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CAHIER BOLCHEVIK N° 11
Stéphane
Just
Pour les Etats-Unis
socialistes d’Europe,
contre la CEE, non au traité de Maastricht (1992)
Paru initialement sous forme d’un supplément à Combattre
pour le Socialisme n° 43, 27 août 1992.
Durant les années 1970, les luttes des travailleurs
sont étranglées par les directions syndicales au nom de la perspective
électorale de « l’Union de la gauche ». François Mitterrand (PS) est
élu président en 1981. Puis une
majorité écrasante du PS et du PCF est portée à l’Assemblée. Mitterrand met en place un gouvernement comprenant
des partis bourgeois, respectueux des institutions de la 5e
République et défenseur du capitalisme français, tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur. Dès 1982, le gouvernement Mauroy décrète « la rigueur ».
En 1983, l’armée française intervient au Tchad. En 1984, le gouvernement
(désormais sans le PCF, mais avec son soutien parlementaire) décide la
« restructuration » de la sidérurgie. En 1985, les services secrets,
sur ordre de Mitterrand, coulent un bateau de Greenpeace en Nouvelle-Zélande.
Par conséquent, le PS et le PCF perdent les élections législatives de mars
1986. Mitterrand nomme Chirac premier ministre. Celui-ci est confronté aussitôt
à la jeunesse étudiante et aux cheminots.
En 1988, Mitterrand obtient un second mandat. Les élections législatives qui s’ensuivent donnent encore une majorité au PS et au PCF. Mitterrand intronise un gouvernement avec des politiciens bourgeois. Ce gouvernement Rocard repousse l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. En 1991, il participe à la première invasion de l’Irak avec les troupes de Bush père. En 1991, le gouvernement Cresson fait face à la mobilisation des infirmières ; en 1992, la jeunesse étudiante qui s’oppose au projet Jospin. Le nouveau gouvernement, celui de Bérégovoy, inclut le capitaliste et affairiste Bernard Tapie. Il soumet à référendum le traité conclu à Maastricht dont la disposition essentielle est la mise en place d’une monnaie unique. Le PS se prononce pour le Oui avec la majorité de la bourgeoisie, le PCF se prononce pour le Non avec une minorité de la bourgeoisie française. Le 20 septembre 1992, le Oui l’emporte de justesse. En mars 1993, le PS et le PCF subissent un cuisant échec aux élections législatives.