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CAHIER BOLCHEVIK N °9

 

Karl Marx

Salaire, prix et profit (1865)

 

 

En juin 1865, Karl Marx fit un exposé lors de deux réunions du conseil général de l’Association internationale des travailleurs (AIT) dans le cadre d’une discussion sur les syndicats. Le texte ne fut publié qu’en 1898, après sa mort, par Eleanor Marx, une de ses trois filles.

L’AIT, la 1e Internationale, avait été fondée à Londres en 1864. John Weston, un des membres de son conseil général et disciple du britannique Owen, soumit le 14 mars une brève résolution réfutant tout effort pour augmenter les salaires :  une augmentation des salaires de certains travailleurs conduirait à la baisse des  salaires d’autres salariés et, si elle était générale, n’aboutirait qu’à une hausse des prix qui annulerait la hausse des salaires nominaux en termes de pouvoir d’achat.  L’hostilité aux grèves et aux syndicats était partagée par les partisans du français Proudhon et de l’allemand Lassalle. Weston, comme Lassalle, reprenaient à leur compte la théorie du « fonds salarial » de la « science économique » de l’époque. Pour T. Malthus, J. Marcet, J.S. Mill, J.R. McCulloch, N. Senior… le total des salaires réels était une part fixe de la production.

Marx, qui travaillait à cette époque aux brouillons du Capital, réfute cette thèse pro-capitaliste. Même si toutes les marchandises sont vendues et achetées à leur valeur, elles dégagent des profits. Les capitalistes  les produisent en effet grâce à l’achat non pas du travail, mais de la force de travail qui crée plus de valeur qu’elle ne coûte.  La valeur de la force de travail est déterminée, comme toute marchandise, par la quantité de travail abstrait nécessaire à la produire. Mais elle inclut un élément historique, social qui est déterminé par la lutte entre capital et travail. Renoncer à la lutte pour augmenter le salaire ou pour empêcher sa baisse, ce serait pour le prolétariat accepter, dans l’immédiat, la dégradation et renoncer, à l’avenir, à transformer radicalement la société pour en finir avec la précarité et la pauvreté.

L’internationale tourna le dos aux dogmes empruntées à la bourgeoisie qui l’auraient condamnée à n’être qu’une secte à l’écart du mouvement réel des travailleurs des années 1860. Le congrès de 1866 de l’AIT adopta une résolution favorable au syndicalisme et pour la journée de 8 heures maximum.