Révolution Socialiste  

Accueil

CoReP

CRP en el Perú

 

Pérou

Pour la nationalisation des richesses du pays
sans indemnité et sous contrôle ouvrier

 

Le trait commun des gouvernements des vingt dernières années (la dictature de Fujimori, le régime de Toledo, l'APRA), c’est la remise des ressources naturelles et des entreprises publiques au capital impérialiste et d'autres grandes multinationales. Cette dépossession historique menée par tous ces gouvernements contre le peuple a pu compter sur la complicité des autres partis bourgeois représentés au Congrès et a été la cause de la non-satisfaction des besoins les plus urgents de la population, en dépit de l'exploitation intensive de la nature dans le pays.

Cette réalité ne changera pas tant que la richesse nationale n'est pas détenue par l'Etat et que celui-ci ne sera pas sous le contrôle de ceux qui produisent. Alors peut s’ouvrir la voie vers une société où les masses laborieuses sont à même de jouir des fruits de leurs efforts, par la suppression de l’État actuel des capitalistes et son remplacement par un État des travailleurs.

 

Le plan de la CGTP

 

Compte tenu de cette situation, le devoir de toute organisation ouvrière est de prendre la tête de la lutte pour les grands objectifs sociaux et politiques des travailleurs. Mais la direction de la CGTP manque à son devoir de classe. En février, elle a présenté son « plan des travailleurs » qui ne contient pas les objectifs fondamentaux comme la re-nationalisation des entreprises privatisées, l'annulation de tous les accords de libre-échange, l’annulation de la dette extérieure, un salaire qui assure le nécessaire quotidien, l'accès aux services publics à des tarifs abordables, le crédit et la remise des terres au paysan, la rupture avec les gouvernements impérialistes et leurs organisations économiques internationales. Bien qu'il revendique une éducation gratuite, il ne défend pas la gratuité des soins.

En outre, certains points du plan confédéral n’ont rien à voir avec les intérêts du prolétariat et son état ​​aigu de pauvreté : l’augmentation de l’impôt sur le revenu (un palliatif dérisoire à l'exploitation du travail par le capital), le soutien aux PME (qui se comportent comme les grandes entreprises envers les travailleurs), le sauvetage financier de l'industrie sucrière (qui profiterait au groupe capitaliste Oviedo) au lieu de lutter pour l'expropriation sans indemnité ni rachat et sous contrôle ouvrier des entreprises ; l’appui aux TPE (un concept qui mélange des intérêts de classes différentes : les travailleurs indépendants et des petits patrons férocement exploiteurs du salariat) ; la demande de « modification de la Constitution » (qui vise à aménager la Constitution actuelle et le maintien d’une Constitution bourgeoise pour le Pérou). Toutes ces mesures visent à réformer timidement certains aspects de l'État, tout laissant intact son pouvoir économique et politique, étranger et hostile aux masses.

 

Le programme du nationalisme bourgeois

 

Vu la conception bourgeoise du « plan » de la bureaucratie syndicale, il n’est pas surprenant qu’elle ait accordé son soutien au programme électoral du Partido Nacionalista Peruano. Le document en 10 points du PNP résume bien sa politique de défense du système capitaliste et de l’Etat de la bourgeoisie péruvienne.

Les piliers de cette plate-forme sont les suivants :

1) « Une nouvelle Constitution » : une constitution « démocratique » de plus dans notre histoire, mais qui se garde de toucher au pouvoir économique et politique de la classe dirigeante. 2) L’économie nationale de marché : une défense de l'économie de marché capitaliste, un système exploiteur qui garantit « les investissements nationaux et étrangers ». 4) « récupérer la souveraineté sur les ressources nationales ». 6) « Du travail et des pensions décentes » et 7 ) « L’éducation et la santé pour tous » : démagogie totale, sans aucune mesure concrète pour établir la « souveraineté nationale » (qui exige la collectivisation de toutes les richesses), pour établir le « travail décent » (ce qui exige des salaires qui permettent de satisfaire les besoins de base et la santé et l'éducation universelle, gratuite et de qualité). Pas de véritable volonté politique de les réaliser car cela passe par l’expropriation de l'impérialisme et de la bourgeoisie dont fait partie le candidat Ollanta Humala, pour assurer les ressources nécessaires à la population dans toutes les régions. 8) « La sécurité » : un Etat policier. En face de la pauvreté structurelle de larges parties de la population et de l’accroissement qui en découle de la délinquance et de la criminalité, les gouvernements bourgeois recourent toujours à la répression, mais jamais à la création d'une économie pour les travailleurs. Le nationalisme ne ferait pas exception. 10) « L'intégration régionale et la mondialisation solidaire » : la « révision des traités de libre-échange », donc leur pérennité, la poursuite de la soumission à l'impérialisme et le maintien du pays dans les institutions créées par les classes dominantes d’Amérique du Sud (CAN, Mercosur, Unasur…).

À ce programme capitaliste, ont apporté leur soutien depuis des mois les sommets de la CGTP, qui sont composés du PCP et de Patria Roja.

 

Les candidats de la CGTP

 

L'Assemblée des délégués CGTP du 12 février a pris une décision historique, très regrettable du point de vue des objectifs majeurs et historique des travailleurs. Elle a apporté un soutien officiel à cinq candidats des listes de Ghana Perú (Sifuentes, Dammert, Cortez, Ruiz et de la Cruz) qui sont tous des responsables syndicaux, dont la présidente nationale (Carmela Sifuentes) et le secrétaire nationale (Manuel Cortez). Cette décision appuie des candidats qui sont le produit d'un accord entre le PNP, la haute bureaucratie syndicale et le Parti communiste du Pérou opportuniste, dont Roberto de la Cruz est le secrétaire général.

Ce soutien vise à remettre les votes  des travailleurs organisés aux pieds de la fraction nationaliste de la bourgeoisie péruvienne et de son candidat, un officier supérieur avec un lourd passé dans la répression. La bureaucratie syndicale réformiste, une fois de plus, détruit la possibilité d'une politique de classe indépendante contre toute la classe dirigeante et contre son Etat. Le nationalisme bourgeois peut maintenant se vanter d'avoir complètement dompté le mouvement syndical dont l’appareil se refusait à chasser les gouvernements haïs de Toledo et de Garcia, qui empêchait l'unité de toutes les luttes et soulèvements du pays dans une grève générale illimitée, qui refusait d’organiser l'ensemble du mouvement syndical et populaire dans une Assemblée nationale populaire qui aurait exprimé le pouvoir des exploités. La direction de la CGTP avait l'opportunité d'appeler le mouvement des masses à présenter ses propres candidats qui le représenteraient et se battraient pour ses objectifs de classe. Mais elle a choisi de persister dans sa servilité réformiste. Les nouvelles générations prolétariennes sauront la juger et régler les comptes politiques.

Pour prendre dans nos mains la richesse nationale produite par les travailleurs, pour ouvrir la voie révolutionnaire à la société socialiste :

·      exproprier sans indemnité l'impérialisme et la bourgeoisie,

·      mettre les entreprises sous contrôle ouvrier.

Les travailleurs n'ont pas de candidat à la présidentielle :

·      aucun vote pour un candidat de la classe dominante,

·      le vote de classe, c’est le vote nul.

23 mars 2011

Colectivo Revolución Permanente en el Perú
Collectif révolution permanente au Pérou