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Le mode
de production capitaliste a épuisé depuis longtemps son rôle progressiste,
comme l’ont prouvé, en particulier, les deux guerres mondiales et les crises
économiques mondiales de 1929 et de 1973. La bourgeoisie survit au prix de
guerres et de crises économiques, qui détruisent périodiquement des forces
productives à grande échelle.
La
bourgeoisie a prolongé sa domination grâce aux trahisons des appareils
réformistes du mouvement ouvrier. Ces sursis historiques répétés ne lui
confèrent pas une nouvelle jeunesse. L’économie capitaliste contemporaine est
stimulée par l’endettement et l’économie d’armements (plus de 1 100
milliards de dollars de dépenses militaires par an), ce qui entraîne la
spéculation, l’hypertrophie de la finance et le militarisme. Elle ne s’en sort
qu’en créant le terrain à de nouveaux conflits et à des déséquilibres
économiques encore plus graves.
Les
Etats se multiplient, divisant l’humanité par des frontières de plus en plus
archaïques. Le capitalisme prend un caractère de plus en plus parasitaire. La
production pour le profit entrave le développement économique et menace
dangereusement l’environnement. La dévastation par un cyclone et l’évacuation
militaire d’une ville entière des Etats-Unis, La Nouvelle Orléans, ont donné
une idée des conséquences du réchauffement climatique et aussi du caractère
raciste que prend le capitalisme en déclin.
Le
maintien du capitalisme coûte cher aux travailleurs des villes et des
campagnes. Les grandes puissances ont réaffirmé leur domination sur la
planète : après avoir bombardé la Serbie, envahi l’Afghanistan et l’Irak,
elles menacent l’Iran. Le capitalisme est restauré en Russie, en Europe de
l’est et en Chine. Les anciens bastions ouvriers des pays capitalistes sont
démantelés par les privatisations et les restructurations. Le taux
d’exploitation a été accru par l’intensification du travail et la limitation de
la hausse des salaires réels, voire leur baisse. Ainsi, le taux de profit a
temporairement remonté.
Les
découvertes de la science et de la technique débouchent trop souvent sur le
renforcement de l’exploitation et de l’oppression pour la majorité, le
gaspillage d’une minorité. Au sein des pays qui affirment être les modèles de
la démocratie, les libertés sont réduites au nom de la « lutte contre le terrorisme ».
L’obscurantisme et le cléricalisme font un retour en force. La barbarie
menace : en Irak, l’armée américaine emploie la torture ; dans
l’ex-Yougoslavie, au Rwanda, au Soudan, des génocides ont été commis ou sont en
cours ; les dirigeants de la Chine condamnent à la peine de
mort à grande échelle pour vendre des organes…
La
population palestinienne vit dans l’oppression et l’humiliation. L’espérance de
vie a diminué en Russie, des milliers de mineurs meurent chaque année en Chine,
les nouveaux capitalistes chinois et russes vivent dans le luxe alors que la
majorité de la population laborieuse manque de tout. Chaque année, des millions
de personnes sont contraintes par la guerre, la répression ou la pauvreté de
quitter leur pays ; dans les pays où ils arrivent, ils sont souvent
méprisés, surexploités et persécutés. Toutes les grandes métropoles hébergent
une population surnuméraire qui subit la misère et l’insécurité. Même dans les
pays présentés comme des modèles en matière d’emploi, le chômage est
massif ; partout, la précarité des travailleuses et des travailleurs
s’accroît.
Les
bureaucraties privilégiées et despotiques, qui dirigeaient les économies
étatisées proclamées « socialistes », ont elles-mêmes rétabli le
capitalisme. Les régimes nationalistes bourgeois, qui défiaient après la
seconde guerre mondiale les impérialistes européens et américain ont
généralement capitulé. Les directions nationalistes des peuples opprimés
rendent les armes (ANC, FSLN, FMLN, IRA, ETA…) ou jouent la carte de
l’impérialisme dominant (OLP, PDK, UPK…). Leur faillite a renforcé des courants
encore plus réactionnaires, racistes ou fondamentalistes.
Les
grandes organisations créées par le prolétariat à la fin du 19e
siècle et au début du 20e ont protégé leur classe dominante et leur
Etat bourgeois face à la dernière vague révolutionnaire mondiale, celle des
années 1960 et 1970, ce qui a permis la contre-offensive de la bourgeoisie
mondiale dans les années 1980 et 1990. Les appareils corrompus des syndicats
ont préconisé l’intérêt national, ont cogéré, ont empêché les grèves générales,
ont négocié les plans anti-ouvriers ; les partis réformistes, tant de type
social-démocrate que stalinien, ont défendu leur bourgeoisie et, parfois, géré
loyalement leur Etat bourgeois au détriment des travailleurs du pays et des
pays dominés.
Durant
les années 1960 et 1970, de multiples courants castristes, maoïstes et
pseudo-trotskystes avaient capté l’énergie révolutionnaire de la jeunesse en
prétendant relever le drapeau de la révolution abandonné par l’Internationale
« socialiste » et les partis « communistes ».
Avec le
reflux de la classe ouvrière et en particulier la restauration du capitalisme
en Russie et en Chine, les organisations centristes ont disparu, ou ont rejoint
les partis traditionnels, ou encore ont mis sur pied de nouveaux partis
ouvriers bourgeois. Les anciennes organisations « gauchistes » ou
« radicales » sont devenues pour la plupart réformistes, pacifistes,
voire patriotes. Elles travaillent la main dans la main avec des bureaucrates
syndicaux, s’alignent sur Chavez, font passer le Forum social mondial pour
« anticapitaliste », elles font confiance à l’ONU ou elles courtisent
les mouvements écologistes et religieux. Presque toutes ont voté à un moment ou
un autre pour des partis bourgeois (comme la LCR de France pour Chirac…) et
même mettent en place des fronts populaires (Parti socialiste des travailleurs
de Grande-Bretagne). Certaines ont réclamé plus de policiers (Lutte ouvrière de
France). D’autres participent à des gouvernements bourgeois (Démocratie
socialiste du Brésil, Parti communiste maoïste du Népal).
Mais la
classe ouvrière a crû à l’échelle mondiale. De nouvelles concentrations locales
de travailleurs apparaissent, des générations qui n’ont pas connu de défaites
renouvellent le prolétariat.
La
jeunesse scolarisée a mené des luttes importantes en Grèce, au Chili, en Italie
et en France. Les peuples d’Irak n’ont pas été soumis malgré les énormes moyens
militaires britanniques et américains. Les conducteurs de bus et les
enseignants ont fait grève en Iran, des étudiants et des femmes y ont
manifesté. Le prolétariat chinois a commencé à lutter collectivement malgré une
répression intense. Plusieurs présidents élus ont été chassés en Amérique
latine, les masses du Venezuela ont résisté aux tentatives de coup appuyés par
l’impérialisme, des organes soviétiques sont nés en Bolivie et au Mexique, sous
la forme des Assemblées populaires d’El Alto – La Paz et d’Oaxaca. Aux
Etats-Unis, le consensus patriotique de 2001 autour de Bush s’est effrité comme
en témoignent les manifestations contre la guerre, les grèves, les protestations
contre les lois qui visent les immigrés. En Europe, les manifestants contre la
guerre irakienne ont été gigantesques dans les Etats qui y participaient
(Grande-Bretagne, Etat espagnol, Italie). Un véritable soulèvement, laissé sans
perspective, a secoué les banlieues de la France. En Afrique, les travailleurs
et les étudiants de la Guinée ont mené une grève générale contre le pouvoir de
Conté.
La
classe ouvrière (les ouvriers, les employés, les techniciens, etc.) est
désormais majoritaire à l’échelle mondiale et crée l’essentiel des richesses de
la société. Elle a le potentiel d’empêcher l’humanité de sombrer dans l’abîme
où l’entraîne inexorablement la minorité des capitalistes. Si elle mène une
lutte résolue contre sa bourgeoisie, elle saura entraîner une grande partie de
la paysannerie pauvre, de la jeunesse en formation, des chômeurs et des
déclassés des périphéries des mégalopoles, et même une fraction des cadres.
La ligne
de conciliation et de capitulation envers les classes dominantes des directions
bureaucratiques démoralise et divise les rangs ouvriers. L’unité des
travailleurs se forge contre la bourgeoisie. La classe ouvrière, n’étant pas
une classe exploiteuse, n’a d’autre moyen pour se défendre que l’organisation.
Parce qu’il combat pour l’unité de ses organisations face aux patrons et aux
gouvernements à leur service, le prolétariat exige des directions des
syndicats, des partis, qu’ils rompent avec la bourgeoisie. Il cherche à imposer
la démocratie ouvrière dans ses syndicats et ses assemblées, à organiser sa
défense face aux fascistes, aux islamistes et à tous les mercenaires du
capital.
Si la
classe ouvrière parvient à surmonter la politique de trahison des agents
« réformistes » de la bourgeoisie, alors la défense des conquêtes
sociales et des libertés, la lutte pour la réduction du temps de travail,
l’indexation des salaires, contre l’oppression nationale, contre la guerre
impérialiste, pour l’émancipation des femmes, le contrôle ouvrier… seront
efficaces et se combineront en une force formidable. Alors, en une révolution
permanente, le combat dans chaque pays pour le renversement de l’Etat bourgeois
et pour un gouvernement des travailleurs basé sur des organismes de pouvoir
ouvrier ouvrira la voie à l’expropriation du capital, à la planification par
les producteurs, à la construction du socialisme et à la fédération socialiste
mondiale.
Pour
cela, les travailleuses et les travailleurs les plus avancés doivent se regrouper
au sein d’un parti révolutionnaire, à l’échelle nationale et internationale.
Car la classe ouvrière est la première classe qui, pour être révolutionnaire,
doit être internationaliste. D’abord, elle comporte toujours des immigrés.
Ensuite, elle est de plus en plus exploitée par des groupes des Etats-Unis,
d’Europe de l’Ouest et du Japon qui sont transnationaux. Surtout, seule la
classe ouvrière est capable de renverser les frontières qui constituent des
entraves au développement des forces productives : le socialisme ne pourra
voir le jour qu’à l’échelle mondiale.
BP du Collectif Révolution Permanente
Le CoReP comprend : Colectivo revolución
permanente en el Perú (Pérou), Groupe bolchevik (France),
Grupo Germinal (Etat espagnol)