Révolution Socialiste  

Accueil

CoReP

Groupe Bolchevik
pour la construction du Parti ouvrier révolutionnaire, de l’Internationale ouvrière révolutionnaire

À :           Collectif

Copie :   cellules GB, Roque Sanchez

Objet :    Crise du Collectif

Date :   26 janvier 2004

LA SCISSION DE LUCHA MARXISTA
ET LA CRISE DU COLLECTIF INTERNATIONAL

« Un jugement correct et le sens des proportions sont quelque chose de très important en politique. »
L. Trotsky, 8 décembre 1937

Ce bilan est basé sur les discussions de cellules du Groupe bolchevik et de sa cellule centrale du 11 janvier 2003. Il est possible que nous ayons mal interprété certaines formulations en espagnol et nous corrigerons bien volontiers si c’est le cas.

Les premiers pas prometteurs en commun du CWG, du GB, du GOI, de la LOI et de LM

Décembre 2002 : Rencontre à Buenos Aires des représentants du CWG (Nouvelle-Zélande), du GB et de Lucha Marxista (Pérou) avec ceux du GOI (Chili) et de la LOI (Argentine), deux organisations qui tiennent en commun le congrès du COTP-CI. Les débats sont politiques, établissant des convergences dont tous s’étonnent et faisant apparaître des divergences sur la formulation de l’internationale à construire : régénérer et refonder la 4e Internationale, perspective explicite de la 5e Internationale, formule algébrique de l’Internationale ouvrière révolutionnaire (pour le compte-rendu de la rencontre internationale, voir Révolution Socialiste n°7-8). Carlos Munzer, dirigeant de la LOI et du COTP, affirme à plusieurs reprises aux délégués étrangers que la LOI n’a rien à voir avec les traditions morénistes du « parti-mère » qui impose ses vues à toute l’organisation internationale et qui décide à la place des autres sections. Le congrès reprend la proposition du représentant du GB qui propose de formuler en mot d’ordre transitoire la question du pouvoir en Argentine.

Janvier 2003 : Adoption d’une déclaration sur la guerre impérialiste qui menace l’Irak. La discussion, franche et ouverte, a porté en particulier sur l’existence d’un ou de plusieurs peuples en Irak, sur la révolution palestinienne qui serait en cours, sur le front unique ouvrier en défense du pays opprimé, sur la défense des derniers États ouvriers (Chine, Corée du Nord, Vietnam). Voir la déclaration dans Révolution Socialiste n°7-8.

Avril 2003 : Nouvelle rencontre internationale à Paris, à l’occasion de la 2e conférence du groupe français, entre représentants du GB, de la LOI, de LM. Il est décidé de lancer en commun un appel à une conférence internationale sur une base programmatique claire (compte-rendu de la 2e Conférence, Révolution Socialiste n°9-10). La conférence intègre un camarade d’Amérique latine à la direction française. La LOI met à disposition du travail pour la conférence en Europe une partie de son fonds international.

Avril-mai 2003 : Voyage d’une délégation LOI-GB dans l’État espagnol pour rencontrer pour la première fois EDM à Barcelone et le GG à Valence. Premières discussions sur le projet : la première formulation est écartée par la camarade Silvia Novak au cours d’un entretien à Barcelone avec René Armas et Ph. Couthon comme trop large, car permettant aux centristes de s’en revendiquer.

Mai-août 2003 : Discussions sur l’Appel qui ne donnent lieu à aucune caractérisation prématurée. Une divergence s’est cristallisée sur la référence de la conférence internationale à convoquer : le COTP et le CWG donnent pour modèle Zimmerwald, la conférence qui a regroupé en 1915 tous ceux qui s’opposaient à la guerre sur une base pacifiste, sans pouvoir dire comment en finir avec la guerre et sans affirmer la nécessité d’une nouvelle internationale(voir Manifeste de Zimmerwald, dans Chronique du GB n°2) ; LM et le GB sont hostiles à cette référence et veulent une conférence contre le réformisme et contre le centrisme (voir Lénine : Projet de résolution de la Gauche de Zimmerwald, dans Chronique du GB n°2). Le CWG d’une part, LM et le GB d’autre part sont conséquents : ainsi, le CWG « zimmerwaldien » propose que l’Appel ne soit pas détaillé et que la conférence internationale rassemble les organisations qui ont condamné l’intervention impérialiste en Irak. La direction « zimmerwaldienne » du COTP est confuse et inconséquente : tout en prétendant que la conférence doit être un Zimmerwald, elle veut, comme LM et le GB, les 21 points pour délimiter la conférence des pacifistes et des centristes.

Malgré un premier incident entre LM et le COTP, la formation du Collectif

18 juillet 2003 : Publication du BIOI n°5 par le COTP du projet, présenté comme l’Appel, alors qu’il n’a pas été ratifié par LM. Devant l’indignation de LM, le SI du COTP réagit de manière agressive au lieu de s’excuser. Il ouvre une prétendue discussion « méthodologique » et invoque le centralisme démocratique… qui n’existe pas au sein du Collectif et qui n’a rien à voir avec la question. L’explication politique de la direction du COTP est que LM est hostile à la 4e Internationale. Le CWG et le GB interviennent pour que cesse la dispute qui n’est pas justifiée, comme le prouve l’accord sur l’Appel.

Août 2003 : Adoption finale de l’Appel, sans grand changement par rapport à la version prématurément publiée. Les Cinq initiateurs fondent à cette occasion le Collectif qui a pour rôle de préparer la conférence internationale (Appel dans Révolution Socialiste n°11-12).

Août-octobre 2003 : Discussion d’une déclaration commune GG (non membre alors du Collectif) sur le Pays Basque. Le SI du COTP participe à la discussion. Des malentendus sont surmontés, des précisions sont apportées. Mais un désaccord du GG et du GB subsiste sur le mot d’ordre : « PSOE, PCE, hors du Pays Basque ! » proposé par le SI (voir la déclaration Euskadi dans RS n°11-12, Germinal n°2 & BIOI n°6).

Septembre 2003 : Publication de Lucha Marxista n°8. Le GB est la seule composante du Collectif à critiquer ce numéro du journal des camarades de LM, comme elle a critiqué la campagne électorale de la LOI pour un « pôle » LSR-LOI lors des élections de Buenos Aires, le soutien à une journée d’action (« paro ») du GOI et la perspective d’une « Alliance socialiste » du CWG (tactique soutenue par le COTP).

Septembre-octobre 2003 : Discussion d’une déclaration Bolivie du Collectif. Le Groupe bolchevik suggère de distinguer l’aristocratie ouvrière et les bureaucraties contre-révolutionnaires qui dirigent le mouvement ouvrier. Le GB refuse les formulation : « Dehors les gringos ! », « Dehors les yanquis ! ». Le GB critique l’appel aux « organisations des droits de l’homme » au lieu du front unique des partis et syndicats ouvriers. La déclaration finale est adoptée aussi par la FT du Brésil et le GG de l’Etat espagnol.

Novembre 2003 : Le GG de l’État espagnol et PO de Bolivie adhèrent au Collectif.

29 novembre : Le SI du COTP envoie le dernier numéro de son organe. On y trouve une appréciation très flatteuse de la FUR, un groupe qui refuse de discuter avec le Groupe bolchevik : « Les révolutionnaires français de la fraction Unité & Révolution en première ligne du combat contre le front populaire brésilien » (BIOI n°6, novembre 2003). La FUR développe des positions proches d’un centre révisionniste et réformiste, d’une des fausses 4e Internationales, celle de Lambert et Gluckstein (sur le Brésil, les lambertistes jouent les orthodoxes face au le SU qui participe au gouvernement). Face à l’Union européenne, la FUR a une position proche du chauvinisme du PT lambertiste de France.

La scission de l’organisation péruvienne du Collectif

Janvier 2003 : Les 2 militants de Cuzco (Alejandra Olmos, Sergio Bravo) manifestent de l’impatience envers l’inaction du camarade de Lima (Roque Sanchez), partisan alors de la 5e Internationale.

Août 2003 : Le camarade Roque réfute ces critiques sur son activité et déclare soudain une convergence totale avec le COTP. Il reste silencieux les deux mois qui suivent.

18 novembre : Le camarade Roque produit une critique détaillée de la ligne de LM depuis trois ans. Il lui reproche, entre autres, de ne pas mener campagne, au sein du syndicat des enseignants du Pérou (une seule militante de LM est syndiquée au SUTEP) contre les agissements scandaleux du PO… d’Argentine et de ne pas défendre l’Appel à la « conférence internationale des trotskystes principiels ». Le camarade Roque ne cite aucune pratique de sa part dans des organisations de masse pour le TMI, ni pour défendre l’Appel.

23 novembre : Dans une lettre envoyée au Collectif, le camarade Roque demande au COTP, par dessus la tête de son organisation, d’envoyer un militant au Pérou pour intervenir dans la crise du PST (LIT). Il ajoute : « Je ne crois pas que SB et AO s’y opposent, ce serait criminel. SB et AO doivent se prononcer… ». Il exige que son document du 18 novembre soit diffusé à tout le Collectif, sinon il avertit qu’il quittera LM.

29 novembre : La majorité de LM considère que Roque se situe en dehors de toute discipline et le suspend.

5 décembre : Le camarade Roque affirme que c’est lui qui quitte volontairement LM.

Le deuxième conflit entre LM et le COTP-CI

3 décembre : Carlos Munzer (LOI) & Juan Pico (LOI) envoient une lettre modérée au Collectif qui condamne toute mesure administrative au sein de LM.

5 décembre : LM reproche aux deux membres du SI du COTP d’avoir pris position sans avoir tous les éléments et sans s’être adressés préalablement à LM.

8 décembre : La camarade Alejandra Olmos (LM) envoie une réponse personnelle au COTP. Elle précise que le camarade Roque n’a jamais respecté ses engagements militants en trois ans, qu’il a un comportement politique sectaire et qu’il a des « problèmes psychosomatiques » (psychosomatique veut dire, selon le dictionnaire de langue française Le Robert : « des troubles organiques ou fonctionnels occasionnés ou aggravés par des facteurs psychiques, émotionnels ou affectifs » ). Elle trouve inacceptable la prise de position immédiate du COTP alors qu’il y a un travail commun sur des bases politiques communes.

10 décembre : Le camarade Roque Sanchez considère que Alejandra le traite de « fou »… et soulève le passé de Sergio, puiqu’on ne peut prendre au sérieux quiconque provient de l’ex-Poder Obrero de Bolivie, « une secte de carnaval ».

10 décembre : LM accepte la proposition du SI du COTP de réunir le Collectif en Europe.

10 décembre : Le GB donne ses dates de disponibilité : « Le Groupe bolchevik accepte l’Europe ou l’Amérique latine… Ce qui conviendrait particulièrement aux membres de la CC est la période du 8 février au 22 février. En ce qui nous concerne, la réunion peut se tenir à Buenos Aires, à Paris, à Nantes ou à Valence. »

12 décembre : Le CWG reproche au COTP d’être intervenu de manière unilatérale dans la lutte interne de LM.

12 décembre : Roque annonce dans une lettre au COTP qu’il ne retournera pas à LM et propose au Collectif d’exclure LM.

13 décembre : Sans tenir compte de l’avertissement du CWG, la camarade Silvia Novak (LOI) envoie une lettre irréfléchie. Elle y accuse la majorité de LM d’avoir traité Roque de « détraqué psychiatrique » (la camarade Alejandra n’a jamais dit cela, la majorité de LM encore moins), donc de « fou ». Après avoir affirmé que ce genre de caractérisations ne fut jamais employées par Lénine (ce qui est faux), elle compare la discipline qu’invoque la camarade Alejandra à l’emprisonnement, à la torture et aux assassinats des trotskystes dans les camps staliniens. Elle précise que les deux camarades ont rompu avec le programme de l’Appel à la Conférence internationale et qu’ils ont des « positions staliniennes » alors que la camarade Alejandra vient d’affronter les staliniens durant les grèves de mai-juin 2003. Silvia, qui n’a pas de mots assez durs (« discipline stalinienne », « positions staliniennes ») pour nos camarades du Pérou, manifeste par contre beaucoup de complaisance à l’égard d’un centriste britannique: « Chris Edwards… qui a rompu avec le PO, courageusement  ». Qui est le courageux Edwards ? D’après les éléments dont disposent la camarade Silvia et le Collectif, il semble être un centriste britannique incurable. En effet, il a pris prétexte de l’attaque scandaleuse du PO contre notre camarade Pico pour passer du courant international de PO au SU pabliste (cette fausse 4e Internationale ralliée en 1963 par le SWP de Hansen et le groupe argentin de Moreno). Qualifier cette attitude de vaillante est tout aussi exagéré que qualifier ses camarades d’avoir des positions staliniennes « staliniens », donc analogues aux nervis du PO lambertiste-altamiriste.

16 décembre : LM répond au Collectif que le COTP traite de staliniens quiconque refuse de se soumettre à ses caprices. Pour elle, les racines d’un tel comportement sont dans le centrisme, et singulièrement le sectarisme moréniste. LM affirme qu’elle ne peut accepter que la réunion du Collectif soit confiée à ceux qui l’insultent et elle rompt toute relation bilatérale avec le COTP.

18 décembre : Dave (CWG) suggère à LM, pour résoudre le problème, que Roque soit reconnu par LM comme une fraction. La CC du GB appuie immédiatement cette proposition.

18 décembre : Le congrès du COTP approuve les lettres des membres de sa direction, y compris celle, particulièrement imprudente et irréfléchie, de Silvia du 13 décembre. Heureusement, le congrès prend aussi une sage décision en proposant au CWG et au GB de tenter de surmonter la crise: « A partir de maintenant le COTP remet dans les mains du CWG et du GB la résolution de la crise, pour qu’ils indiquent et proposent les moyens et les mécanismes de la résoudre, car nous avons une totale confiance dans l’honnêteté et la bonne foi de ces camarades ».

23 décembre : Dans une lettre à Roque Sanchez, la camarade Silvia affirme que le camarade Sergio prouve un manque de confiance en refusant de se rendre à Buenos Aires (est-ce si surprenant ?) et se se déplacer pour rencontrer les militants du CWG et de PO (ce qui est faux, d’après Sergio et Dave) : « La méfiance n’est pas bornée au COTP-CI, mais s’étend à d’autres membres du Collectif. Monsieur SB n’accepte de rencontrer les camarades de PO et Dave… que s’ils vont jusqu’à Cuzco ». Elle accentue ses précédentes caractérisations, en comparant ceux avec qui elle fondait un mois avant le Collectif aux staliniens : « Ces gens (LM) continuent à utiliser les pires méthodes de Pol Pot et extraites de l’arsenal du stalinisme, cette fois en disant que notre organisation n’est pas fiable».

La difficile médiation du CWG et du GB

23 décembre. Sans s’adresser directement au Groupe bolchevik lui-même, Silvia exige par trois fois dans sa lettre à Roque Sanchez que le GB déclare formellement la confiance au COTP : « Ces gens (la majorité de LM) disent maintenant que notre organisation n’est pas digne de confiance, ce qui est jeter la suspicion sur nous. C’est très grave, vu que la tradition du trotskysme et du mouvement révolutionnaire d’affirmer qu’un militant ou une organisation n’est pas « fiable » est un amalgame qui immédiatement suscite des doutes et la suspicion envers cette organisation ou ce militant. Cela, camarade, nous n’allons pas le supporter. Nous avons demandé aux camarades du CWG et du GB de se prononcer immédiatement… Le camarade Dave du CWG a été d’accord et a réaffirmé la confiance du CWG dans le COTP-CI et s’est engagé à demander aux camarades du GB une déclaration à cet égard… jusqu’à ce que nous recevions la déclaration explicite des camarades du GB ». Une direction fait des bêtises et demande que les autres lui votent la confiance, au lieu de se reprendre : quel est le précédent d’une telle exigence ?

5 janvier 2004 : Forts du mandat du congrès du COTP, le CWG et le GB tentent de renouer les fils du Collectif. Philippe (GB) et Dave (CWG), multiplient les courriers entre eux et avec Sergio et Alejandra (LM) pour essayer de trouver les moyens et les mécanismes pour sortir le Collectif de la crise. Toutes les lettres envoyées par les membres de la CC seront évidemment à la disposition de chaque organisation du Collectif, dès que l’accord sera réalisé pour la réunion du Collectif.

6 janvier : Lettre « personnelle » de Carlos Munzer (COTP) à Philippe Couthon (GB). Carlos commence par regretter le manque de dialogue entre les plus vieux cadres du Collectif, pour passer ensuite à un ton bien différent. Au nom des ouvriers de la LOI, Carlos finit en exigeant plus du groupe français. Le GB est beaucoup plus petit, mais pas moins prolétarien que la LOI : la moitié de ses militants sont des travailleurs qui militent depuis trente ans au compte du trotskysme. Carlos trouve le Groupe bolchevik lent et inefficace. C’est son droit, mais l’argument des résultats vaut aussi pour Roque Sanchez au sein de LM. En outre, quelles que soient les faiblesses du petit groupe français, celui-ci n’est pas soumis à la discipline du COTP. Carlos demande à Philippe de saluer le « plenario » du COTP… alors que le COTP vient d’oublier de saluer la 3e conférence du groupe français en décembre.

6 janvier: Injonction de Dave et Philippe : «  1- Considérations : a/ L'Appel pour la Conférence internationale est un document marxiste. b/ Personne dans LM, ni dans le Collectif, ne s'y oppose. c/ L'Appel est un bon programme de discussion avec les révolutionnaires afin de les regrouper. d/ L'orientation de tout groupe du Collectif peut être discutée par toute autre organisation membre du Collectif. e/ L'orientation de chaque groupe du Collectif doit être discutée par les militants à l'intérieur du groupe, librement mais également de manière responsable, c'est-à-dire sans immédiatement en appeler aux autres organisations du Collectif. f/ Une caractérisation politique entre camarades du Collectif, qui sont tous en accord avec l'Appel, doit être prudente et ne peut résulter que d'une discussion politique au sein de tout le Collectif. g/ Il n'y a pas de stalinien dans le Collectif. 2- Conclusions : a/ Le Collectif est en danger, ainsi que la perspective de la Conférence internationale, avec des conséquences catastrophiques pour chaque organisation et un grand service rendu aux révisionnistes. b/ Le Collectif doit rapidement se réunir pour résoudre sa crise, sortir un journal, examiner les différences politiques et discuter la question des « doubles militants » et de tendances internationales. c/ Le lieu et la date de la réunion ne peuvent être imposés par aucun membre, mais doivent être acceptés par l'ensemble du Collectif. d/ Avant cette réunion, le SI du COTP-CI et LM doivent mettre fin à toute polémique les opposant. e/ Avant cette réunion, aucune nouvelle adhésion au Collectif ne peut avoir lieu. »

8 janvier : Le camarade Carlos se propose, tout en l’approuvant, d’amender l’injonction.

9 janvier : Dave et Philippe lui rappellent que c’est au CWG et au GB que le congrès du COTP a confié la mission de tenter de résoudre la crise du Collectif et lui expliquent qu’ils ne peuvent changer une décision communiquée aux deux parties en litige.

11 janvier : Le camarade Carlos Munzer écrit une lettre à Dave qui reproche au CWG et au GB de ne pouvoir être impartiaux car ils sont en réalité en tendance ouverte (le CWG) ou, pire, cachée (le GB) avec LM.

12 janvier : Dans une lettre à Dave et Philippe, LM accepte de suspendre la polémique avec le COTP.

18 janvier : Publication des résolutions du « plenario » du 11 janvier du COTP-CI (que la CC avait pris à tort pour un « plenum », c’est-à-dire une instance de direction : il s’agit en fait d’une sorte de conférence). Le COTP accepte l’injonction du GB et du CWG. Les résolutions expliquent que LM est un courant scissionniste du Collectif, à cause de sa position en faveur de la  gauche de Zimmerwald (points 6-7-8). Selon le COTP, la « ligne de Zimmerwald » permet au contraire de proposer un « Comité de liaison entre les groupes de Cuzco et de Lima » (points 6 et 11). La conférence du COTP avalise la « lettre personnelle » du 6 janvier de Carlos Munzer à Philippe Couthon. Le COTP propose de réunir le Collectif à une date que le GB est incapable d’honorer.

La responsabilité de la direction du Groupe bolchevik

Le GB est un petit groupe d’une quinzaine de militants, dispersés actuellement dans six villes. Il n’a pas de permanent et pas de local. Ses cadres parlent un peu anglais, mais pas espagnol. Il a dépensé toute sa trésorerie en décembre 2002 pour envoyer un représentant en Argentine (et il a fallu, pour payer le billet d’avion, l’aide du CWG).

Le groupe français a consacré beaucoup de son temps, de septembre à octobre 2003, à des documents internationaux rédigés en espagnol (Bolivie, Pays basque). La cellule centrale a ensuite aidé à l’intervention des militants dans le syndicat CGT des PTT de Loire atlantique et dans les grèves étudiantes, elle a préparé le bulletin du groupe (Révolution Socialiste n°11-12). Début décembre, le GB a tenu sa 3e Conférence, entièrement consacrée aux fondements de l’internationalisme et au travail international (la résolution sera publiée dans Révolution Socialiste n°13).

Ajoutons que notre organisation, qui a connu de 1997 à 2001 trois scissions en quatre ans qui l’ont discréditée, appauvrie et réduite à une poignée, a été véritablement horrifiée et tétanisée de se retrouver dans l’atmosphère irrespirable des falsifications de positions et des attaques violentes sans critique antérieure des positions politiques.

Cela explique le silence du GB (à part le soutien à la proposition de Dave le 18 décembre), mais ne l’excuse pas.

La cellule centrale est fautive de ne pas avoir proposé au Collectif de donner des conseils de prudence et de patience aux camarades Sergio et Alejandra, puisque le camarade Roque Sanchez n’avait pas rompu avec l’Appel et s’était rallié politiquement à une composante du Collectif, le COTP (GOI & LOI).

Elle présente ses excuses solennelles à tout le Collectif, et particulièrement à Lucha Marxista, pour ne pas avoir protesté immédiatement contre les attaques du SI du COTP et contre le comportement inadmissible d’une grosse organisation envers un petit groupe.

A partir de janvier 2004, la CC du GB est intervenue aux côtés du CWG, en renouant le dialogue avec LM et en fixant des mesures minimales pour tenter de sauver le Collectif : fin des accusations réciproques de LM et du COTP, réunion du Collectif dans un endroit accepté par toutes ses composantes, sans exiger rien d’autre, à cette étape, ni du COTP ni de LM.

La responsabilité des fractions de Lucha Marxista

Roque Sanchez a le droit de changer de position. Le camarade a le droit de se rallier sans réserve à toutes celles du COTP, qui est membre du Collectif dont toutes les composantes travaillent sur le même programme. Le camarade a le droit de critiquer la ligne nationale qu’il avait autrefois approuvée. Mais il est irresponsable de demander l’intervention dans son pays d’une autre organisation, fût-elle du Collectif, sans essayer d’en persuader d’abord sa propre organisation. Il s’agit effectivement de  graves manquements à la discipline, qui empêchent le fonctionnement entre camarades, qui affaiblissent la confiance nécessaire au travail en commun. Un tel comportement ne doit pas être encouragé, mais regretté par toute organisation léniniste-trotskyste.

La direction de LM a eu tort de ne pas proposer au camarade un débat politique avec toutes les garanties. Mais elle a clairement exclu Roque pour ses ruptures de discipline et non pour son orientation politique.

La camarade Alejandra a eu tort, quelque soit son opinion personnelle sur un militant individuel, d’expliquer le comportement de Roque par ses problèmes « psychosomatiques ». Le propos de la camarade Alejandra n’était pas au nom de LM et n’a jamais été adopté par LM. Mais des considérations de ce type n’ont pas à être invoquées et encore moins dans un cadre international. Le camarade Roque a exagéré ce que disait Alejandra, en transformant cela en « fou ». De sa part, c’est compréhensible, ce qui illustre que les appréciations personnelles n’ont pas leur place.

La responsabilité de la direction du COTP-CI

La LOI est née d’une scission sur la gauche du PTS, lui-même issu d’une rupture sur la gauche du MAS, résultat d’une lutte interne au principal parti centriste argentin et à son courant international (LIT) qui ne s’est développée qu’après la mort de Moreno. Comme Lambert, Healy et Lora, Moreno a été un produit, mais aussi facteur de la destruction de la 4e Internationale. Il s’est rallié au nationalisme bourgeois de Perón dans les années 1950, puis au castrisme dans les années 1960, terrain sur lequel il a rallié le SU pabliste.

Contrairement aux organisations issues du MAS et au PO, la LOI est intervenue au compte de la révolution socialiste en décembre 2001 et dans les mois qui ont suivi. La direction du COTP a, simultanément, cherché la collaboration internationale entre bocheviks-léninistes, au-delà du regroupement entre LOI et GOI.

La LOI a été au cœur du travail international qui a ouvert la possibilité de porter des coups aux usurpateurs du trotskysme et de regrouper sur une base de principe. Pendant plusieurs mois, la direction du COTP a manifesté la plus grande ouverture dans la discussion internationale. Elle a mis des moyens financiers importants à la disposition du Collectif, elle a encouragé les échanges de militants entre organisations, elle a publié toutes les discussions.

Mais le SI a commis une erreur (en publiant l’Appel en fonction des rythmes de l’Argentine) et l’a aggravée (en réagissant de manière dominatrice). Après cet épisode, le SI aurait dû adopter une grande mesure, en particulier à l’égard de LM.

Au contraire, à la première occasion, elle s’est précipitée dans les affaires internes de LM. Toute direction responsable, cherchant à construire son organisation nationale sur une base saine, cherchant à construire un véritable centre international, aurait consulté les autres organisations et aurait fait confiance au Collectif pour aider à résoudre la crise de LM. L’organisation argentine était la moins bien placée pour résoudre la crise de LM, par les précédents historiques et par son propre comportement au moment de l’adoption de l’Appel.

Le SI a pratiqué une véritable fuite en avant, multipliant des lettres précipitées et peu responsables, attribuant à tout LM les propos d’une seule militante, en les exagérant. Alors que la direction du COTP n’avait jamais critiqué la ligne politique de LM (contrairement au GB), elle en est venue à assimiler une militante  affrontant courageusement l’appareil stalinien et un fondateur du Collectif au stalinisme et au polpotisme. Ce traitement inadmissible de nos camarades du Pérou contraste fâcheusement avec la complaisance manifestée par le SI à l’égard de la pro-lambertiste FUR ou du pabliste Edwards.

En les écrivant, en les faisant approuver par ses congrès et conférences, le SI a ainsi détruit la confiance de LM envers la LOI et le COTP, elle a divisé le Collectif, la direction de la LOI a semé la défiance dans tout le Collectif, elle a mis en péril la conférence internationale, elle a commencé à liquider son propre travail international et celui des autres organisations du Collectif. Dans un cours destructeur et auto-justificatif, la direction du COTP a commencé à s’en prendre au GB voire au CWG et à méséduquer sa base, les cadres du GOI et de la LOI, en leur faisant endosser ses propres bêtises.

Heureusement, un coup d’arrêt a été permis par la sage acceptation par LM et par le « plenario » du COTP de suspendre leurs accusations réciproques et de se réunir en présence des autres membres du Collectif des Sept pour discuter des divergences… et des convergences politiques.

La position du Groupe bolchevik sur la scission de LM et la crise du Collectif

Voici les positions sur cette question de la cellule centrale du GB :

1.    A partir de décembre 2002, la collaboration confiante entre le CWG, le GB, le GOI, la LOI et LM, élargie ensuite au GG et à PO, a permis d’élaborer en commun des réponses principielles à des grands événements de la lutte des classes mondiales (Irak, Bolivie), a permis d’avancer une perspective de regroupement des forces révolutionnaires. Malgré des forces numériques et une extension géographique restreintes du Collectif, notre Appel attire et attirera si nous maintenons ce cap. Le Groupe bolchevik considère qu’il a beaucoup appris et progressé grâce à tous ses camarades du Collectif.

2.    La controverse qui a eu lieu entre deux composantes du Collectif, aussi peu fondée politiquement qu’exagérément agressive dans les caractérisations, constitue un véritable repoussoir pour les forces qui cherchent la voie de la révolution et du programme marxiste. Le Collectif et la conférence sont mis ainsi en danger.

3.    La confiance de la classe envers le parti, la confiance de la base envers une direction, la confiance d’une organisation à une autre ne peut être exigée, ni imposée à coup d’oukases (ou de dossiers tenus sous le coude). La confiance se mérite, en permanence. Le SI du COTP doit s’employer à rétablir la confiance de LM, qu’il a détruite, plutôt qu’exiger des affirmations de la confiance du CWG et du GB.

4.    La direction du COTP a une responsabilité historique, face à ses responsabilités internationales grandissantes. Elle doit se comporter de manière courageuse, principielle et retirer dès maintenant toutes ses accusations de stalinisme et de polpotisme, pour regagner la confiance de LM et pour permettre de renouer avec la discussion politique véritable au sein du Collectif.

5.    Les camarades de LM doivent ouvrir leur boîte aux lettres à toutes les organisations du Collectif, dans le cadre des échanges multilatéraux du Collectif, pour préparer la rencontre du Collectif et la conférence internationale.

6.    La demande de Roque Sanchez d’exclure LM du Collectif est rejetée. A l’étape actuelle, il n’y a pas d’autre organisation au Pérou que LM.

7.    Le camarade exclu de LM et qui a rompu lui-même avec LM reste membre du Collectif. A Roque de faire ses preuves : appliquer sa ligne (bataille au sein des syndicats péruviens pour le Tribunal Moral International contre le PO argentin et pour la Conférence internationale des trotskystes principiels) et construire un regroupement politique à Lima sur la base de l’Appel.

8.    Le Collectif doit se réunir à un moment accepté par tous, dans un lieu accepté par tous.

9.    La CC du GB s’efforcera de convaincre tout le Collectif qu’il faut rejeter le gauchisme du type « dehors le PSOE et le PCE du Pays Basque » ainsi que les blocs politiques de type « front populaire » ou « front uni anti-impérialiste » avec les « organisations de gauche » ou avec les « organisations des droits de l’homme » (il faut opter pour des tactiques de front unique ouvrier et de gouvernement ouvrier, comme la déclaration Bolivie). De même, elle s’efforcera de convaincre sur la mort de la 4e Internationale 50 ans après son éclatement et la dégénérescence de toutes ses sections, dont 1963 pour la section américaine (il faut plutôt adopter une formule algébrique du type « Internationale ouvrière révolutionnaire » et s’adresser à toutes les organisations et courants qui cherchent la voie de la révolution, qu’elles proviennent ou non des courants liquidateurs de la 4e Internationale). En cas d’échec, si elle ne convainc pas les organisations du Collectif, elle envisagera une tendance internationale sur une base de principe.

10.  La CC demande la communication de cette résolution à tous les militants du Collectif.