Révolution Socialiste  

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CRP en el Perú

 

 

Paris, le 5 juin 2010

 

Camarades,

Nous avons bien reçu votre courrier du 18 avril. Et nous sommes bien heureux de votre réponse.

Le travail que les révolutionnaires ont devant eux est immense.

Le mouvement socialiste a été rejeté très en arrière.

Après un siècle de révolutions et d’expériences de transition socialistes qui ont virées à la tragédie pour les populations, après les trahisons successives des grands partis de masse de la classe ouvrière,  leur intégration aux institutions bourgeoises  ou leurs simples mutations démocrates, c’est une nouvelle direction politique qui fait défaut au prolétariat. 

La conscience de classe des travailleurs dans le monde, qu’on ne peut séparer d’une conscience socialiste, a été quasiment anéantie après la restauration capitaliste dans les premiers régimes ouvriers.

La restauration capitaliste en URSS ou en Chine, c’est la défaite sans combat de la classe ouvrière qui fait suite aux trahisons des directions staliniennes contre le mouvement révolutionnaire international, aux régimes d’oppression bureaucratique et policière des premiers pays socialistes , à l’impuissance des avant-gardes révolutionnaires trotskystes à diriger les travailleurs vers la victoire de nouvelles révolutions socialistes et politiques.

Aujourd’hui, les organisations de la classe ouvrière, réformistes ou centristes sont marginalisées.

Mais le terrain n’en est pas moins difficile pour les révolutionnaires bien au contraire.

Tout le travail pour redonner un sens aux luttes partielles et atomes des travailleurs repose sur nos faibles effectifs. L’ensemble du travail qui peut redonner vigueur aux syndicats repose sur les camarades que nous sommes capables de former et diriger dans le mouvement.

Trotsky et ses partisans ont sauvé pour nous l’honneur du communisme face à la dégénérescence de la Troisième Internationale. Mais il revient dorénavant à quelques noyaux éparpillés dans le monde d’opposer leur  trotskysme révolutionnaire  aux mutants sociaux-démocrates et opportunistes de notre tradition historique.

Nos tâches ; faire avancer les idées socialistes dans le prolétariat et les différentes couches du peuple, développer les luttes des travailleurs contre l’exploitation patronale, mobiliser les populations autour des mots d’ordre du programme d’une prise de pouvoir travailleur, de la construction socialiste et d’une révolution socialiste internationale victorieuse du vieux monde d’esclavage et annonciatrice du but ; le communisme, cadre à l’épanouissement le plus total et le plus complet des membres de la société.  

Nous avons beaucoup de travail devant nous, mais nous n’avons pas forcément beaucoup de temps avant que les évènements se précipitent. Les contradictions du capitalisme s’exacerberont dans les prochaines années. La lutte des salariés peut se radicaliser. Mais il est hors de doute que si nous ne sommes pas en capacité politique, c’est l’ennemi de classe qui tirera tous les avantages de la nouvelle situation.

Pour nous, il y a une sérieuse urgence à nous renforcer pour préparer et gagner la prochaine vague de révolutions. La révolution socialiste est la question d’actualité.

Et le divorce entre les conditions objectives et nos forces militantes effectives rend bien périlleux l’accomplissement de notre mission.

Nous devons nous construire, nous devons fonder un véritable parti. Le parti, c’est le programme et c’est l’organisation du prolétariat révolutionnaire, son influence et son pouvoir d’entraînement sur des secteurs de plus en plus larges de la classe exploitée.

Non, ce ne sera pas un luxe si nous pouvions nous entendre, camarades !

C’est la nécessité.

Maintenant, nous étudions vos documents. Vous étudiez les nôtres.   

Mais nous nous connaissons déjà un peu.

Il existe des divergences d’orientation entre nos deux organisations. Nous devrons répondre ; peut-on les tolérer dans le cadre d’une même organisation nationale et internationale?

Si nous pouvons tolérer ces divergences au sein d’un même parti, alors la question est réglée.  Nous fusionnons, quitte à ce que des tendances différentes s’expriment dans l’organe de notre parti.

Si nous ne considérons pouvoir tolérer au sein d’une organisation commune les divergences que nous accusons, alors nous devons répondre aux questions suivantes;  pouvons-nous tirer partie de nos accords pour faire avancer le mouvement de la lutte des classes ? Que pouvons-nous entreprendre en commun? Quel cadre serait le plus adéquat à la réalisation des objectifs que nous nous sommes fixés? 

Nous sommes d’accord pour juger  les positions du Collectif révolution permanente,  sur la base des trois textes que vous nous avez présentés. Nous  vous demandons  d’en faire autant nous concernant, sur la base du programme adopté en septembre dernier à notre congrès et des brochures qui se trouvent à votre disposition. 

 

Dans l’attente de nous réunir donc, à la rentrée prochaine. C’est ce que nous vous proposons.

Recevez nos salutations fraternelles,

 

Pour l’ARS-COMBAT, le  Comité Central