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La France à un tournant (1936)
Face au coup fasciste du 6 février 1934, les
travailleurs imposent l’unité aux deux principaux partis ouvriers, le PCF-SFIC
et le PS-SFIO. Mais le front unique reste sans véritable contenu, car leurs
directions respectives veulent toutes deux éviter la révolution. Devant la
menace que représente pour l’URSS le prise du pouvoir par Hitler, la
bureaucratie de l’URSS cherche à nouer des alliances avec les impérialismes
britannique, français et américain ; elle fait tourner l’IC stalinisée
vers le « front populaire ». Dès 1934, le PCF s’affirme patriote et,
en 1935, il s’oriente vers l’unité avec
le Parti radical.
La direction de la SFIO l’accepte d’autant plus
qu’elle pratique depuis longtemps des alliances avec le principal parti
bourgeois de la 3e République. Par conséquent, elle reprend la
perspective de Front populaires et expulse les bolcheviks-léninistes. Pivert
constitue alors la « Gauche révolutionnaire » qui brouille les cartes
en bavardant sur la révolution, tout en soutenant le Front populaire. Son dirigeant
Marceau Pivert est récompensé par un poste de ministre dans le cabinet que
constitue Blum en juin 1936.
Quand la grève générale spontanée déferle en
mai-juin 1936, le patronat fait un certain nombre de
concessions. Blum (PS), Thorez (PCF) et
Jouhaux (CGT) conjuguent leurs efforts pour faire reprendre le travail. Pivert
continue à présenter la SFIO comme le parti dont la classe ouvrière a besoin.
Faute d’un parti ouvrier révolutionnaire implanté, abusés par le PCF qui
représente pour beaucoup la révolution russe, les travailleurs cessent la grève
sans avoir écrasé la menace réactionnaire, sans avoir créé et centralisé des
comités. Le gouvernement prône désormais « la pause », réprime les
mouvements des colonies, envoie les policiers à Clichy, refuse d’aider les
républicains espagnols...
La classe ouvrière, trahie par ses directions, a
laissé passer sa chance de prendre le pouvoir et d’ouvrir de nouveau la voie de
la révolution en Europe, de renverser d’un côté Mussolini et Hitler, de l’autre
Staline. La bourgeoisie, exaspérée par la peur qu’elle a éprouvée devant la
force du prolétariat et par les concessions qu’elle a dû accepter, mène une
contre-offensive qui s’achèvera en
1940 : fuite des capitaux, hausses de prix, renversement du cabinet
Blum (qui s’incline devant le Sénat), décrets Daladier (Parti radical) qui
annule les réformes sociales de Juin 1936, répression de la grève de
protestation qui s’ensuit, interdiction du PCF, dictature de Pétain… Après le
triomphe du nazisme en Allemagne, cet échec de la révolution française, suivi
lui-même de la défaite de la révolution espagnole aux mains du
gouvernement Frente popular rallié par
les anarchistes et le POUM, appuyé par la Guépéou, permet la préparation d’une
nouvelle guerre mondiale qui va ravager le continent, exterminer les Juifs,
coûter des millions de vie aux travailleurs de Russie et d’Europe.
Les textes de Léon Trotsky consacrés à la France des années 1930
prouvent qu’une autre voie était possible,
Leur étude reste utile à celles et ceux qui veulent construire un parti
de type bolchevik pour que la classe ouvrière et la jeunesse profitent de la
prochaine occasion historique de renverser le capitalisme français, sa
bourgeoisie exploiteuse, son État impérialiste.