sommet auquel participaient les présidents de plusieurs puissances européennes, des gouvernements arabes et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a sollicité d’Israël le retrait de toutes ses troupes de Gaza. Cyniquement, Sarkozy, le « socialiste » Zapatero et d’autres canailles impérialistes, le gouvernement égyptien qui a maintenu fermés les postes frontaliers tandis que la population de Gaza mourait sous les bombes sionistes, et Abbas, un vrai traître à la cause palestinienne, réclamaient ensemble le repli accéléré des troupes israéliennes après plus de 20 jours de dévastation et une fois prise par Israël la décision unilatérale de cesser les bombardements.
Au cours de ce sommet, auquel n’ont pas pris part les représentants des États-Unis ni d'Israël, les gouvernements français et espagnol ont proposé à l'Égypte une couverture de navires de guerre, pour entraver l'arrivée d'armements destinés aux miliciens de Gaza, compte-tenu du refus du gouvernement égyptien de voir se déployer à sa frontière une force militaire internationale.
En fait, les pays impérialistes européens, en alliance avec la bourgeoisie arabe, ont permis le massacre sioniste et sont intervenus en défense de leurs propres intérêts au Proche-Orient, pour renforcer leur ingérence politique et économique dans la région. Ils essayent aussi de bloquer le réarmement de la résistance palestinienne. Cette politique a été complétée par l'offre de Mahmoud Abbas d'établir un « gouvernement d'unité nationale » à Gaza, impliquant vraisemblablement une plus grande capitulation devant Israël.
Le « sionisme » est né au 19e siècle du nationalisme juif. Tout nationalisme utilise des fables pour se légitimer et subordonner la classe ouvrière aux autres classes (bourgeoisie ou petite bourgeoisie). Le sionisme est particulièrement mythique, il propose que tout le « peuple juif » retourne « en sa patrie » de toujours, « Zion » ou « Israël ». En réalité, pendant l'Empire romain, la diaspora commerçante prospère de religion israélite a intégré des convertis (Phéniciens, Carthaginois…) alors que, de nombreux Juifs restés dans la province de Syrie-Palestine se convertirent au paganisme et n’étaient plus considérés comme Juifs. Les conversions au christianisme se multiplièrent au temps de l'Empire byzantin, puis à la religion musulmane au temps de l'Empire ottoman, si bien que de nombreux Palestiniens contemporains ont des ancêtres juifs.
Le nationalisme a longtemps été minoritaire parmi les Juifs d’Europe, parce que ceux-ci ne souhaitaient pas leur séparation mais plutôt leur intégration au capitalisme national contemporain (« Haskala ») ou, au contraire, participaient à la lutte pour le socialisme, comme en témoigne l'action de Lassalle, Marx, Luxemburg, Zinoviev, Kun, Trotsky… au sein du mouvement ouvrier international.
Le sionisme n’a triomphé que comme sous-produit de la réaction mondiale et des trahisons de la révolution mondiale au 20e siècle. Fonder leur propre État est apparu alors à de nombreux Juifs comme une solution réaliste, dès lors qu’ils servaient de boucs émissaires au tsarisme, aux monarchistes, aux fascistes.
On peut facilement imaginer ce qui attend les Juifs à compter du déclenchement de la guerre mondiale qui s’annonce. Mais, même si la perspective de la guerre est écartée, le prochain développement de la réaction mondiale implique avec certitude l'extermination des Juifs. (Trotsky, « Lettre à Cannon », 22 décembre 1938, Œuvres t. 19)
Sans être un pays impérialiste, Israël fait partie intégrante du système impérialiste mondial. La création de l’État d’Israël résulta de la combinaison du projet colonial sioniste et de la stratégie impérialiste en Asie de l'Ouest, en premier lieu celle de la Grande-Bretagne, ensuite celle des États-Unis.
Le sionisme s'est déjà transformé en un facteur des convulsions politiques de la Russie, comme une influence puissante concurrente des cercles bolcheviques dans le système du communisme international. Rien ne peut être plus significatif que la fureur avec laquelle Trotsky a attaqué les sionistes… sa cruelle tournure d’esprit ne lui laisse aucun doute sur le fait que ses schémas d'un État communiste mondial sous domination juive sont directement entravés et empêchés par ce nouvel idéal, qui canalise les énergies et les espoirs des Juifs du monde entier vers un idéal sioniste qui est plus simple, plus justifié et plus réaliste. La lutte qui commence maintenant entre sionistes et Juifs bolcheviks n’est rien de moins que la lutte pour l'âme du peuple juif. (Churchill, « Sionisme contre bolchevisme », Sunday Herald, 8 février 1920)
Sous le prétexte de l'extermination des Juifs européens par le nazisme, les sionistes, qui n'avaient jamais préconisé la lutte contre le fascisme, ont eu recours, après la Seconde guerre mondiale, au terrorisme contre l'armée anglaise et les habitants arabes de la Palestine (s’y illustrèrent en particulier Shamir, Begin…) et ils ont conquis une grande partie de la Palestine par la violence : plus de 500 villages ont été détruits, 700 000 personnes expulsées (la « Nakba »). L'ONU a ratifié la colonisation en 1948, avec l'approbation des Etats-Unis qui avaient empêché l'entrée sur leur territoire des réfugiés juifs européens poursuivis par les nazis, de l'État français (qui avait aidé les nazis à déplacer les Juifs vers les camps de la mort) et de la bureaucratie de l'URSS (à l’origine d’une campagne antisémite qui n’a cessé qu’avec le décès de Staline).
L'État fondé par les sionistes a transformé une petite partie des Juifs du monde en oppresseurs. Il a transformé les habitants arabes de Palestine et leurs descendants en trois parties : des citoyens israéliens victimes de l'apartheid, des habitants de deux ghettos séparés par l'Israël (la minuscule Bande de Gaza et la Cisjordanie) placés sous menace militaire permanente et des exilés souvent opprimés dans des camps mal tolérés par les États bourgeois arabes voisins (où ils se sont faits massacrer à un moment ou à un autre par la bourgeoisie arabe : Liban, Jordanie, Syrie).
Depuis sa création, en
Toute l'expérience prouve que la coexistence de deux États hypothétiquement égaux (conformément à la résolution 1397 de l'ONU et aux accords d'Oslo) est une supercherie, puisque dans la pratique, l’un des deux (Israël) bloque l'économie et la souveraineté de l'autre (les Territoires de l'Autorité palestinienne), ronge son territoire, déplace et enlève ses ressortissants et lui impose des guerres périodiques non déclarées : en 2001, 2002, 2006 et 2008-2009. Israël a également envahi le Liban de 1996 à 2000 et à nouveau en 2006.
Netanyahou, le chef du parti
Likoud qui a gagné les élections du 10 février
Les États-Unis et Israël partagent une histoire et une longue tradition de relations spéciales qui voient comme relevant de la responsabilité propre des États-Unis l’intervention de Washington assumant la sécurité de l'État juif. Ils ont eu et ont encore des ennemis et objectifs communs dans la région la plus turbulente de la planète. Cette alliance n'est pas en danger, par nature. Mais, dans ce cadre de coopération inévitable, Obama et Netanyahu ont été hier incapables de faire des pas concrets dans la même direction pour trouver la solution aux problèmes actuels. Quand Obama parlait des poires, Netanyahu parlait des pommes. Quand Obama disait État palestinien, Netanyahu répondait Iran. Quand Obama parlait de règles, Netanyahu parlait de terrorisme. Quand Obama parlait de la paix, Netanyahu répondait sécurité… Mais Obama, qui au fond n’a pas de désaccord, considère qu'une attaque contre l'Iran ruinerait ses visées, tandis qu'un accord touchant à la question palestinienne les renforcerait. (El Pais, 25 mai 2009)
En effet, le nouveau président américain et le nouveau premier ministre israélien divergent partiellement. Les États-Unis ont maintenant moins besoin d’Israël qu'à l'époque où les nationalistes bourgeois arabes s’appuyaient sur l’URSS et où la révolution débutait en Algérie et en Palestine.
L'ancien gouvernement Olmert-Barak (Kadima-Parti Travailliste) a profité des dernières semaines de l'administration Bush pour déchaîner l'opération militaire sanglante à Gaza. Le nouveau gouvernement Netanyahu-Barak (Likoud-Parti Travailliste), comme les précédents, continue la colonisation, il refuse de restituer le Golan (conquis en 1967) à la Syrie, il désigne l'Iran comme un grave danger. Il revendique en outre tout Jérusalem, il refuse d'accorder un État aux Palestiniens.
Par contre, la nouvelle administration Obama considère que cette politique nuit à la stabilité de la région, au détriment de l'Egypte, de l'Arabie Saoudite, de la Turquie… et, par conséquent, menace les intérêts à long terme de l'impérialisme américain. Les États-Unis agissent afin que la Syrie et l’Iran l’aident à stabiliser l'Irak, ce qui est contradictoire avec la politique du gouvernement israélien.
Dans les pays impérialistes, la presse bourgeoise a généralement condamné l'agression israélienne comme disproportionnée, tandis que les directions syndicales corrompues, les partis issus du stalinisme et les partis sociaux-démocrates ont soutenu leurs bourgeoisies, les accords d'Oslo et les résolutions de l'ONU. Pour cette raison, ils ont limité le niveau de leurs protestations contre la dernière agression sioniste.
La dictature Baas
de la Syrie a toujours réprimé le mouvement ouvrier, a interdit l'activité des
guérillas palestiniennes en Syrie et a écrasé la résistance palestinienne au
Liban en juin
Les gouvernements latino-américains de type front populaire (Lula, Tabaré Vásquez, Bachelet) qui se posent comme « progressistes » ou « de gauche » devant les travailleurs de leurs pays respectifs, ou ceux qui ont pour origine les vieux partis d'origine nationaliste bourgeoise (Kirchner), ont aussi couvert le massacre commis par Israël. Ils n'ont pris aucune mesure effective d'appui aux Palestiniens et se sont limités à d'impuissantes lamentations de circonstances. Si Hugo Chavez, président du Venezuela, et Evo Morales, président de la Bolivie, ont expulsé les ambassadeurs israéliens de leurs pays, il s’agit d’une mesure politique sans grande conséquence sur les intérêts matériels concrets de l’État sioniste.
Ces gouvernements n'ont pas la moindre intention de toucher aux intérêts économiques sionistes en dénonçant tous les accords, politiques, économiques, militaires, etc. passés avec Israël, ni de concrétiser aucune mesure réelle d'appui aux Palestiniens : Chavez continue à vendre son pétrole à Israël et le Mercosur (qui regroupe 10 États d’Amérique du sud), maintient ses accords commerciaux avec Israël. Tant en Asie qu’en Amérique latine, l'anti-impérialisme « de façade » se limite tout au plus à des déclarations et des actions impuissantes, non à une lutte effective. La mise en question réelle du sionisme impliquerait la lutte conséquente contre l'impérialisme.
L'attaque israélienne a provoqué une vague de rejet et d’indignation partout dans le monde, en démontrant que les seuls qui sont du côté des Palestiniens, en soutenant leur résistance héroïque et leur lutte de libération nationale, ce sont les travailleurs et exploités du monde.
Des milliers de citoyens israéliens ont courageusement protesté le 3 janvier à Tel Aviv et à Sakhnin. De nombreux Palestiniens ont manifesté en Cisjordanie, des milliers de travailleurs et d’étudiants sont descendus dans les rues en Égypte, au Yémen, en Jordanie, en Irak, Syrie, au Soudan, au Liban, en Indonésie… également dans les villes les plus importantes d’Amérique du sud, d’Amérique du nord et d’Europe (comme à Vienne, Rome, Paris, Londres, Madrid, Francfort, Stockholm…) où se sont déroulées des mobilisations conspuant l'agression sioniste. À Hong Kong, un millier de personnes a manifesté.
Mais le Hezbollah s’est limité à des manifestations au Liban et les partis d'origine ouvrière (PSOE, Die Linke, PRC, PCF et, sur le tard, le PS de France…), les coalitions (Stop the War, Answer…) et les directions syndicales (UGT, CCOO, CGT, CGIL…) qui convoquaient les manifestations, n'ont pas développé d'actions fondées sur les méthodes d’action de la classe ouvrière, comme la grève des travailleurs des usines d'armement, des ports, des aéroports, des banques, des télécommunications, qui servent à transporter les armes, les munitions, les informations, l'argent des machines de guerre sioniste. Ils se sont bien gardés de lutter pour le renversement des gouvernements complices d'Israël. C'est-à-dire qu’ils n'ont rien fait pour favoriser la mobilisation de la classe ouvrière comme avant-garde de la lutte pour arrêter l'attaque sioniste, pour le triomphe des masses palestiniennes. Les réformistes se positionnaient comme pacifistes, soutenant l'ONU et leur propre impérialisme, poussant ainsi les jeunes arabes d’Europe et d'Amérique du Nord dans les bras des islamistes réactionnaires.
En outre, certaines bureaucraties syndicales et certains partis d'origine ouvrière, comme le Parti travailliste et le TUC en Grande-Bretagne, le SPD et le DGB en Allemagne, FO et la CFDT en France, l'AFL-CIO et Unite des États-Unis, la CGT et la CTA en Argentine, le PT et la CUT au Brésil, le PS et la CUT au Chili n'ont pas convoqué une seule manifestation.
Tandis que le peuple palestinien encaissait de brutales attaques, l'ensemble de la classe ouvrière mondiale a souffert des agressions provoquées par la crise capitaliste, avec des millions de licenciements, le chômage et même la faim, avec la complicité des bureaucraties syndicales et des partis réformistes qui trahissent les intérêts des travailleurs sur toute la ligne.
Il n’y a pas eu d’alternative parce que la 4e Internationale a été détruite au début des années 1950 par l'adaptation de sa direction au stalinisme et au nationalisme bourgeois à la rhétorique plus ou moins socialiste. Ainsi, elle a tourné son orientation vers « la réforme de l'État ouvrier déformé » (qui a remplacé l’orientation traditionnelle de la « révolution politique des bolchéviks-léninistes depuis 1933) ; elle s’est tournée vers « le front unique anti- impérialiste », un front avec la bourgeoisie nationale. Alors que les bolcheviks-léninistes avaient adopté en 1933 la stratégie de la révolution permanente, après l’écrasement de la révolution chinoise par le Guomindang,
L'adaptation des révisionnistes du trotskysme au nationalisme bourgeois est perpétuelle. Actuellement, tandis que la plupart des épigones de la 4e Internationale des pays dominés capitulent devant la version islamique du nationalisme bourgeois (PSTU du Brésil et la LIT, MST d'Argentine, LBI du Brésil, OACL du Liban, PT d'Algérie, SWP de la Grande-Bretagne, LCR-Kaihoh du Japon), la majorité des organisations pseudo-trotskystes des pays impérialistes a ratifié de fait la colonisation sioniste (Lutte Ouvrière et le NPA en France, Socialist Appeal en Grande-Bretagne, SL aux Etats-Unis…). Les supposées « 4e Internationales » du pablisme-mandelisme et du lambertisme ont capitulé d’une manière ou d’une autre sur cette question durant les dernières décennies. En particulier, le NPA et LO ont soutenu les résolutions de l'ONU :
Pour ce qui nous concerne, nous sommes pour l'existence d'un État palestinien et ne sommes pas pour la destruction de l'État de l'Israël. (Lutte Ouvrière, 31 janvier 2003)
Les grandes lignes d'un accord un tant soit peu durable sont connues : ceci impliquerait l'évacuation de la plupart des territoires occupés depuis 1967 par l'Israël et une normalisation progressive des relations avec ses voisins… (Lutte de Classe, revue de LO, février 2009)
La seule solution est de caractère politique : elle passe par la reconnaissance des droits des Palestiniens à disposer d'un État souverain et viable. (LCR, Communiqué, 6 janvier 2009)
La campagne pour les élections européennes sera
l'occasion particulière d'exiger des sanctions politiques, économiques,
sportives, diplomatiques et culturelles contre Israël, en commençant par la
suspension immédiate de l'accord de coopération entre l'Union Européenne et
Israël, tant que ce dernier ne s’est pas conformé au droit international et aux
résolutions de l'ONU. (NPA, Communiqué, 18 avril 2009)
Il n'y a aucune égalité entre un État qui colonise, qui bloque, qui bombarde, qui envahit et un peuple opprimé qui se défend tant bien que mal. Les révolutionnaires se prononcent pour l'appui à la lutte de libération nationale du peuple palestinien et se rangent dans son camp. Ils sont pour la victoire militaire de la résistance palestinienne face aux forces sionistes, quelle que soit sa direction majoritaire, hier le Fatah, maintenant le Hamas, sans fournir un quelconque appui politique à ces partis bourgeois.
Aucune confiance ne peut être accordée à l'ONU qui a reconnu la colonisation depuis 1948, ni aux États-Unis (qui financent et arment Israël), ni à l'Union Européenne (dont les principaux membres arment Israël), ni à l'Égypte, au Qatar, à la Turquie… qui sont des complices d’Israël et soumis eux-mêmes aux États-Unis. Les manifestations de soutien aux Palestiniens ont été violement réprimées en Jordanie et en Égypte.
Nous appelons les travailleurs, les partis et les syndicats de la classe ouvrière, les organisations de travailleurs sans emploi, les organisations de paysans et d'étudiants, à se mobiliser contre toute nouvelle agression militaire, contre le blocus, contre toute nouvelle colonisation à Jérusalem et en Cisjordanie, contre l'État sioniste.
Parce que la cause du peuple palestinien est notre cause, ainsi que celle de tous les exploités et opprimés. Parce que la politique de l'impérialisme et de son agent sioniste se fortifierait des défaites palestiniennes dans le monde entier. Parce que elles lui faciliteraient de nouvelles attaques et accentueraient la barbarie, la faim et l’exploitation : Il était indispensable de réclamer la fin des bombardements ; il est indispensable de réclamer le retrait total et définitif des troupes sionistes de Gaza, de Jérusalem et de Cisjordanie, la fin des assassinats perpétrés par les services secrets, des enlèvements de militants palestiniens et toute autre attaque contre le peuple palestinien, ainsi que la levée du blocus criminel contre Gaza.
Sur cette base, nous appelons à l'unité d'action et à la réalisation de toutes les actions nécessaires comme participations à des réunions, mobilisations, grèves, blocus et sabotages des communications, des armes, des munitions, de l'argent, destinés à l'état sioniste, etc., contre l'oppression nationale, le racisme, la colonisation et les massacres perpétrés par tous les gouvernements israéliens, manifestations et grèves générales contre les gouvernements qui soutiennent Israël.
Retrait immédiat des troupes israéliennes de la Cisjordanie et de Jérusalem ! Fin du blocus de Gaza et de la Cisjordanie ! Destruction du mur de l'apartheid ! Libération de tous les prisonniers palestiniens en Israël ! Droit au retour des réfugiés !
Aucune arme, aucune aide militaire à l'Israël ! Rupture de tous les accords militaires avec l’Israël ! Retrait des troupes impérialistes du Liban et de l'Irak ! Arrêt des menaces impérialistes contre l'Iran et la Syrie ! Front unique prolétarien et unité d'action des combattants anticoloniaux pour toutes les actions, mobilisations et grèves contre toute menace de nouvelles attaques sionistes !
La meilleure aide aux Palestiniens est de lutter pour renverser le gouvernement belliciste d’Israël et les gouvernements qui, aux Etats-Unis, en Europe, au Proche-Orient, soutiennent l'État sioniste. Mais ni l'OLP ni Hamas ne peuvent, étant donné leur nature politique, miser sur le camp du prolétariat, encore moins sur celui de la révolution mondiale.
Il n’y a jamais eu d’État palestinien, ni même de sentiment national palestinien avant la colonisation sioniste. La colonisation et l'oppression des Arabes de « Palestine » par la bourgeoisie israélienne et son État ont créé un problème démocratique. De la même manière que l'antijudaïsme religieux et le racisme antijuif ont créé ensuite la « question juive », la colonisation de la Palestine et l'oppression de ses habitants d’origine ont créé une « question palestinienne ». La bourgeoisie arabe, surtout celle de la Palestine, pouvait difficilement accepter l’occupation, cependant elle a prouvé qu'elle était incapable de faire avancer la cause du combat national.
Seule la classe ouvrière palestinienne est en condition de pouvoir résoudre ce problème historique. Mais elle a besoin pour cela de son propre parti.
Compte tenu des trahisons de la bureaucratie de l'ex-URSS, de la subordination des partis « communistes » à la bourgeoisie locale israélienne (le Maki et le Rakah), palestinienne (le PCP) et des autres partis staliniens d’Asie de l’Ouest à leur propre bourgeoisie, les travailleurs palestiniens n'ont jamais possédé un parti révolutionnaire et internationaliste capable de combattre sur la ligne de la dictature du prolétariat et ainsi diriger la lutte nationale, établir une alliance de la classe ouvrière, de la jeunesse et de la paysannerie pauvre de l’ensemble de la région. En Palestine et en Asie de l'Ouest, la classe ouvrière a besoin de son parti, ouvert à tous ceux qui partagent le programme, quelle que soit leur langue ou leur ethnie. Il n'y a pas de substitut possible.
Les travailleurs palestiniens ont, jusqu'à présent, été conduits dans l’impasse par des organisations contrôlées par la bourgeoisie (Fatah, Hamas) ou la petite bourgeoisie (FDLP, FPLP), toutes soumises aux États voisins (l'Egypte, l'Iran, l'Irak, la Syrie, l'Arabie, le Koweït…). L'OLP, lors de sa fondation en 1959, avait d’ailleurs affirmé : « la libération de la Palestine passe par la voie de l'unité arabe ».
Pendant les années 1960, la « 4e Internationale » (Secrétariat unifié), de Mandel, Hansen et Moreno, suivant alors une ligne guerrilleriste, a refusé d'avancer la perspective de la révolution prolétarienne contre la bourgeoisie sioniste et les bourgeoisies arabes ; elle a propagé le mythe d'une « révolution arabe ». Durant les années 1970, elle a capitulé devant les organisations nationalistes bourgeoises ou prostaliniennes de Palestine qui prônaient la collaboration de classes et une « étape démocratique ». Il n'y avait, selon le SU-QI, pas besoin d’affronter la petite bourgeoisie et le stalinisme contre-révolutionnaire, puisqu'ils étaient capables (comme Castro l’avait prétendument fait à Cuba) de se transformer en marxistes.
L'unité nationale arabe est la tâche centrale de la révolution arabe… La radicalisation de fractions complètes du mouvement nationaliste arabe et leur évolution vers l'adoption du « marxisme »… La coordination des luttes révolutionnaires à l'échelle arabe ne suffit pas, mais doit être complétée par l'unité de programme… les organisations nationalistes petites bourgeoises arabes ont déjà compris la nécessité de cette unité. (Organisations de la région arabe du SU-QI, La Révolution arabe, 1975)
La LIT-QI, une branche scissionniste du SU, se révéla tout aussi opportuniste. Elle affirma que l'OLP représentait toute la nation palestinienne et qu'elle pouvait remplacer un parti ouvrier révolutionnaire :
Notre appel à l'OLP pour qu'elle combatte pour le socialisme se base sur le fait que nous la considérons comme une nation en gestation… Faire de l’OLP une organisation qui rompt avec la bourgeoisie, c'est-à-dire, un État palestinien qui rompt avec les bourgeoisies arabes et pratique la lutte des classes. (Nahuel Moreno, Polémique sur le Moyen - Orient, septembre 1982)
C'était la reprise du camouflage de la ligne de capitulation de la bureaucratie de l'URSS (et par conséquent de la direction Staline-Boukharine de l’Internationale communiste) envers le nationalisme bourgeois chinois du Guomindang de 1923 à 1927. Le Guomindang était alors qualifié de représentant de la nation toute entière et, en conséquence, était censé incarner la lutte nationale, ce qui impliquait la subordination politique du Parti communiste chinois à Chang Kai Chek.
Or, il n'y a pas de nation palestinienne unie et encore moins de nation arabe unie. Il y a une bourgeoisie palestinienne dans les Territoires, en Asie de l'Ouest et dans les pays impérialistes. Par exemple, les 2/3 des 50 familles les plus riches de Jordanie sont d'origine palestinienne. Le Fatah ou le Hamas sont tous deux des expressions politiques de cette classe bourgeoise palestinienne qui les finance (ainsi que les États bourgeois de la région). Certes, la bourgeoisie palestinienne est hostile à la bourgeoisie israélienne, qui lui a volé largement son territoire, mais elle est plus hostile encore à la mobilisation révolutionnaire des masses et aux répercussions inévitables dans la propriété privée qu’elle impliquerait.
La petite bourgeoisie est incapable de tracer une voie distincte de celles des deux classes principales de la société capitaliste, la bourgeoisie et le prolétariat. Les organisations qui exprimaient le mécontentement des médecins, des ingénieurs, des professeurs, des étudiants, etc. face au Fatah, comme le FPLP et sa scission le FDLP, se sont, à chaque étape, subordonnées à la bourgeoisie palestinienne sous la pression des défuntes bureaucraties de la Chine et de l'URSS et des gouvernements dits « progressistes » de la région. Malgré leurs références au marxisme, d’ailleurs plus marquées durant les années 1970 que de nos jours, leur idéologie n’a jamais dépassé le menchevisme-stalinisme. De plus, les nationalistes « radicaux » ont toujours choisi «l’unité palestinienne » ou « l'unité arabe » contre l'unité de la classe ouvrière de la région et du monde.
Quand la Palestine est devenue un foyer révolutionnaire à la fin des années 1960, toutes les composantes de l'OLP se sont fourvoyées sur la voie de la guérilla contre l'armée sioniste, avec l'appui de la Chine, du Cuba (et de la « 4e Internationale »), aboutissant au début des années 1970 (sauf le FDLP) au détournement d’avions et même à l’assassinat de sportifs israéliens… L'OLP refusait en même temps de combattre pour le renversement révolutionnaire des régimes arabes voisins, tous partisans du capitalisme et ennemis de la classe ouvrière.
La conséquence fut que les troupes de la monarchie de la Jordanie, avec l'appui de Nasser (1970), les bandes chrétiennes fascistes du Liban (1975, 1982) et la soldatesque du régime Baas syrien (1976, 1983, 1985), ont tour à tour écrasé les combattants palestiniens et massacré les réfugiés dans les camps.
Au début des années 1970, Brejnev invita le Fatah et le FPLP à Moscou. Le Kremlin fixa les objectifs de la résistance palestinienne, à savoir le renoncement « aux actions terroristes » (la guérilla internationale), la collaboration avec les « gouvernements arabes progressistes », la partition de la Palestine et la reconnaissance d’Israël.
L'incapacité de la bourgeoisie nationale (et de la petite bourgeoisie), la pression de la bureaucratie de l'URSS et de tous les États bourgeois arabes, les défaites sanglantes infligées par plusieurs États arabes (y compris les « gouvernements progressistes ») ont conduit les organisations nationalistes, plus ou moins laïques, à accepter la thèse « des deux États » comme une « étape intermédiaire » vers la Palestine unique. Le premier a été Nayef Hawatmeh du FDLP, l'une des deux organisations les plus liées à l'URSS et la Chine, en août 1973. Il a été suivi par Georges Habache du FPLP en mai 1974. Cette position a été officiellement adoptée par toute l’OLP en juin 1974, lors du 12e Conseil national palestinien. En échange, l'Assemblée générale de l'ONU a reconnu l'OLP comme observateur en son sein en 1974.
Quand les masses palestiniennes, y compris les femmes et les jeunes, se soulevèrent spontanément en décembre 1987 (« Intifada »), l'OLP, au lieu d'armer les masses et de se tourner vers les travailleurs l'Égypte et de Jordanie, s’est compromise en reconnaissant Israël. Elle y fut poussée par la bureaucratie de l'URSS, qui multipliait alors les concessions aux États-Unis :
Pendant une réunion au Kremlin avec Yasser Arafat, le Président de l'Organisation pour la libération de la Palestine, M. Gorbatchev a mentionné les droits d’Israël à plusieurs reprises dans les termes suivants, selon l'Agence Tass : « le peuple palestinien a le droit à l'autodétermination dans la même mesure que le peuple d’Israël ». (The New York Times, 11 avril 1988)
En novembre 1988, lors de la 19e CNP, l'OLP déclara l'indépendance de la Palestine, « au nom de Dieu et du peuple palestinien », et accepta la résolution 242 de l'ONU (malgré l'opposition du FPLP). Quand l'OLP refusa de condamner l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990, les monarchies du Golfe cessèrent de la financer et remirent désormais leur argent -comme l'Iran- au Jihad et au Hamas. Les ressources de l'OLP passèrent brutalement de 300 millions de dollars en 1989 à 100 millions en 1992.
L’impérialisme a tiré profit des défaites successives des Palestiniens provoquées par la direction bourgeoise d’Arafat, de la restauration du capitalisme en Russie et en Chine par Eltsine et Deng. Les États-Unis, les autres puissances impérialistes et le régime égyptien de Moubarak, ont exigé la reconnaissance officielle d'Israël. En 1993, en échange d’un pseudo-État, Arafat et le Fatah ont capitulé devant eux pour renoncer ensuite à la « charte palestinienne » de 1996. Le FPLP et le FDLP sont restés membres de l'OLP avec le Fatah, après cette trahison historique.
Mais Sharon accusait Arafat de
refuser de condamner la lutte armée. Malgré la signature des accords d'Oslo,
l'armée israélienne a envahi la Cisjordanie en mars
Au décès d'Arafat, le Fatah et l'Autorité palestinienne sont apparus pour ce qu’ils sont, corrompus et mafieux. Ainsi s’explique la progression du Hamas (ex-Frères Musulmans), un parti de bigots, le seul parti palestinien qui ne compte aucune femme dans sa direction, ni de chrétien parmi ses membres. Un parti clairement capitaliste, comme le Fatah :
L'analyse économique du Hamas et de son programme
national ne mettent aucunement en cause l’économie de marché (…) contrairement
à la gauche palestinienne dont l'analyse est très imprégnée de socialisme. (Hroub, Le Hamas, Demopolis, 2008, p. 105)
En outre, c'est un parti clérical :
La guerre sainte est notre guide. (Hamas, Mémorandum, 1993)
Le Mouvement de la résistance islamique considère que
la terre de la Palestine est une terre islamique pour toutes les générations de
musulmans jusqu'au jour de la résurrection. Il est illicite d’y renoncer
totalement ou partiellement, de s’en écarter totalement ou partiellement. (Hamas, Charte Constitutive, 1988, article 11)
Enfin, c’est un parti raciste. Le Hamas « explique » l’histoire par un prétendu complot juif :
Avec leur argent, ils ont attisé des révolutions dans
les différentes parties du monde pour atteindre leurs fins et récolter leurs
fruits. Ils ont été derrière la Révolution française, la révolution communiste
et derrière la majorité des révolutions que nous avons connue, ici et là. (Hamas, Charte constitutive, 1988, art. 22)
Une fois qu'ils ont digéré la région qu'ils ont occupée,
ils aspirent à une nouvelle expansion, et ainsi de suite. Leur plan est annoncé
dans les Protocoles des Sages de Sion,
dont le contenu est la meilleure preuve de ce que nous avançons. (Hamas, Charte constitutive, 1988, art. 28)
[Les Protocoles des sages de
Sion sont une invention de l’Okhrana, la police secrète du tsar russe, qui l’ont fait
publier en 1903 pour préparer des pogroms contre les Juifs. Ce faux sert
ensuite aux fascistes allemands, à la monarchie saoudienne... Note de RS]
Le cléricalisme musulman a joué un rôle criminel et sanglant dans la partition de l'Inde en 1947. Durant les années suivantes, il a été partout une force supplétive de l'impérialisme américain contre les régimes nationalistes qui essayaient de se défaire de la pression impérialiste et de développer leur économie capitaliste : les bandes armées islamistes ont fourni des collaborateurs à la CIA en Iran en 1953, en Irak en 1958, en Indonésie en 1965, en Afghanistan en 1979.
De même, le Hamas a été pendant des années favorisé par le sionisme pour faire face à l'OLP. Quand Israël occupait Gaza durant les années soixante-dix, Sharon (le responsable du massacre des réfugiés des camps de Sabra et de Chatila) a financé la construction de mosquées pour les Frères Musulmans d'Ahmed Yassine.
Les autorités israéliennes, dont l'armée occupe Gaza
depuis 1967, voyaient d’un bon œil l'activité de ces islamistes qui passaient
une bonne partie de leur temps à résister à l'influence du Fatah et des
organisations gauchistes dans les universités. En
L'usure du nationalisme bourgeois dans les pays dominés, la capacité du clergé à prendre la tête des masses iraniennes en 1979 pour contenir et écraser la révolution, l'effondrement de l'URSS, ont donné aux mouvements politiques islamistes une autorité croissante.
Le Hamas est toujours financé par les capitalistes des monarchies du Koweit et de l'Arabie Saoudite, deux alliés des États-Unis, des régimes oppresseurs des femmes, exploitant sans vergogne les travailleurs immigrés (entre autres, des prolétaires palestiniens) et par le régime capitaliste et clérical de l’Iran qui a soutenu l'intervention impérialiste en Irak, qui écrase ses propres minorités nationales (dont les Kurdes), qui réprime les grèves ouvrières et propage l'antisémitisme.
Si le Fatah a, officiellement, reconnu l'État d'Israël, le Hamas en a fait autant, mais officieusement :
Le Hamas accepte l’existence de l’État d’Israël, mais
ne le reconnaîtra pas officiellement tant qu’un État palestinien ne sera pas
établi en Cisjordanie et à Gaza, selon son dirigeant à Damas, Khaled Meshaal. Ahmed Yusuf, un
conseiller de Monsieur Haniyeh, affirme que le Hamas reconnait de fait
l’existence d’Israël mais ne va pas le reconnaître officiellement. « Israël est là, il est membre de l’ONU
et nous ne nions pas son existence. Mais nous avons aussi des droits et une
terre qui ont été usurpés et tant que ce n’est pas abordé, nous refuserons la
reconnaissance ». (The
Guardian, 10 janvier 2007)
Khaled Mashal a
déclaré : « En tant que
Palestinien d’aujourd’hui, je parle d’une exigence palestinienne et arabe d’un
État dans les frontières de 1967. Il est vrai que, en pratique, cela entraîne
qu’il y aura une entité ou un État appelé Israël sur le reste de la Palestine.
C’est une réalité, mais je refuse d’en traiter en termes de reconnaissance ou d’admission. »
(The Independent, 11 janvier 2007)
Désormais, la seule organisation qui rejette toute colonisation sioniste en Palestine est le FPLP qui figure sur la liste américaine « des organisations terroristes », avec le Hamas et le Jihad. En fait, le Hamas suit le chemin du Fatah qui a accepté, à partir de 1974, un État palestinien « dans les frontières de 1967 ». Mais ceci n'est pas suffisant pour Israël parce que le Hamas ne prononce pas pour sa reconnaissance officielle et, de plus, continue la lutte armée à son encontre.
Le Hamas est la seule organisation qui n’appartienne pas à l'OLP usée. Jusqu’à présent, il ne négocie pas avec Israël et justifie toujours la lutte armée, qui est légitime. Grâce à cette posture et à son réseau d’organismes de charité financé par le régime clérical d’Iran et les capitalistes d’Arabie Saoudite, le Hamas a gagné en 2006 les élections pour le gouvernement de l'Autorité palestinienne. Le Hamas a triomphé avec 42,9 % des suffrages ; le Fatah, discrédité par sa collaboration avec le sionisme et par la récession économique provoquée par Israël, a obtenu 39,8 %, le FPLP 4,1 % et la coalition FDLP-PPP (ex PCP) 2,8 %.
Immédiatement, le gouvernement du Hamas a accepté « la loi fondamentale modifiée en 2003 », qui découle des accords d'Oslo. Il a alors subi la pression des États-Unis et de l'Union européenne, qui ont suspendu les crédits d'aide économique, pour affamer le pays, obtenir le désarmement du Hamas et son expulsion du gouvernement.
Le Hamas n'a jamais étendu ses attentats au principal appui impérialiste de l'Israël. Il a toujours soigné ses relations avec les États-Unis, en misant sur son argent et sur sa pression sur l’Israël :
L'administration américaine, au lieu de menacer les
Palestiniens d’un boycott et de supprimer ses aides, devrait tenir ses
promesses en aidant à la création d'un État palestinien indépendant avec
Jérusalem pour capitale. (Haniyeh,
Discours inaugural du Premier Ministre devant le Parlement palestinien, 27 mars 2006)
Malgré tout, Bush a renforcé la garde présidentielle d'Abbas. Après 6 mois de confrontations entre les deux ailes de la bourgeoisie palestinienne, sous la pression des États bourgeois arabes, en particulier du roi Abdallah d’Arabie, le Hamas a donné en mars 2007 son accord à la formation d’un gouvernement d'union nationale avec le Fatah. Ce gouvernement Fatah-Hamas s'est immédiatement engagé à respecter les accords signés par l'OLP et l'Israël.
Voici presque deux ans, à la Mecque, les deux
organisations signèrent bien un accord, qui fut de courte durée. Le Hamas,
entre autres, accepta de respecter les accords signés par l’OLP, qui incluaient
une acceptation d’Israël par le biais d’une solution de deux États… (The Economist, 14 février 2009)
Toutefois, l'Union européenne, le principal financier des Territoires, refusa de subventionner un gouvernement d'union nationale qu’Israël ne reconnaissait pas, accusant Abbas d'avoir accepté l'accord sans exiger la reconnaissance préalable d’Israël et la fin des actions armées.
En mai 2007, les affrontements internes reprirent. Au début de juin, Hamas prit le pouvoir dans la bande de Gaza (au prix de 116 morts et 550 blessés), si bien qu’Abbas rejeta le gouvernement d'unité. Désormais, coexistent deux gouvernements palestiniens : celui d’Ismaël Haniyeh (Hamas) à Gaza, celui de Salem Fayyad (Fatah) en Cisjordanie.
Le parti clérical a profité de la dernière agression israélienne pour s’en prendre aux militants du FPLP à Gaza :
En ces moments où notre peuple fait face à la cruelle agression sioniste et aspire à l'unité des forces palestiniennes pour opposer un front uni face à l'occupation sioniste et répondre aux défis auxquels est confronté le projet d'unité nationale palestinienne, les forces de sécurité du Hamas continuent de mener des actions répressives illégales contre les citoyens palestiniens, et en particulier contre les membres du Front : enlèvements, coups violents, tirs dans les jambes, exécutions, et ceci sans un minimum de respect des procédures légales. (FPLP, Communiqué, 30 janvier 2009)
Malgré la valeur de leurs membres et la popularité de leur cause, toutes les organisations nationalistes palestiniennes se sont toujours révélées incapables de mobiliser les travailleurs libanais, jordaniens, syriens, égyptiens… contre l'armée sioniste et contre ses complices, les régimes arabes, pour libérer la Palestine.
La seule organisation palestinienne qui ait cherché une alliance avec les travailleurs et les étudiants juifs hostiles au colonialisme a été le FDLP, très minoritaire. Aucune autre composante de la résistance ne s’est souciée des travailleurs israéliens. L’aile islamiste du nationalisme palestinien est même antisémite. De la provocation de Sharon en 2000 jusqu'à la victoire électorale du Hamas en 2006, les milices du Hamas, du Jihad, du Fatah et du FPLP ont eu recours à des attentats suicides contre la population civile juive, au lieu d'armer la population palestinienne contre les persécutions des colons fascistes et les incursions de l'armée sioniste. Les roquettes lancées par le Hamas et par le Jihad depuis Gaza tombent sur la population civile de l’Israël (Juifs et Arabes) puisque leur objectif politique est d'exercer une pression sur le gouvernement israélien.
Dès l’officialisation de la colonisation par l'ONU, la 4e Internationale avait dénoncé les dangers que présentait le cléricalisme palestinien, représenté alors par le mufti de Jérusalem, Al-Husseini, un personnage qui s'était allié à Hitler en 1941 :
Le caractère criminel du sionisme apparaît clairement dans le fait que, grâce à son rôle réactionnaire, les premiers mouvements des masses arabes en faveur d'une Palestine unie et indépendante sont dirigés contre la population juive et non directement contre l'impérialisme. Les très réactionnaires chefs du Comité arabe pour la Palestine ont ainsi l'occasion de redorer leur blason en versant le sang des malheureux Juifs qui sont des victimes de la politique sioniste. (Quatrième Internationale, novembre 1947)
Aussi bien le Fatah d'Abbas que le Hamas de Mechaal sont incapables de s’adresser aux travailleurs juifs, ni même aux travailleurs arabes, perses, turcs et kurdes de la région, car ils sont tous deux défenseurs de la propriété privée des capitalistes et des grands propriétaires immobiliers. Le Fatah déclare l'unité de tous les Arabes, le Hamas y ajoute l'unité de tous les musulmans, alors que les bourgeoisies arabes et musulmanes sont subordonnées à l'impérialisme, donc réduites à l'impuissance devant l'État sioniste, qui est son expression locale.
Pour que les travailleurs hébreux puissent développer leur lutte de classe contre leur propre bourgeoisie, pour qu'ils puissent effectuer l'unité avec les travailleurs arabes d’Israël, pour qu'ils s’érigent en classe, ils doivent rompre avec le colonialisme sioniste et reconnaître les droits des Palestiniens.
La fin de l'oppression nationale dont sont victimes les Palestiniens passe par la destruction de l'État sioniste. La fin des guerres, du racisme, le droit de retour pour tous les réfugiés, l'égalité de droits pour tous ceux qui veulent vivre en Palestine, Juifs et Arabes, hommes et femmes, chrétiens, israélites, musulmans et athées, passe par l'instauration d’une Palestine laïque et multiethnique sur l’ensemble du territoire de la Palestine.
Cette Palestine ne pourra naître que sous la forme d’un État des ouvriers et des paysans, parce que la seule classe capable d'effectuer cette tâche historique est le prolétariat, parce que la seule méthode possible est celle de la révolution socialiste et la seule perspective viable pour une telle Palestine est la création de la Fédération socialiste du Proche-Orient.
C'est pourquoi il est nécessaire que les travailleuses, les travailleurs et les jeunes arabes de Palestine occupée et des « Territoires », rompent avec le Fatah et le Hamas, qui les ont trahis et les trahiront davantage, qu’ils s’emploient à construire un parti ouvrier révolutionnaire.
Un tel parti permettra à la classe ouvrière palestinienne de prendre la tête de la lutte nationale, d’attirer les travailleuses et les travailleurs hébreux qui rejettent le sionisme, de nouer des liens pour une Internationale ouvrière révolutionnaire, avec les travailleuses et les travailleurs d'Egypte, de Syrie, de Jordanie, de Turquie, de d’Iran, d’Irak, et aussi avec ceux de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d'Allemagne, de France, de Grèce, d’Italie, d'Espagne…, pour ouvrir la voie à la révolution socialiste, pour paralyser l'impérialisme et l’abattre.
Vive la résistance du peuple palestinien et sa lutte pour sa libération nationale !
Destruction de l'État colonial sioniste !
Pour la Palestine socialiste, ouvrière et paysanne, au sein d’une fédération socialiste du Proche-Orient !
Pour un parti ouvrier révolutionnaire, internationaliste, arabe et juif, section du parti mondial de la révolution socialiste qui dirigera la révolution socialiste !
Prolétaires de toute l’Asie de l’Ouest et de tous les pays arabes, unissez-vous !
30 juillet 2009
Colectivo Revolución Permanente en el Perú / Pérou
Groupe bolchevik / France
Kollektiv Permanente Revolution in
Österreich /
Autriche
Organização Pelo Partido Operário Marxista / Brésil
Partido de la Revolución Socialista / Argentine