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Bombardements et « nettoyages ethniques » en Ossétie et en Géorgie

Pour la fin des immixtions impérialistes et réconciliation des peuples :
fédération socialiste du Caucase !

 

Le rétablissement du capitalisme a entraîné la multiplication des guerres dans le Caucase

Le 7 août, le gouvernement de Tbilissi a lancé l’armée de la Géorgie, équipée par les Etats-Unis, entraînée par les Etats-Unis et Israël, à l’assaut de la région autonome d’Ossétie du Sud. L’armée géorgienne a bombardé la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali.

Mais le Kremlin, renforcé par la récente prospérité économique de la Russie, misant sur la paralysie de Washington embourbé en Irak et en Afghanistan, jouant de l’impuissance de l’Union européenne dépourvue d’armée propre et dépendant du pétrole et du gaz russe, a riposté pour défendre son glacis. L’armée russe, se posant en protectrice des Ossètes, a rapidement refoulé puis écrasé l’armée géorgienne, bombardant la ville géorgienne de Gori, tandis que des milices nationalistes ossètes massacraient, dans son sillage, des Géorgiens qui habitaient là depuis longtemps. Le rapatriement précipité par l’armée américaine du contingent géorgien d’Irak (la troisième troupe d’occupation en nombre), n’a pas sauvé la mise à Mikheïl Saakachvili.

Une fois de plus, le nationalisme et son ombre portée le racisme, les bombardements, les exodes de civils et les liquidations sommaires ont embrasé le Caucase, dans une région où de multiples peuples ont pourtant coexisté en paix après la victoire de la révolution russe, où les mariages « mixtes » s’étaient multipliés entre Slaves, Ingouches, Géorgiens, Arméniens, Turcs, etc.

Comme l’éclatement de la Yougoslavie, celui de l’URSS a été causé par le rétablissement du capitalisme par la bureaucratie d’origine stalinienne, chaque nouvelle bourgeoisie essayant de bâtir un État capitaliste national au détriment de ses travailleurs et aussi des nationalités minoritaires vivant sur son territoire. La destruction de ce qui restait de la révolution russe de 1917 a débouché sur une catastrophe réactionnaire, sur une régression historique : multiplication des frontières et conflits sans fin dans les Balkans et le Caucase.

Dans le Caucase, la Transnistrie a fait sécession de la Moldavie en 1991. L’Abkhazie a proclamé son indépendance vis-à-vis de la Géorgie en 1992, ce qui a déclenché une guerre de la part de celle-ci. Alors que l’Ossétie du Nord est rattachée à la Russie, l’Ossétie du Sud a proclamé son indépendance en 1992 après un conflit armé, quand la Géorgie a voulu abolir l’autonomie de la province. Le Haut-Karabakh a proclamé son indépendance de l’Azerbaïdjan en 1991, déclenchant un conflit entre celui-ci et l’Arménie voisine. En 1991, la Tchétchénie proclame son indépendance de la Russie ; en 1994, Boris Eltsine envoie l’armée russe reconquérir ce territoire, rasant sa capitale, Grosni ; en 199, Vladimir Poutine envahit de nouveau la Tchétchénie. L’État russe réprime violemment les aspirations nationales des Ingouches.

 

Depuis dix-sept ans, les puissances étasunienne et européennes attisent les conflits

La Russie vient de reconnaître officiellement l’indépendance des deux régions dont l’armée russe ne s’est pas retirée : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Il est difficile de croire à la défense des « droits des peuples » par Medvedev et Poutine, quand la Russie occupe au même moment la Tchétchénie et l’Ingouchie, comme aux protestations de défense des « intégrités territoriales » par Bush (et par ses deux successeurs putatifs Mc Cain et Obama) quand les Etats-Unis mènent simultanément la guerre en Irak et en Afghanistan, sans parler des menaces (avec la France et Israël) envers l’Iran.

Le rétablissement du capitalisme en URSS, en Europe centrale et en Chine a été le résultat de la pression de l’impérialisme sur les pays où le capital avait été exproprié. De la révolte des ouvriers de Berlin Est en 1953 à celle des ouvriers et des étudiants de Pékin en 1989, les bureaucraties privilégiées et totalitaires ont réussi à écraser toutes les révolutions ouvrières qui auraient sauvé la propriété collective et instauré le contrôle des producteurs sur l’économie. Après avoir bouché ainsi la voie du socialisme, les bureaucrates ont eux-mêmes rétabli le capitalisme en 1991, en essayant de s’emparer individuellement des entreprises.

La Russie a été transformée en fournisseur de matières premières et la Chine est devenue un pourvoyeur de main d’œuvre bon marché. Les oligarques et les mafieux se sont emparés de la Russie sous la protection des héritiers de la Guépéou et avec la bénédiction du clergé. Les grands groupes capitalistes du Japon, des Etats-Unis, d’Allemagne, de France… exploitent les ouvrières et les ouvriers chinois qui leur sont livrés, sans droits ni syndicats, par le régime chinois.

La Russie est désormais entourée de bases militaires américaines, ce qui nourrit le chauvinisme sur lequel mise le régime et qui freine la lutte de classe des travailleurs russes. L’OTAN inclut désormais l’Europe centrale et l’Europe de l’Est ; elle vient d’ouvrir, voici quelques jours, de nouvelles bases militaires en Pologne et en Hongrie. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont soutenu l’indépendance des Etats baltes, la sécession du Kosovo, la « révolution orange » d’Ukraine qui a évincé les partisans de l’alliance avec la Russie. L’Union européenne a absorbé les Etats baltes, une partie de l’ex-Yougoslavie et tous les Etats d’Europe centrale ; elle envisage d’en faire de même avec le Kosovo et la Serbie, l’Ukraine et la Géorgie. Les Etats-Unis ont pris pied en Asie centrale et y ont multiplié les bases militaires, au détriment de leurs rivaux impérialistes traditionnels et aussi des bourgeoisies émergentes de Russie et de Chine. En riposte, la Chine, la Russie et l’Ouzbékistan ont mis en place l’OCS en 2001, pour contrer l’influence grandissante des Etats-Unis dans la région.

Les rivalités impérialistes ne se bornent pas à la Russie et aux Etats-Unis. Pour contrer l’influence des Etats-Unis, en Europe et en Asie de l’Ouest, l’Allemagne et la France, qui avaient refusé, avec la Russie, de couvrir la deuxième guerre contre l’Irak, venaient de bloquer l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’OTAN. Le plan de paix du 12 août, parrainé l’Union européenne, ne fait pas mention de l’intégrité territoriale de la Géorgie.

 

Indépendance de la classe ouvrière ! Aucune confiance dans les dirigeants de l’UE, de la Russie, ni des Etats-Unis !

Dans chaque pays, l’ennemi principal des ouvriers, des employés, des petits paysans, des étudiants est la bourgeoisie. Les classes dominantes rabougries des Balkans et du Caucase exploitent leurs travailleurs, dressent les peuples les uns contre les autres, oppriment aussi violemment leurs propres minorités que les Etats dont elles font sécession, se vendent à telle ou telle puissance, ce qui réduit à néant les mythes de l’indépendance nationale dont elles se targuent.

Le progrès, le développement et la paix seront l’œuvre du prolétariat, pas sur la bourgeoisie. La classe ouvrière doit ouvrir une autre perspective, celle tracée au début du 20e siècle par le Parti social-démocrate serbe, le Parti bulgare social-démocrate et le Parti le Parti bolchevik (en particulier en Géorgie), puis par l’Internationale communiste de Lénine et de Trotsky : celle de l’internationalisme, de l’unité de tous travailleurs contre tous les exploiteurs, du droit pour les nations opprimées de décider de leur sort, de la révolution sociale et de la prise du pouvoir par les conseils de travailleurs, suppression des frontières.

Travailleuses et travailleurs de Russie, de Tchétchénie, de Géorgie et d’Ossétie, unissez-vous ! Formez vos organisations indépendantes (syndicats, conseils, parti) qui vous rassemblent, quelque soit votre origine ! Respect des doits des minorités nationales du Caucase et des Balkans !

Fermeture des bases américaines d’Europe orientale, d’Asie de l’Ouest et d’Asie centrale ! Retrait des troupes russes de Tchétchénie et d’Ingouchie !

Gouvernement ouvrier en Ossétie, en Abkhazie, en Géorgie et en Russie ! Fédération socialiste du Caucase !

8 septembre 2008

Collectif Révolution Permanente