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Lettre du CRI suite à la réponse du Groupe Bolchevik

 

 

Chers camarades du GB,
  
  
  Votre long courriel a bien évidemment été adressé aux camarades du Groupe CRI ainsi qu’à Grosz. Comme il s’agit pour nous d’éviter la polémique et d’avancer réellement vers la constitution d’une tendance intersyndicale de lutte de classe, je suis chargé de ne vous répondre ici que sur la partie de votre message qui concerne directement le texte proposé.
  
  
  Je précise d’abord que ce texte n’est évidemment pas soumis uniquement au GB, mais qu’il est en cours de discussion avec d’autres militants et d’autre groupes, notamment la Nouvelle gauche communiste, la Fraction de LO, la tendance syndicale Émancipation, le CCIT (ex-fraction publique de CPS)… Dans la situation actuelle de la lutte de classe et des multiples organisations qui s’en réclament, il s’agit, à notre avis, de constituer une tendance intersyndicale de lutte de classe qui soit à la fois bien délimitée (dans le sens donné par le texte) et suffisamment large pour que les divergences entre militants et groupes ne soient plus un obstacle au combat commun contre la collaboration de classe. Cette démarche nous semble nécessaire pour commencer à surmonter partiellement la dispersion considérable des militants et des groupes, en les rassemblant au moins dans le combat majeur contre les bureaucraties du mouvement ouvrier, puisque nous sommes d’accord pour caractériser celles
 -ci comme les obstacles majeurs auxquels se heurtent les luttes actuelles des travailleurs.
  
  
  Vous exprimez un accord global prometteur avec le projet d’Appel et soumettez trois amendements :
  
      
   Le premier (" liberté de circulation et d’établissement pour tous les travailleurs, mêmes droits pour tous les travailleurs salariés ") ne pose aucun problème et est donc intégré.  

  
      
   Votre second amendement (concernant la participation et la cogestion) est un point sur lequel vous connaissez très bien notre position, puisque nous vous l’avons exposée dans notre lettre du 16 mars 2004, point 9 (e), pages 38-39. Je vous rappellerai donc simplement ici que nous sommes contre la cogestion (que ce soit à l’Université, dans les entreprises ou à la Sécurité sociale), mais que cela ne signifie pas nécessairement, à notre avis, qu’il faille par principe ne jamais siéger dans les instances de cogestion, du moment qu’on s’en sert pour dénoncer publiquement la politique qui y est menée. De notre point de vue, le fait de siéger tactiquement dans ce type de conseils ne pose pas de problèmes essentiellement différents que de siéger dans un Parlement bourgeois, puisque ce dernier ne sert lui aussi à rien d’autre qu’à la " gestion " des affaires générales de la bourgeoisie. — Pour que notre divergence ne soit pas un obstacle au travail commun rendu possible par les nombreux
points d’accord fondamentaux exprimés dans le texte, nous vous faisons une proposition : 1) nous intégrons le mot d’ordre " Non à la cogestion ! " (p. 1, après " assez du prétendu ‘dialogue social’ ") ; 2) nous ouvrirons une discussion entre tous les militants qui participeront à la tendance sur la question de savoir s’il est juste ou non de siéger tactiquement dans les conseils de gestion sur une ligne de dénonciation de la cogestion.  

  
      
   Votre troisième amendement (concernant la " présence des syndicats de policiers dans les confédérations syndicales ") mérite lui aussi d’être discuté, et non présenté comme un préalable à la construction commune d’une tendance lutte de classe. Il nous semblerait d’autant plus regrettable que vous en fassiez un préalable que, à notre connaissance, vous-mêmes ne menez aucun combat, dans quelque syndicat que ce soit, pour l’expulsion des syndicats de policiers (alors que vous dénoncez bien évidemment, de manière continue et à juste titre, la collaboration de classe des bureaucrates sous toutes ses formes). Nous en concluons que cette question n’est pas, à vos propres yeux, une question décisive dans les circonstances actuelles de la lutte de classe en France ; dès lors, pourquoi faudrait-il la trancher dans un appel à la constitution immédiate d’une tendance intersyndicale ? Au demeurant, bien d’autres questions n’y sont pas tranchées, comme c’est inévitable, car il faut bien
  aller à l’essentiel et tenir compte des exigences propres à la situation actuelle.  

  
  
  Il faut insister pour finir sur le fait que la tendance à construire sera démocratique : les militants auront naturellement le droit de soumettre à la discussion des textes et des mots d’ordre, tant par écrit que lors des Assemblées générales. Il s’agit à ce stade de proposer un Appel qui propose la constitution de cette tendance, et qui ne peut donc supposer résolues l’ensemble des questions qu’elle aura à traiter en fonction des besoins de son intervention dans la lutte de classe.
  
  
  Avec mes salutations constructives,
  Ludovic Wolfgang
  
  
  PS : En même temps que la copie du courriel que vous nous avez envoyé, vous avez jugé utile d’adresser à un certain nombre de groupes étrangers le premier jet de l’Appel pour une tendance intersyndicale de lutte de classe et anti-bureaucratique, mais non le second, qui intègre pourtant les acquis de la discussion du 10 décembre. C’est pourquoi je joins ici la version la plus récente de cet appel (avec en vert les deux amendements intégrés).
  
  
  PPS : Étant donné le retard pris dans l’élaboration du texte, la date du 21 janvier, proposée pour la prochaine réunion, semble désormais incertaine. Nous vous tiendrons bien évidemment informés de son changement possible.