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Pour un gouvernement ouvrier, pour les Etats-Unis socialistes d’Europe

 

À bas Chirac et son référendum !

À bas la Ve République !

À bas l'Union européenne et tous ses traités !


 

Chaque prolétariat subit avant tout les attaques de sa propre bourgeoisie

 

Aux Etats-Unis, le temps de travail a augmenté ; au Japon, les salaires ont baissé ; en Europe, le chômage reste massif : tel est le coût du maintien du capitalisme, dans les pays où le prolétariat avait arraché le plus d’avantages après la deuxième guerre mondiale.

En France, le gouvernement Chirac-Raffarin a porté des coups sévères aux retraites en 2003, à la branche santé de la Sécurité sociale en 2004. Il vient de faire voter la loi Fillon contre l'enseignement public, qui, entre autres choses, va livrer des centaines de milliers de jeunes apprentis aux patrons. Les budgets de la police, des prisons et des tribunaux augmentent chaque année pour mater et réprimer la classe ouvrière et ses enfants. Les centaines de lycéens frappés et arrêtés ces derniers jours en témoignent.

En Allemagne, l’autre pôle de la « construction européenne », le gouvernement SPD-Verts poursuit la même politique. Schröder vient de faire passer le « plan Hartz IV » contre les chômeurs qui prévoit de les remettre au travail pour 1 € de l'heure. En Espagne, en Italie, partout dans l'Union Européenne, les bourgeoisies nationales agissent dans le même sens.

 

L'Union européenne résulte d’un compromis entre la bourgeoisie française et la bourgeoisie allemande

 

L'Union Européenne est née sur la base de la guerre froide et de la suppression des barrières à la circulation des marchandises et des capitaux entre ses membres. Elle a connu sur cette base un certain succès, puisqu’elle a surmonté plusieurs crises et qu’elle regroupe maintenant 25 pays d’Europe.

Cette Europe a toujours été une entente capitaliste : du traité de Rome (1957) au « traité constitutionnel » (2004) en passant par l’Acte unique (1986), Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2000) l’UE a toujours été basée sur le droit des capitalistes à exploiter le prolétariat. Elle a toujours coexisté avec l’OTAN, un traité militaire de la plupart des pays d’Europe, dont la France,  avec les Etats-Unis.

Depuis 1957, toutes les décisions importantes, comme les élargissements successifs et l’adoption de l’euro, sont prises par les Conseils composés des gouvernements des Etats membres, en particulier la France et l’Allemagne. Par exemple, depuis plusieurs années, les Etats allemand et français piétinent les règles qu’ils ont eux-mêmes fixées lors du Traité de Maastricht de 1992 et que tous les politiciens et ATTAC disaient « gravées dans le marbre ». Malgré les réticences de l’Etat espagnol et des « petits pays », les règles du projet de « traité constitutionnel » de Giscard permettent au gouvernement français et allemand de conserver le contrôle de l’Union européenne, d’imposer leur domination au reste de l’Europe et leur quasi-colonisation des pays de l’Est.

 

Il ne peut y avoir de véritable constitution, car il n’y a pas d’unification européenne

 

On ne peut mettre un toit là où il n’y a pas de murs, ni doter d’une constitution unique plusieurs Etats qui restent distincts, avec leur propre armée, et qui parfois s’opposent. Loin d'être un nouvel Etat, l'UE n’est qu’un cadre de collaboration conflictuelle entre Etats capitalistes qui restent séparés, dans lequel tous espèrent tirer leur épingle du jeu.

L’UE refuse la Turquie. Les 25 pays qui forment l'UE n'ont même pas les mêmes droits. Pour les 10 pays qui ont adhéré à l'UE en 2004, pas de libre circulation. Pour les travailleurs polonais, chypriotes, estoniens, etc., pas question, d’aller où ils veulent en Europe.

Ce marché commun pourrait bien se disloquer, avec la prochaine crise économique mondiale. Il a déjà manifesté sa fragilité, quand les puissances européennes se sont divisées :

·  En 1992, ses principaux leaders s'affrontaient dans l’ex-Yougoslavie où la bureaucratie titiste explosait en établissant le capitalisme. L'impérialisme allemand jouait la carte du dépeçage du pays en armant et soutenant la Croatie, tandis que l'impérialisme français tentait de freiner l'expansion allemande en misant sur ses alliés historiques, les nationalistes serbes.

·  En 2003, les impérialismes anglais, italiens et espagnols entraient dans la coalition dirigée par l'impérialisme américain contre l'Irak, avec les Etats d’Europe centrale, tandis que Chirac et Schröder s'y opposaient, aux côtés de Poutine.

 

Le référendum de Chirac et ses soutiens

 

L’opposition à un ennemi du prolétariat comme Chirac et le rejet de l’Union européenne capitaliste, incapable d’unifier l’Europe, auraient dû conduire les organisations ouvrières (confédérations syndicales et partis) à dénoncer le référendum Chirac du 29 mai et à organiser son boycott.

Mais le PS et le PCF (qui partagera ses prébendes avec la LCR), comme les partis politiques bourgeois, seront rétribués à hauteur de 800 000 euros pour la campagne de participation au référendum. Partis réformistes et directions syndicales, qu’ils appellent à voter OUI ou qu’ils appellent à voter NON, s’inscrivent dans le cadre de l’escroquerie référendaire. Une fois encore, ils manifestent leur défense de l’Etat bourgeois, comme ils l’ont fait quand l’armée française a massacré en Côte d’Ivoire. Ils respectent la Ve République et ils votent de nouveau Chirac.

 

Les réformistes disent oui à l'Union européenne

 

Les partis réformistes acceptent tous le référendum. Ils sont partisans de l’Union européenne, car ils s’alignent sur les principaux partis bourgeois, l’UMP et l’UDF. Le PT, lui, s’aligne sur les petits partis bourgeois (le MRC avec qui il mène campagne, le MPF et le FN) qui défendent « la nation » contre « Bruxelles ». Il se vautre dans le patriotisme le plus répugnant, aux côtés du nationaliste Chevènement :

Le 29 mai, par la victoire du vote non, le peuple français se prononcera pour que vive la République, la démocratie, le progrès social. (Appel de la Mutualité, 16 avril 2005)

Le Parti « socialiste » a pris position pour le OUI, fidèle à sa nature de parti ouvrier-bourgeois qui lui fait défendre depuis la première guerre mondiale les intérêts de l'impérialisme français. Le PS invente, pour aider Chirac à berner les travailleurs, que le « traité constitutionnel » jettera les bases d’une « Europe sociale », ce qui est un mensonge digne des promesses de Mitterrand de 1981. Le Parti « communiste », l’autre parti ouvrier-bourgeois du pays, défend lui aussi l’impérialisme français depuis 1934. Il soutient le référendum Chirac, comme le PS, mais pour dire NON.

Le PCF prétend, avec une minorité du PS, la LCR et LO, que le NON créera de meilleures conditions pour transformer l’UE en « Europe sociale », ce qui est exactement la même mystification que celle du PS. « L'appel des 200 » du PCF et de la  LCR a pour objectif avoué de réformer le capitalisme et de sauvegarder l'Union européenne :

Il est urgent de donner à l'Europe de nouvelles fondations qui l'émancipent du capitalisme financier et prédateur...

LO ne se différencie en rien de ces illusions envers l’UE capitaliste :

Le problème est que l’Union européenne devienne un jour vraiment l’Europe des travailleurs. (Lutte Ouvrière, 11 mars 2005)

 

Tous les réformistes, ceux du OUI et ceux du NON, veulent garder Chirac

 

Le « traité constitutionnel » ne change pas grand-chose à l’Union européenne, sinon au détriment des petits pays dont les partisans du NON comme ceux du OUI se moquent, car ils sont tous d’accord pour défendre les prérogatives du capitalisme français. Les partisans du OUI et du NON sont, en général, pour l’Union européenne parce que la plus grande partie de la bourgeoisie française pense qu’une alliance avec l’Allemagne est la seule possibilité de rivaliser avec les Etats-Unis et avec le Japon.

Pour le prolétariat, il n’y a rien à attendre du référendum de Chirac. Certains travailleurs voteront OUI pour manifester leur volonté d’unifier l’Europe. D’autres vont tenter d'utiliser le vote NON contre Chirac et son gouvernement. Mais tous les partis participant au référendum ont déjà averti : il n'est pas question de chasser Chirac.

La victoire du NON permettra de porter un coup sévère à la droite et au MEDEF, et de préparer pour demain une vraie politique de changement. (PCF, Appel du 10 février 2005)

Jacques Chirac sera là jusqu'au bout, jusqu'au dernier jour ! (Hollande, premier secrétaire du PS, Le Monde, 23 avril 2005) ;

Les dés sont pipés, car les partis qui appellent à voter NON comme ceux qui appellent à voter OUI sont pour le capitalisme, pour la 5e République et pour garder Chirac. Seule la mobilisation du prolétariat peut leur régler leur compte : le premier pas est de ne pas faire confiance à la classe de ses exploiteurs, ni à l’Etat qui les protège, ni à ses représentants politiques.

 

Pour un gouvernement ouvrier, pour les Etats-unis socialistes d'Europe

 

Pour défendre leurs intérêts, il faut que les travailleurs aient un gouvernement à eux, un gouvernement ouvrier. Pour construire l'Europe, il faut renverser les frontières étroites et dépassées, que les bourgeoisies sont incapables de supprimer. Bref, il faut renverser le capitalisme et exproprier la bourgeoisie. Dans chaque pays, le prolétariat doit prendre le pouvoir, détruire l’Etat bourgeois nationale et ouvrir la perspective des Etats-Unis socialistes d'Europe.

La classe ouvrière et la jeunesse ont besoin d’une direction ouvrière révolutionnaire, d’un parti qui rassemble sur le programme de la révolution sociale. Si un tel parti existait, il lutterait pour le retrait des troupes d’Afghanistan et de Côte d’Ivoire, il appellerait au boycott du référendum Chirac et l’organiserait ; il prendrait la tête de la bataille politique pour chasser Chirac et ses semblables ; il engagerait la lutte pour un gouvernement ouvrier. C’est la position que défend le Groupe Bolchevik.

Mais la tâche de construire ce parti n’a pas été réalisée, elle reste devant nous. Avancer vers la construction du parti ouvrier révolutionnaire, le regroupement des internationalistes : rien n’est plus nécessaire, rien n’est plus urgent. Rejoignez le Groupe bolchevik qui lève le drapeau rouge des Etats unis socialistes d’Europe.

1er mai 2005

Groupe Bolchevik

pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l'Internationale ouvrière révolutionnaire,

Devrimici Parti Gücleri (France),