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La direction franco-allemande d’EADS veut la suppression de 10 000 postes à travers l’Europe

Retrait du plan Gallois ! Aucun licenciement à Airbus ! Grève générale illimitée de tout le groupe EADS !

 

La solution des capitalistes d’un groupe capitaliste

 

Après plusieurs semaines de concertations des dirigeants allemands et français d’EADS et un ultime maquignonnage entre Jacques Chirac et Angela Merkel le 23 février, le président d’Airbus et vice-président d’EADS, Louis Gallois a présenté le « plan Power 8 » adopté à l’unanimité par le conseil d’administration d’EADS, qui produit aussi des lanceurs et du matériel militaire et dont Airbus est la principale filiale.

Le plan de restructuration prévoit la cession ou la fermeture de plusieurs usines, le repartage des activités entre les sites qui seront maintenus et la suppression de 10 000 postes en Europe en quatre ans, pour moitié des salariés d’Airbus, pour moitié des travailleurs de la sous-traitance ou de l’intérim. Autrement dit, contrairement à ce que prétend Gallois, 5 000 travailleuses et travailleurs seront licenciés, sans parler des pressions de toutes sortes sur 5 000 autres et l’intensification du travail pour celles et ceux qui garderont leur emploi.

Voici deux ans, lors du lancement de l’A380, Airbus était présenté comme une réussite de l’Union européenne par Gerhard Schröder, chancelier fédéral allemand, Jacques Chirac, président de la République française, Tony Blair, Premier ministre britannique, et José Luis Rodríguez Zapatero. Mais, comme tout groupe capitaliste, quelle que soit la nationalité des actionnaires et quelque soit leur caractère « privé » ou « public », EADS obéit à la logique du capital, à la recherche du profit, à la recherche de gains de productivité face à la concurrence, en aggravant l’exploitation de ses propres travailleurs. Le groupe américain Boeing a recouru exactement aux mêmes méthodes contre ses salariés après l’absorption de McDonnell Douglas et quand les ventes d’Airbus ont dépassé ses ventes d’avions civiles : 42 % des effectifs supprimés depuis 1998, augmentation des cadences pour ceux qui restaient. Ainsi, Boeing a retrouvé la première place.

 

Les dirigeants des partis réformistes et des syndicats d’accord pour… restructurer

 

Les partis communistes qui subsistent en Allemagne (PDS), en France (PCF) et en Espagne (PCE) défendent chacun « l’intérêt national », alors qu’aucun des pays d’Europe ne saurait faire face à lui seul à la concurrence de Boeing et qu’une telle tentative aboutirait à plus de sacrifices des travailleurs salariés de l’aéronautique. Chacun d’entre eux en appelle à son gouvernement bourgeois, alors que tous ceux-ci sont complices du plan Gallois.

Quant aux partis sociaux-démocrates, ils dirigent ces gouvernements en Grande-Bretagne et dans l’Etat espagnol (LP, PSOE) ou y participent en Allemagne (SPD). Celui qui est dans l’opposition (PS) avait confié, quand il était au pouvoir en France, le groupe EADS à la codirection du groupe capitaliste français Lagardère et il refuse aujourd’hui de se prononcer contre les licenciements. La solution de Ségolène Royal, sa candidate à l’élection présidentielle, est d’impliquer les régions dans le capital, alors que la présence des Länder dans le capital d’Airbus n’a visiblement pas protégé les travailleurs. Comme Marie-George Buffet, la candidate du PCF, Royal se prononce pour « un moratoire », c’est-à-dire une suspension du plan.

Comme la direction actuelle d’EADS, tous les dirigeants syndicaux (IGMetall, FO, CGT, UGT…) invoquent des « erreurs de gestion » de la précédente direction, pour camoufler que toutes les entreprises capitalistes procèdent périodiquement à des licenciements. Tous partagent les propositions mystificatrices des partis « socialistes » ou « communistes » : recapitalisation, un peu plus d’Etat national, un peu plus de régions ou un peu plus de bureaucrates syndicaux grassement rétribués dans les conseils d’administration… Les chefs syndicaux invoquent tous l’intérêt national, qui serait commun aux exploiteurs et aux exploités, aux licencieurs et aux licenciés. Par exemple, Jean-François Knepper, dirigeant de FO (le principal syndicat d’Airbus en France) ne met pas en cause la restructuration, mais la part de l’Allemagne :

Pour le dirigeant syndical, Louis Gallois a trop cédé aux Allemands, « qui rêvent depuis trente ans d'acquérir une position dominante chez l'avionneur européen  ». (Sud-Ouest, 2 mars 2007)

Les dirigeants syndicaux se proposent de négocier la restructuration, ils veulent reporter sur les travailleurs des autres pays le poids de la « restructuration » et ils se bornent à des actes symboliques : « journée d’action » en Allemagne et en France le 6 mars, « journée d’action » européenne le 16 mars.

 

Pas un seul licenciement ! Grève illimitée de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs d’EADS jusqu’au retrait du plan Gallois !

 

Spontanément, quand le plan de la direction franco-allemande a été connu, les travailleuses et les travailleurs de plusieurs sites allemands et français ont débrayé et manifesté. Ils avaient raison : assez de divisions entre nationalités, entre types de poste ou entre statuts ! La solidarité de classe peut vaincre l’adversaire de classe. C’est pourquoi les travailleuses et les travailleurs d’Airbus et d’EADS doivent imposer que les syndicats appellent à la grève générale illimitée de toute l’entreprise, de tous ses sous-traitants et de tout le groupe l’organisation d’assemblées générales sur chaque site, l’élection de leurs représentants, la centralisation des comités élus de chaque site à l’échelle européenne afin d’obtenir :

              le retrait du plan Gallois et le maintien de tous les postes de travail en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France,

              l’intégration en contrat à durée indéterminée de tous les travailleurs sous-traitants et intérimaires.

Une telle manifestation de force pourrait faire reculer la direction franco-allemande, d’autant plus vulnérable que le carnet de commandes d’Airbus est plein et qu’un arrêt de travail de toutes les usines entraînerait des retards de livraison. Elle ouvrirait la voie à d’autres victoires contre les plans de licenciements, contre les attaques visant les retraites et les allocations des chômeurs, contre les capitalistes patrons et contre tous les gouvernements à leur service.

En effet, toute victoire partielle reste fragile dans le cadre du capitalisme. Seuls le contrôle des ouvriers, techniciens, employés, ingénieurs d’Airbus sur l’entreprise, et l’expropriation des capitalistes actionnaires à commencer par DaimlerChrysler et Lagardère, peut garantir durablement l’emploi. Seule la création des Etats-Unis socialistes d’Europe permettra aux producteurs d’échapper à l’exploitation ou au chômage puisqu’ils dirigeront l’économie collectivisée et planifiée en supprimant les vieilles frontières depuis longtemps caduques de l’Europe. Seuls de nouveaux partis permettront aux prolétariats d’Europe d’exproprier les licencieurs et de renverser les vieux Etats impérialistes.

11 mars 2007

Collectif Révolution Permanente : Colectivo Revolución Permanente en el Perú (Pérou), Grupo Germinal (Etat espagnol), Groupe Bolchevik (France)