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CAHIER BOLCHEVIK N°18

 

Jean Rous

Espagne 1936-1939 La révolution assassinée

 

 

La révolution prolétarienne éclate en Espagne quand les fascistes menés par le général Franco déclenchent un coup d’État militaire, le « Movimiento »,  le 17 juillet 1936.

« Chaque fois que les organisations ouvrières se laissent paralyser par le souci de respecter la légalité républicaine, chaque fois que leurs dirigeants se contentent de la parole donnée par les officiers, ces derniers l’emportent… Par contre, le Movimiento est  mis en échec chaque fois que les travailleurs ont eu le temps de s’armer, chaque fois se sont attaqués immédiatement à la destruction de l’armée en tant que telle...» (Pierre Broué & Émile Témine, La Révolution et la guerre d’Espagne, Minuit, 1961, p. 87)

L’Espagne se trouve divisée en deux, une partie où règne la terreur blanche, où sont affirmés la propriété, l’autorité de l’armée et les privilèges de l’Église catholique ; une autre où les travailleurs des villes et des campagnes ont constitué de multiples organes de lutte. Dans les grandes villes et les petits villages, ils prennent au collet les capitalistes et les propriétaires fonciers, s’emparent des terres, des usines, des banques, des transports...  Mais toutes les organisations ouvrières, y compris anarchistes, sont subordonnées à la bourgeoisie « républicaine » et « démocratique ». Le gouvernement de coalition prétend que les revendications des ouvriers, des paysans pauvres et des peuples coloniaux doivent attendre et n’a de cesse de dissoudre les comités. Le drame est que les militants révolutionnaires sont dispersés dans diverses organisations qui sont incapables de rejeter le Frente popular, de rompre avec la bourgeoisie espagnole. Aucun parti analogue au Parti bolchevik forgé par Lénine ne trace une autre voie, pas même le POUM, un parti bien plus radical que la plupart des organisations « trotskystes » contemporaines.

« La ligne de moindre résistance s'avère dans la révolution la ligne de pire faillite. … Telle est la principale leçon de l’effondrement de l’organisation politique la plus honnête de l’Espagne, le POUM, parti centriste. » (Léon Trotsky, Leçon d’Espagne : dernier avertissement, 1937, La Révolution espagnole, Minuit, p. 501)

Jean Rous, alors militant du Parti ouvrier internationaliste / France, est envoyé à deux reprises en Espagne par la 4e Internationale. Il décrit en 1939 dans cette brochure ce qu’il a vu sur place et en trace un premier bilan.