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APPEL POUR LA CONSTITUTION D’UNE TENDANCE INTERSYNDICALE

LUTTE DE CLASSE ANTIBUREAUCRATIQUE

 

Aux militants syndicaux, syndicats et tendances syndicales qui se prononcent

- Pour la lutte de classe, contre la collaboration de classe sous toutes ses formes

- Pour la coordination des luttes, pour la grève générale

- Pour vaincre le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy sans attendre 2007

 

 

Quel que soit le syndicat de travailleurs dans lequel nous militons et quels que soient par ailleurs nos engagements ou sensibilités politiques, nous avons en commun de nous reconnaître dans les trois points énoncés ci-dessus.

 

Nous constatons que la lutte de classe des travailleurs va de défaite en défaite, sans pouvoir empêcher la destruction des acquis sociaux, les privatisations, les plans de licenciements, les rafles de « sans-papiers », la répression des syndicalistes, des lycéens et des jeunes, etc.

 

Ces défaites, qui conduisent au découragement, ne sont pas dues au manque de volonté des travailleurs et des opprimés, ni à la seule force d’un gouvernement minoritaire désavoué et honni, mais avant tout aux trahisons et à la collaboration de classe des principaux dirigeants du mouvement ouvrier :

 

-     Les travailleurs ont participé massivement aux journées de grève et de manifestations des 20 janvier, 5 février, 10 mars et 4 octobre, pourtant sans perspective et sans lendemain ; la grande majorité de la population les a soutenus ; mais les dirigeants du mouvement ouvrier ont à chaque fois refusé d’appeler à la poursuite et à la généralisation de la mobilisation, sous prétexte d’aller « négocier » avec le gouvernement !

-     Les lycéens se sont mobilisés en masse au printemps contre la loi Fillon ; mais les dirigeants des principaux syndicats lycéens et enseignants ont voulu « négocier » la loi Fillon sous prétexte de « diagnostics partagés », et ils ont, dès lors, refusé d’appeler à la grève générale de l’Éducation !

-     Les travailleurs de la SNCM ont mené une grève puissante et héroïque pendant 26 jours, avec le soutien des travailleurs portuaires de Marseille et de Corse et la sympathie d’une grande partie de la population ; mais les dirigeants ont refusé d’en faire le point de départ d’une grève générale, ils ont accepté la privatisation de la compagnie nationale en prétendant qu’il n’y avait pas d’autre solution, et Thibault est même allé « négocier » personnellement avec Villepin alors que celui-ci venait d’envoyer l’armée et la police contre les grévistes !

-     Les traminots de Nancy ont fait grève pendant 17 jours, ceux de Marseille pendant 40 jours, les travailleurs de la raffinerie Total de Gonfreville-l’Orcher pendant un mois, etc.,… mais tous sont restés isolés et ont finalement perdu sur l’essentiel, car les dirigeants ont là encore refusé d’appeler à la généralisation de la lutte…

 

Contre cette collaboration de classe des principaux dirigeants du mouvement ouvrier, nous disons :

 

-    Assez de prétendues « négociations » avec ce gouvernement !

-    Assez de « consultations » préparatoires aux contre-réformes, assez de « diagnostics partagés », assez du prétendu « dialogue social » !

-    Assez de « journées d’action » sans lendemain et sans perspective !

-    Faire reculer le patronat et de vaincre le gouvernement passe par la grève générale interprofessionnelle : il faut la préparer !

 

Nous constatons qu’il n’y a, à ce jour, aucune coordination et même aucune discussion entre les militants syndicaux lutte de classe et que cela limite considérablement l’efficacité de nos efforts respectifs pour combattre la collaboration de classe, donc le patronat et le gouvernement. Il ne s’agit pas de nier nos divergences, mais nous sommes convaincus que, dans l’intérêt supérieur des travailleurs, ces différences ne sauraient justifier plus longtemps que l’on s’abstienne d’agir ensemble dans ce sens. C’est pourquoi nous considérons qu’il est de notre devoir de nous réunir immédiatement, sans autres préalables que les trois points énoncés ci-dessus, dans le but d’agir ensemble à l’intérieur de nos syndicats et organes unitaires de lutte à tous les niveaux, ainsi que dans nos entreprises ou établissements.

 

Pour notre part, nous proposons d’aller vers la constitution d’une tendance intersyndicale lutte de classe antibureaucratique, qui ne soit en aucun cas l’émanation de telle ou telle organisation politique particulière, mais qui fonctionne comme un cadre de débat et de combat commun, comme un instrument de coordination et d’action capable de rassembler tous les militants syndicaux décidés à animer la lutte de classe la plus résolue.

 

Le programme de cette tendance intersyndicale doit être de combattre le patronat et tous les gouvernements au service du capital, en aidant à l’unification des luttes, avec comme principales orientations :

 

-    Non aux privatisations ! Renationalisation sans indemnités ni rachat des entreprises privatisées sous le contrôle des travailleurs et des usagers !

-    Défense des acquis sociaux, des services publics, de la Sécurité sociale, des diplômes nationaux !

-    Faire échec aux plans de licenciements par les méthodes de la lutte de classe : grèves, manifestations, solidarité matérielle avec les grévistes, occupation des entreprises !

-    Augmentation de tous les bas et moyens salaires : 300 euros pour tous ! Le SMIC à 1500 euros nets ! Contre l’annualisation, retour au décompte hebdomadaire des heures de travail !

-    Diminution générale du temps de travail sans baisse des salaires et sans flexibilité, pour permettre l’embauche des chômeurs, la disparition de la précarité et du temps partiel imposé !

-    Des papiers pour tous ! Halte à la répression des immigrés, des jeunes et des syndicalistes ! Défense des libertés démocratiques ! Levée de l’état d’urgence !

-    Solidarité avec les travailleurs et les organisations des pays exploités et opprimés par l’impérialisme, tout particulièrement par l’impérialisme français !

 

Les méthodes défendues par cette tendance intersyndicale seraient celles de l’efficacité et de la démocratie ouvrière :

 

-    Pour l’auto-organisation des travailleurs en lutte, syndiqués et non syndiqués : souveraineté des Assemblées générales, fédération locale, régionale et nationale des A.G. par l’élection de délégués élus, mandatés et révocables ;

-    Pour la réappropriation des syndicats par les travailleurs : campagnes de syndicalisation massive, réunion régulière des adhérents, élection des responsables syndicaux à tous les niveaux, révocation des traîtres et des bureaucrates avérés, contrôle des comptes des syndicats et des décharges horaires par les syndiqués ;

-    Pour l’unification des syndicats de travailleurs en une centrale unique et démocratique, intégrant le droit de tendance.

 

Le 23 décembre 2005