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Ce texte fut publié
initialement sous le titre : Octobre
1956, Pologne et Hongrie, à l’avant-garde de la lutte internationale du
prolétariat, les travailleurs se soulevaient contre la bureaucratie, Actualité et
enseignements de la révolution des conseils ouvriers, anonymement, sous
forme d’un numéro spécial de La Vérité
(n° 534, en octobre 1966).
Il est très
probablement de Stéphane Just, qui venait d’être élu
au secrétariat international du Comité international de la 4e
Internationale et était membre du comité central de l’organisation française du
CIQI, qui allait quelques mois après prendre le nom d’Organisation communiste
internationaliste. Suite à une décision du Comité international, La Vérité complète,
approfondit et rectifie les travaux pionniers de Peter Fryer
et de Pierre Broué.
L’ouvrage de Broué (François Manuel, La Révolution hongroise des conseils ouvriers), avait pour
mérite d’établir dès 1957 la vérité sur une révolution ouvrière que tant les bourgeoisies
impérialistes (et leurs valets sociaux-démocrates) que la bureaucratie du
Kremlin (et ses appendices staliniens comme le PCF) tentent alors de faire
passer pour un mouvement purement national, pro-capitaliste,
voire clérical et fasciste.
Pour autant, Broué et Lambert ont toujours eu tendance à s’en remettre
au processus objectif pour accomplir les tâches de la révolution prolétarienne
ou, plus exactement, à s’en remettre des substituts au parti révolutionnaire.
Cela amène Broué à justifier la présence de partis
bourgeois, dès le premier gouvernement Nagy mis en place par Mikoyan et Souslov (p. 77 de
l’édition de 1976) et à qualifier le troisième gouvernement Nagy de « gouvernement de la révolution »
(p. 79). Broué passe sous silence l’appel
d’Imre Nagy à l’ONU le 1er novembre (p. 68).
Cinquante après,
des groupes comme le CRI ou le GCPOR reprennent imperturbablement à leur compte
les errements opportunistes de Broué et Lambert. De
manière complémentaire, aucun de ces groupes n’a un mot pour le Comité
international de la 4e Internationale, ni pour la Ligue des
révolutionnaires socialistes de Hongrie. Le CRI adopte telle quelle
l’expression de « gouvernement de la révolution » pour qualifier le 3e
gouvernement Nagy (Le Cri des Travailleurs, novembre 2006, p. 54). Quant
au GCPOR, il reprend mot pour mot ce que dit Broué
pour justifier la présence des partis bourgeois dans les trois gouvernements
d’Imre Nagy : le Parti national paysan aurait représenté « la
population laborieuse des campagnes » et le Parti des petits propriétaires
n’aurait as été pro-capitaliste (Combattre pour le
Socialisme, 12 janvier 2007, p. 36). Alors que ce dernier, qui existe
toujours, est des partis les plus réactionnaires de la Hongrie capitaliste
d’aujourd’hui…
Pour construire une
internationale ouvrière révolutionnaire, il convient de partir non des
confusions, mais du point le plus élevé de l’élaboration (en l’occurrence la
résolution du SWP américain de 1956 et l’étude del’OCI
de 1966). Cette dernière inscrit la révolution politique hongroise de 1956 dans
la lutte des classes mondiale et pose clairement la question du parti, tant à
l’échelle mondiale qu’en Hongrie. Par conséquent, elle met en valeur l’activité
en 1956 des organisations du Comité international, qui débouche sur la
constitution en 1963 d’une organisation trotskyste hongroise, la LRSH.
Just finira sa vie comme un
révolutionnaire, Broué somme un social-démocrate.