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CAHIER BOLCHEVIK N°13

 

Léon  Trotsky

Où va la France ? (1934)

 

En janvier 1933, Hitler prend le pouvoir. Après la crise économique de 1929, le NSDAP de Hitler apparaissait de plus en plus comme un recours possible aux petits-bourgeois ruinés qui lui fournissent des troupes et comme une solution politique possible pour les grands groupes industriels et bancaires qui le finançaient. Tant le SPD qui misait sur les partis bourgeois « démocratiques » que le KPD qui prenait pour cible le SPD (dit « social-fasciste ») ont empêché la réalisation du front unique ouvrier pour écraser la menace fasciste, malgré les avertissements et les propositions de l’Opposition de gauche internationale de l’Internationale communiste et de l’IKD allemande (voir le recueil de Trotsky, Comment vaincre le fascisme).

Partout, les courants fascistes voient dans la défaite sans combat du mouvement ouvrier allemand un encouragement. En France, les « ligues » fascistes (Croix de feu, Jeunesses patriotes, Camelots du Roi), exploitant l’affaire Stavisky, tentent un coup contre le Parlement le 6 février 1934. Sans vergogne, le PCF appelle à manifester en même temps. La police se heurte aux émeutiers place de la Concorde. Le cabinet Daladier (radical) démissionne sous la pression fasciste.

Les masses prolétariennes cherchent à prévenir une défaite analogue à celle de l’Allemagne et à échapper aux conséquences de la crise économique. Cette aspiration se réfracte au sein du mouvement ouvrier français : un chef du PCF-SFIC, Doriot, prend position pour le front unique ouvrier en mai 1933 ; le PS-SFIO expulse son aile droite (les « néo-socialistes ») en 1932 et voit naître une fraction pour le front unique animée par Zyromski et Pivert. Le 12 février 1933, les travailleurs répondent massivement au mot d’ordre de  grève contre le coup fasciste et manifestent  dans les cortèges séparés du PS-SFIO et du PCF qu’ils font converger, à Paris, sur le cours de Vincennes, dans l’enthousiasme. Les directions de la SFIO et du PCF sont contraintes de conclure un front unique, mais celui-ci reste sans véritable contenu.

Pour construire un nouveau parti et la 4e Internationale, Trotsky conseille à ses camarades de la LC de ne pas s’isoler du front unique qu’ils avaient préconisé. Il leur suggère d’entrer dans la SFIO, toute activité au PCF étant impossible dans les conditions de violence et de calomnie staliniennes. Non sans tensions et dissensions (car la plupart viennent du PCF dont ils ont été exclus), ils entrent dans le PS-SFIO et dans les JS sous le nom de Groupe bolchevik-léniniste, avec leur programme (le Programme d’action de 1934) et leur organe (La Vérité). Ils y développent l’orientation révolutionnaire de Où va la France ?